Philippe Adnot, récemment réélu sénateur s’est longuement exprimé sur France3 samedi. Quelques questions gentillettes d’une journaliste soit peu informée des réalités locales, soit complaisante, lui ont permis de briller ( ?) pendant quelques minutes. Il a ainsi consacré une partie de son intervention à légitimer l’action du sénat qui « travaille beaucoup »… Cela n’a pas convaincu Ulysse, loin de là…
En ces temps de crises, le sénat fait la Une de la presse, cet îlot de privilèges dans un océan de récession peut-il perdurer dans une prétendue démocratie ?
Le président Poncelet, éphémère second personnage de l’état ne comprend pas qu’il lui faille renoncer à un appartement de fonction sa vie durant (appartement, personnel de maison, secrétariat et voiture de fonction).
Sans les médias et leur inspirateur (il serait intéressant de savoir qui a balancé l’info ?) rien n’aurait transpiré, et notre ex-président aurait continué à ignorer le sens des mots "loyer" ou "charges"...
Il est vrai que le métier de sénateur est éprouvant, un historien interrogé par Yves Calvi dans l’émission "c’est à dire" précisait que la seconde assemblée avait été utile deux fois depuis 1830... Une première et rejetant le boulangisme en 1830... La seconde démonstration était tellement emblématique que je l’ai oubliée aujourd’hui... Cela fait quand même 2 fois en 180 ans...
Par contre l’utilité du sénat pour les sénateurs est éclatante... Le verre de whisky se paye 0,50 euros à la buvette, le café 0,40, et les sénateurs peuvent adhérer à pas moins de 70 groupes d’amitiés parlementaires (voyages et échanges de toutes sortes à la clef).
Pour ce travail de fond, ils sont bien entendus indemnisés... L’indemnité de base n’est pas scandaleuse en elle-même... 5400 euros par mois (c’est quand même 4 smics). Il faut y ajouter un "forfait de représentation" de 6600 euros (si, si, vous avez bien lu... 2200X3=6600). Une indemnité "informatique" de 1000 euros /mois , une prime parlementaire (? ?) de 1600 euros, et bien entendu de quoi rémunérer leur(s) collaborateur(s) : 7000 euros par mois.
Compte tenu de leurs faibles moyens, les sénateurs bénéficient de la gratuité des transports par chemin de fer en 1° classe et de 50 % de remise sur les lignes aériennes... ce même après leur départ du sénat...
Si par hasard, ils veulent prendre leur retraite, ils peuvent le faire à 58 ans avec 80 % de leur indemnité...
Gageons que cette "résidence services" pour retraités de la République va perdurer, sachant que toute réforme des institutions doit obtenir l’accord du Sénat avant ratification.
Une institution aussi peu productive peut-elle être tolérée longtemps encore ?
Les réformes sont-elles réservées aux contribuables, qui voient une nouvelle taxe les toucher chaque semaine ?
Le couvercle commence à frémir, attention aux conséquences d’un ras-le-bol généralisé.











