L'article

23
octo
2007

école : plus on est ignorant, plus on est manipulable !

La santé de l’école se dégrade d’année en année, le niveau baisse, les connaissances se dégradent, les enseignants se plaignent, les parents aussi.... comment en est-on arrivé là ?

On a d’abord interdit le travail personnel.

Interdire les devoirs à la maison à l’école primaire visait à réduire les inégalités sociales mais il faut admettre que la solution apportée au problème semble avoir été pire que le mal, et que l’injustice de la situation a été aggravée par la manière dont nous avons cru y remédier par un texte de loi. En effet, la moitié des jeunes sortis de l’école sans diplôme vit dans le cinquième des ménages les plus pauvres. L’objectif républicain de l’égalité des chances n’est manifestement pas atteint !

Et si certains maîtres, malgré les rappels et les pressions, répugnent à abandonner les devoirs, pourquoi ne pas s’interroger sur cette résistance au lieu de la condamner ou l’occulter ?

L’Intérêt des apprentissages abordés à l’école est de pouvoir les conserver en mémoire afin de les réutiliser ultérieurement, dans d’autres situations, ou de les transférer à d’autres apprentissages ; mais le simple fait d’évoquer un sujet en cours ne suffit pas pour le retenir. A l’école, on oppose souvent mémoire et raisonnement en voulant privilégier ce dernier. C’est parce que mémoire est, dans l’idée de beaucoup, synonyme de "apprendre par coeur". Or il faut bien faire la différence entre mémoire lexicale "par coeur", et mémoire sémantique qui est celle du sens des mots. Certaines choses sont à apprendre par cœur, comme l’orthographe d’un mot irrégulier (femme et non pas « fame »), d’autres sont à comprendre et à savoir appliquer (les règles de grammaires). La répétition peut effectivement conduire certains élèves à "apprendre comme un perroquet", mais elle permet surtout d’établir des relations entre les mots (selon la manière d’apprendre).Les études montrent que la mémoire encyclopédique en histoire, géographie et sciences naturelles est un meilleur prédicteur de la réussite scolaire que celle en mathématique.

La conception selon laquelle le raisonnement est le facteur essentiel de la réussite scolaire est donc fausse. C’est la raison pour laquelle de nombreux parents continuent de faire réciter les leçons ou donnent des exercices à leurs enfants ; cela permet d’enrichir la mémoire, de faire le lien avec les apprentissages antérieurs, et donne de la valeur aux thèmes abordés à l’école. Parfois même cela permet à un élève qui vient enfin de comprendre une difficulté de terminer à la maison la tâche qu’il peut désormais maîtriser seul. Pourquoi le lui interdire ?

Si la mémorisation n’est pas indispensable lorsqu’il s’agit d’intégrer des savoirs pratiques (il vaut mieux apprendre à résoudre les problèmes), l’apprentissage par cœur de structures d’informations complexes est loin d’être une perte de temps et d’efforts : une intelligence qui a du matériel à son service est beaucoup plus riche et que celle qui en est dépourvue. En définitive, le fait d’interdire les devoirs à la maison a eu un effet boomerang, dans le sens où cela a nuit aux apprentissages en dégradant progressivement les connaissances des élèves. Paradoxalement ,la réflexion sur le rôle inégalitaire des devoirs à la maison a provoqué un effet pervers qui est l’aggravation des inégalités sociales.

Puis on a supprimé le doublement.

L’autre mesure prise pour lutter contre l’échec scolaire a été de supprimer les redoublements. L’argument invoqué est une étude qui montre que les effets bénéfiques du redoublement sont très minces, sans commune mesure avec son coût humain et financier.

Seulement en luttant contre le redoublement, aura-t-on pour autant lutté contre l’échec ? Le redoublement n’est qu’un indicateur - incertain - des inégalités d’apprentissage. Or, jeter le thermomètre n’a jamais fait tomber la fièvre. La suppression du redoublement est une mesure nécessaire, mais pas suffisante, et toute solution alternative ne vaudra que par sa capacité à atténuer les disparités effectives d’apprentissage. La démocratisation des études se joue sur les acquis réels des générations successives et donc sur les moyens que se donnent les systèmes éducatifs de développer, en lieu et place du redoublement, une véritable individualisation des parcours de formation, fondée sur une organisation scolaire et des didactiques qui permettent une réelle différenciation de l’enseignement, des suivis sur l’ensemble d’un cycle d’étude, une évaluation formative, des méthodes actives dans toutes les classes.

Une fois de plus la réponse est apportée par les parents : aux yeux de ceux pour qui le doublement apparaît comme une mesure de bon sens, à mi-chemin entre mal nécessaire et mesure bénéfique, le doublement d’une classe par leur enfant lui permet de consolider ses acquis, combler ses lacunes, acquérir la maturité qui lui manquait peut-être, et est finalement accompagné d’un renforcement de l’estime de soi. A l’inverse, les parents qui envisagent le doublement comme une injustice, une humiliation transmettent ce sentiment à leur enfant qui vivent le doublement comme une sanction et n’en tirent donc aucun profit. C’est donc pour éviter que cette mesure ne soit inutile dans certains cas qu’elle a été supprimée…

Et pourtant on leur impose de réussir !

Car en plus de cela, il faut que quatre-vingt pour cent des jeunes d’une classe d’âge ait un bac ! Depuis le plus jeune âge on leur a inculqué qu’il n’était pas nécessaire de faire des devoirs à la maison, par la suite on leur a fait comprendre qu’il n’était pas nécessaire non plus d’avoir le niveau pour passer en classe supérieure, mais après quinze ans de ce traitement laxiste on exige d’eux qu’ils réussissent un examen ! Quel paradoxe ! Comment faire pour s’en sortir ?

Si l’élève avait le choix entre travailler-et-réussir, et ne-pas-travailler-et-ne-pas réussir ce seraient deux possibilités contradictoires mais le choix serait possible. Alors que dans le cas présent l’élève reçoit simultanément deux injonctions incompatibles : ne-travaille-pas-et-réussis ! Cette injonction paradoxale paralyse le choix et donc empêche l’action : quoi que l’élève fasse, il est enfermé dans une oscillation sans fin dans la mesure où il ne peut pas réussir (puisqu’il n’a pas travaillé) et il ne peut pas travailler puisque l’éducation nationale ne lui donne plus de devoirs, ni d’obligation d’avoir le niveau (pas de nécessité de réussite). Les deux obligations contradictoires et simultanées piègent l’élève dans une situation sans issue qui le plonge dans le désarroi.

Quel paradoxe !

Le jeune , pris dans cette situation, peut se dire qu’il ne s’y trouve que dans la mesure où quelque information lui manque, qui, peut-être même, lui est cachée : incapable de trouver la solution, l’élève se renferme et ne fait plus rien. les professeur disent de lui qu’il passe son temps à rêver, qu’il est ailleurs... c’est peut-être cette attitude qui est à l’origine du concept très en vogue à l’heure actuelle selon lequel les élèves "s’ennuieraient en classe".

Une autre forme de réaction, voisine de la précédente mais différente en apparence consiste à s’engager dans des comportements hyperactifs, si soutenus, si intenses que la plupart des informations n’arrivent plus à l’enfant. il déploie une activité tous azimuts et l’adulte ne sait plus qhoi en faire.d’où un autre trouble du comportement mis en vedette ces dernières années : "l’enfant hyperactif" ; comme on n’a plus aucune solution, on conseille aux parents de consulter un médecin et on l’abrutit de médicaments.

Et on s’étonne que les élèves ne tournent pas rond, alors que l’on est tous fautifs ! Il faut arrêter de se voiler la face, la solution ne viendra pas des enfants ; seul un changement radical au niveau du système scolaire lui-même pourra enrayer le processus de l’échec scolaire. Ou plutôt devrait-on dire : l’échec de l’école !



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Les commentaires (6)

école : plus on est ignorant, plus on est manipulable !
  • Commentaire 13661 meuh-meuh
    le 23 octobre 2007  à 08:19

    Mais où vivez vous ? Ne pas faire des devoirs à la maison ? Tous mes enfants en ont et souvent beaucoup, particulièrement en 2, 1, tle , à ne plus pouvoir faire autre chose.

    Le redoublement n’est pas la réponse au problème de l’ echec scolaire, toutes les études le montrent. Il s’agit donc trouver autre chose et pas de ne rien faire comem vous le sous entendez. Il y a des solutions particulièrement dans l’ accompagnement mais le mammouth a du mal a individualiser le suivi. Pourtant le cout d’un redoublement= 9000€ , le cout d’un accompagnement beaucoup beaucoup moins.

    Enfin vous ne voyez le problème scolaire qu’a l’échelle de la classe. C’est une erreur , les enfants sont d’abord modelès par la société. TF1 M6 ont beaucoup d’impact, les jeux aussi. Et d’elles on ne parle jamais...

    Petite blague : pourquoi Sarkozy Laporte et Company, construisent ils plus de prisons que d’écoles ? Parce qu’a leur âge , il ya peu de chances qu’ils retournent à l’ école

    repondre Répondre



  • Commentaire 13682 John
    le 23 octobre 2007  à 19:23

    Chère Junon, je ne suis pas d’accord avec votre analyse pour deux raisons :

    Tout d’abord, on pourrait croire que le niveau baisse. Ce qui est globalement et statistiquement faux. Le niveau monte régulièrement, mais les écarts se creusent. Et là effectivement, il y a un danger de manipulation des classes moins bien "éduquées".
    Ensuite, on pourrait lire :"avant c’était mieux". Sauf qu’avant, c’était un peu frontal, et avec très peu d’objectifs de type éducatifs ou socialisant ( ou alors une forme de socialisation simpliste : la norme ).

    Il faut effectivement que chacun puisse bénéficier des bienfaits du système éducatif, mais auparavant il faudrait qu’on s’attaque à deux problèmes :
    1. Chaque enfant de quatre ans passe en moyenne deux heures devant la télé chaque jour ( la moitié ont la télé dans leur chambre à la fin du primaire ).
    2. La capacité d’attention des élèves de primaire aurait diminué de moitié sur 20-30 ans.

    Peut-être y a -t-il relation de cause à effet…

  • Commentaire 13730 mirabelle
    le 24 octobre 2007  à 16:49

    Il est vrai que la télé est abêtissante, mais je ne sais comment on mesure la baisse ou la montée du niveau…Faut-il tenir compte de la quantité d’instruction livrée à l’individu durant sa scolarité ? Ou bien à sa faculté d’utiliser ce savoir dans son quotidien ? A sa faculté de tenir un raisonnement logique ?

    En revanche voici ce que je constate :

    Je reçois chaque année nombre de courriers de candidatures à des stages ou emplois et une lettre sans faute d’orthographe, sans faute de grammaire, sans faute d’expression est devenue une lettre rare.
    Je me dis par conséquent que faire des études qu’elles soient supérieures ou non n’est plus un gage de l’aptitude à s’exprimer correctement ni à l’oral, ni à l’écrit.

    Ma mère qui n’a que son certificat d’étude n’a rien à envier aux bacheliers et autres licenciés d’aujourd’hui. Elle écrit français parfaitement, sans aucune faute d’orthographe ou de grammaire, et surtout sans faute d’expression.

    Etant confrontée au monde des ados, je vois que les enfants ont bien des devoirs à faire à la maison. C’est incontestable. Cependant, observant mon aîné âgé de 14 ans, je constate que comparé à ce que l’on me demandait au même âge…et bien…"c’est pas violent"…(non non je ne suis pas si vieille…J’ai moins de 40 ans).D’autre part quand j’observe ce qui est demandé, lors des interrogations écrites par exemple, en terme de présentation, de contenu, et d’idée, il me semble qu’un 15 aujourd’huis aurait valu un 10 ou 11 au mieux il y a 25 ou 30 ans.

    Le système (scolaire) est donc à mon avis moins exigeant avant la classe de seconde. Après, je ne sais pas encore.

    Par la suite, il semble qu’il y ait tellement de devoirs qu’ils n’ont plus le temps de faire autre chose. N’est ce pas là aussi une façon d’abrutir l’individu ? Quand un adolescent n’a plus le temps de faire fonctionner son imagination pour au moins comprendre ce qu’il apprend, il y a fort à parier qu’il va plus tard avoir du mal à prendre du recul sur les choses, à développer son sens critique, puisqu’il aura du faire abstraction de son sens de l’observation.

    De plus, je constate que quand vous leur demandez de résoudre un problème simple, ils ne réussissent pas, pour la plupart d’entre eux, à faire fonctionner leur pensée logique pour trouver facilement une solution.

    Il me semble donc que, malgré la quantité de savoir qui leur est livrée durant leur scolarité, les apprentissages de base que sont la lecture l’écriture et le calcul, ne sont plus assurés de manière optimale dans un contexte qui aujourd’hui nécessiterait probablement de nombreux aménagements.

    Le système scolaire n’est peut être pas un mammouth, mais un vrai "système" pensé par des technocrates qui ont pour objectif tout rationaliser et de tout contrôler Il suffit de regarder l’évolution des effectifs. A mesure que les problèmes augmentent, étrangement ils se réduisent. Bien que la natalité se porte plutôt bien dans notre pays, le nombre de postes d’enseignants à l’échelle nationale est en constante diminution.
    Voyons simplement à l’échelle de notre ville combien de classes, voire d’école ont fermé ces 10 dernières années.
    La vraie question pour moi aujourd’hui n’est plus de savoir si l’école livre assez de connaissances à mes enfants ou non, si le niveau baisse ou pas, ni même de savoir si la manière de leur transmettre le savoir est la bonne ou non,
    mais plutôt de savoir si l’école leur permet encore aujourd’hui de trouver eux-même le chemin de leur intelligence, qui elle, par contre, est tout à fait mesurable.

    Combien, d’individus auront développé leur sens de l’observation, combien auront développé leur faculté d’analyser, combien sauront anticiper, ?

    Combien sauront penser par eux mêmes ?.

    Ce qui comptera pour eux au final, sera de savoir lire écrire, compter, mais aussi et surtout de comprendre.
    Il s’agit donc de leur aptitude à utiliser pleinement les possibilités de leur esprit.

    L’important sera la façon dont ils traiteront et organiseront les informations, la manière dont ils interpréteront leurs expériences, et plus globalement, la façon dont ils se représenteront la réalité.

    Par le biais de mon environnement professionnel, je peux observer des adolescents et des jeunes adultes, et communiquer avec eux. Je ne suis pas certaine que le système scolaire et plus généralement la société d’aujourd’hui, les encourage à beaucoup de créativité, ou de curiosité. J’ai plutôt l’impression qu’on les englue dans un système de pensée unique, visant à en faire des personnes instruites certes, mais pas forcément des individus véritablement CONSCIENTS du monde dans lequel ils évoluent.
    Et pourtant je vois la plupart du temps des enseignants investis et attentifs.

    Si le niveau baisse, ce n’est pas qu’à l’école, et ce n’est pas que de la faute de l’école. C’est aussi de notre faute à tous, quand nous n’avons nous mêmes, adultes plus le recul nécessaire pour nous rendre compte que nous leur achetons des consoles de jeux plutôt que des livres,

    que nous les laissons s’abrutir devant la télévision et regarder des émissions débiles, plutôt que de dialoguer avec eux et d’échanger par la simple parole, quand on est avec eux,

    quand on les empêche de s’ennuyer en leur faisant des emplois du temps de ministre avec des tas d’activités péri-scolaires sensées occuper leur temps libre, qui du coup n’est plus libre du tout.

    Temps libre…C’est pendant ce temps où il n’a rien à faire où ’il peut réfléchir, imaginer, inventer, rêver…penser tout simplement. C’est un temps NECESSAIRE à sa construction mentale et psychique.

    Malheureusement pour eux quand ils ne sont pas à l’école, ils sont au sport, ou à la médiathèque pour les mieux lotis ; devant la télévision pour la grande majorité.

    Nous voulons tout contrôler. La société veut tout contrôler… Parce que pendant ce temps là, ils ne feront pas de "bêtises" et ils "coïncideront" avec NOTRE manière de voir les choses.

    Voilà peut être pourquoi, les jeunes s’ennuient en classe…Ils compensent tout bonnement…en reprenant sans le savoir le temps que nous leur volons en les laissant le gaspiller devant la télé ou la console.

    Une chaîne de télé pour les 0/3 ans va être mise en service…
    Pourquoi faisons nous les choses ?

    Qu’elle est l’utilité de mettre un bébé devant une télévision ???
    A part le mettre en contact avec une manière particulière de penser, dès son plus jeune âge, je ne vois pas d’autre réponse. Il s’agit donc d’une forme de contrôle qui permettra par la suite d’orienter plus facilement son opinion et sa façon de penser.

    Après avoir passé du temps devant la télé pendant les trois années les plus importantes et les plus denses de sa vie en terme d’apprentissage, je ne crois pas que le Bébé pourra imaginer faire autre chose que ça par la suite. L’enfant trouvera cette position tellement "normale et familière" qu’il l’a reproduira et la recherchera.

    Après ça, ne nous étonnons pas que la capacité d’attention de cet enfant soit réduite à néant et ne nous étonnons surtout pas qu’il soit devenu progressivement incapable de manifester de l’intérêt à des choses devenues parfaitement inutiles devant une télé ou une console de jeux.
    si l’ignorance rend en effet les gens plus manipulables, c’est par sa fainéantise et son penchant naturel pour le plaisir et la facilité, qu’on maintien l’individu dans la spirale de cette ignorance et pire encore dans celle de l’incompréhension et de l’inconscience.

  • Commentaire 13754
    le 25 octobre 2007  à 08:57

    Et pourtant les parents s’inquiètent du niveau de leur enfant, s’affolent en voyant leurs résultats et le contenu de leurs copies... et ça fait le bonheur de tous les organismes de soutient scolaire à domicile. les cours particuliers sont fort chers mais aucune étude ne s’est penchée sur leur efficacité ! ces cours ne bénéficient qu’aux familles qui en ont les moyens, les autres sont laissées pour compte... on est d’accord, l’écart se creuse, l’école n’est pas la même pour tous, le collège unique n’offre pas la même chance à tous !

  • Commentaire 15596 lpas de passage plus haut avant l’acquis,dE
    le 22 novembre 2007  à 19:02

    c’est le ba ba de l’abrutissement des peuples

  • Commentaire 15597 lpas de passage plus haut avant l’acquis,dE
    le 22 novembre 2007  à 19:05

    je me suis disputée avec la’maitresse ou l’infirmière locale !
    lis refusent de donner un cu de doliprane et ils voulaient unebouteille de célestène !

  • repondre Répondre



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