L'article

15
mai
2009

peur du changement ? ne vous inquiétez pas trop !

le 14 mai dernier, nous avons pu lire la réponse de winnie à un commentaire qui mettait en cause l’orthographe de notre charmant reporter St-S :
"he he ! je suis contente de ne pas être la seule à avoir les cheveux qui se dressent quand je lis un article avec des fautes …. surtout quand il est écrit par un enseignant ! moi, ça me fait peur …"
(http://www.auboisementcorrect.com/S...)

j’ai pensé que ce sujet, récurrent ici et ailleurs, méritait bien un article à lui tout seul et ses propres commentaires...

peur du changement ?
ne vous inquiétez pas trop :

- vous n’êtes pas la première...

"Le principe au XVIIème siècle est qu’on ne doit pas changer les habitudes établies. A la fin du siècle, l’académicien Mézeray écrit encore, dans un projet pour le Dictionnaire de l’Académie de 1694 :

La Compagnie declare qu’elle desire suiure l’ancienne orthographe qui distingue les gents de lettres davec les ignorants et les simples femmes, et qu’il faut la maintenir par tout, hormis dans les mots ou un long et constant usage en aura introduit une contraire."

- ni la seule :

"La dernière réforme date de 1990. Elle n’a pratiquement jamais été diffusée."
cette réforme pourtant "très mesurée et pleine de bon sens" est passée au moins en partie inaperçue... sinon, il faudrait interpeler la dentelière et le joailler qui se boursoufflent sur leur charriot !
même le correcteur orthographique n’est pas au courant !!

alors...
même si des un peu fous comme moi ont envie de contester cette orthographe qui sert un peu trop à la distinction sociale pour être honnête (comme il est si bien dit ci-dessus !)...
et de défendre ceux qui involontairement la réinventent, et sont les précurseurs des prochaines inévitables évolutions...

rassurez-vous : ses défenseurs ont encore de beaux jours devant eux !

pour ceux qui voudraient creuser un peu plus la question :
un site sur l’histoire de l’orthographe dont sont tirées les citations ci-dessus : http://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fi...

et l’excellent livre d’henriette walter : "le français dans tous les sens" qui raconte de façon très vivante comment le français est une langue vivante !
et l’a toujours été...
malgré les partisans de l’immobilisme et leur besoin
de se distinguer du commun des mortels ;-) ?
ou simplement de protéger les habitudes sécurisantes de leur enfance... ?
ou encore, de rentabiliser l’investissement d’un apprentissage difficile et sévère :-( auquel d’autres ont refusé de se soumettre (avec des raisons qui vaudraient le coup qu’on se penche un peu dessus !) ?
ou, autres raisons ?
le débat est ouvert !

post scriptum :

hé hé ! je suis contente de ne pas être la seule à aimer me passer de majuscules ;-) :-D :'-D



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Les commentaires (9)

peur du changement ? ne vous inquiétez pas trop !
  • Commentaire 32098 Philippe Beury
    le 15 mai 2009  à 17:37

    Merci de cet article qui traite d’un problème important au moins pour les rédacteurs d’auboisementcorrect qui ne sont pas très fort en orthographe… Vous avez le mérite d’élargir le débat.

    Mais, s’il est vrai que l’orthographe est un des signes de différentiation sociale, il est vraiment difficile de se séparer de ce « tabou ». Faire beaucoup de fautes ferme beaucoup de portes. Mon père disait que les médecins écrivaient mal pour cacher leurs nombreuses fautes d’orthographe… C’est sans doute pour cela que je suis médecin.

    Je souffre de l’orthographe mais les « fautes » me sautent aux yeux quand je lis. Je suis très attaché à la ponctuation qui possède, en elle-même, une grande richesse de sens. C’est un peu « cotradictoire » mais c’est comme cela !

    Je reconnais par contre qu’il n’y a aucun rapport entre l’orthographe et la richesse de la langue. Balzac faisait beaucoup de faute parait-il…

    N’aurait-il pas de place chez les grands auteurs ?
    Et je déteste votre façon de ne pas mettre de Majuscule !

    Et je n’avais pas pris conscience que tout cela était une autre forme de la "résistance au changement"...

  • Commentaire 32102 cedille
    le 15 mai 2009  à 20:19

    oui, il est très difficile pour certains (moi y compris), de faire abstraction de ce mécanisme d’évaluation de l’autre sur des critères douteux qu’on nous a fait tant subir (à nous les bons élèves...) et qui est devenu part intégrante de notre personnalité.

    mais si pour l’instant des portes se ferment encore aux fautifs, cela ne va plus durer très longtemps.
    La première génération de profs, d’instits et de patrons ne maîtrisant pas complètement l’orthographe est déjà au travail depuis dix ou quinze ans, et les dernières générations de ceux qui savaient sur le bout des doigts toutes les règles et toutes les exceptions arrivent à la retraite.

    ajoutez à cela internet et tous les moyens de non-communication qui sévissent actuellement, et bientôt, les académiciens devront bien s’aligner, ou deviendront ridicules, devant l’évolution de la langue écrite. Il faudra du temps (quelques décennies ?) pour que cela se stabilise, cela ne sera pas perceptible tout de suite.

    mais regardez pour le plaisir un dictionnaire de 1920... l’orthographe n’a pas énormément évolué depuis cette époque, mais le vocabulaire...

    le français est une langue très vivante...

  • Commentaire 32129 11al
    le 19 mai 2009  à 08:41

    quiesce qué tou di toua té un pe ouf ! tou l’omde di ke je fé pa 2 fote al or ! la class ! vanvite ? vanvite ? têt de mor !

  • Commentaire 32103 cedille
    le 15 mai 2009  à 20:28

    cf prévert, apollinaire, christiane rochefort, et tant d’autres...
    il n’y a pas si longtemps, on ne séparait même pas les mots les uns des autres !

  • repondre Répondre



  • Commentaire 32099 Foxachange
    le 15 mai 2009  à 17:40

    "et l’excellent livre d’henriette walter"
    Excellent mais pas MAJUSCULE !
    Les majuscules puent un peu "la distinction sociale" ... émajusculons !

    repondre Répondre



  • Commentaire 32113 winne
    le 16 mai 2009  à 16:02

    bonjour cédille et quel honneur d’avoir suscité tout un article !! je n’en demandais pas tant, me joignant uniquement à un lecteur courroucé par les fautes. Je suis donc définitivement "has been" car je ne vois pas où est l’intérêt d’écrire des textes blindés de fautes. progrès ? bof ... 1000 excuses mais vous trouverez autre chose pour me faire avaler ce que j’irais presque à appeler un manque de respect pour le lecteur ! chacun son truc, moi je n’ai pas peur du changement, sauf quand il ne valorise pas l’être humain ! sans rancune, mais je ne lirai plus ces articles pour éviter l’urticaire que ça provoque chez moi ! (précision : si je ne mets aucune majuscule, c’est que j’ai un bras immobilisé et que je "rame" à taper d’un doigt, je me permets donc cette grande fantaisie, mais rassurez vous, pendant 6 semaines "seulement"). bont vouiquende

  • Commentaire 32124 cedille
    le 18 mai 2009  à 16:43

    je regrette d’avoir provoqué une aussi forte réaction... le but de cet article n’était pas de mettre en cause qui que ce soit, surtout pas l’auteur du commentaire qui l’a suscité... :-(
    cela souligne une fois de plus les limites de la communication écrite...

    sur les notions ambiguës de "progrès", "respect", "valorisation de l’être humain", il y aurait sans doute bien des articles à écrire... ou mieux, de discussions non virtuelles à partager...

    comme sur ce que serait un texte "blindé de fautes"...

    et pour les majuscules, dont acte :-)

  • Commentaire 32125 cedille
    le 18 mai 2009  à 16:44

    et bon rétablissement !

  • repondre Répondre



  • Commentaire 32127
    le 19 mai 2009  à 07:16

    D’accord, lorsque cela est possible, évitons les fautes.

    Mais il ne faut pas oublier le fond, la raison du texte, l’expression écrite est avant tout un moyen de communication et d’échange et non d’exclusion.

    La forme peut être soignée, mais le contenu, l’argumentation, les idées diffusées en sont les seuls buts.
    L’écrit n’est sur un blog qu’un moyen et non la finalité.

    A moins que certains compensent la pauvreté de leurs idées par une richesse blabla !

    A moins que certains ne veuillent surtout pas que les jeunes générations, les défavorisés se mélent de leur avenir.

    Qu’est ce qui est grave, l’accent ou que des SDF dorment l’hiver dans la rue ?

    Ne vaut-il pas mieux phraser à propos de la situation économique et environnementale dans un but curatif.

    Et laisser les élites continuer à se couper de la base populaire.

    En espérant que les reproches sur les fautes ne proviennent pas de profs, car ce serait un peu surprenant !

    Ils sont un peu coupables quand même,
    mais bien sûr pas responsables !

    On dira que c’est la faute des pouvoirs en place qui n’ont pas su ou pas pu réformer(peur du changement ou des descentes souvent justifiées dans la rue) !!

    Claudeh

    repondre Répondre



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