L'article

6
octo
2008

Vive le sénat et les sénateurs !

Philippe Adnot, récemment réélu sénateur s’est longuement exprimé sur France3 samedi. Quelques questions gentillettes d’une journaliste soit peu informée des réalités locales, soit complaisante, lui ont permis de briller ( ?) pendant quelques minutes. Il a ainsi consacré une partie de son intervention à légitimer l’action du sénat qui « travaille beaucoup »… Cela n’a pas convaincu Ulysse, loin de là…

En ces temps de crises, le sénat fait la Une de la presse, cet îlot de privilèges dans un océan de récession peut-il perdurer dans une prétendue démocratie ?

Le président Poncelet, éphémère second personnage de l’état ne comprend pas qu’il lui faille renoncer à un appartement de fonction sa vie durant (appartement, personnel de maison, secrétariat et voiture de fonction).

Sans les médias et leur inspirateur (il serait intéressant de savoir qui a balancé l’info ?) rien n’aurait transpiré, et notre ex-président aurait continué à ignorer le sens des mots "loyer" ou "charges"...

Il est vrai que le métier de sénateur est éprouvant, un historien interrogé par Yves Calvi dans l’émission "c’est à dire" précisait que la seconde assemblée avait été utile deux fois depuis 1830... Une première et rejetant le boulangisme en 1830... La seconde démonstration était tellement emblématique que je l’ai oubliée aujourd’hui... Cela fait quand même 2 fois en 180 ans...

Par contre l’utilité du sénat pour les sénateurs est éclatante... Le verre de whisky se paye 0,50 euros à la buvette, le café 0,40, et les sénateurs peuvent adhérer à pas moins de 70 groupes d’amitiés parlementaires (voyages et échanges de toutes sortes à la clef).

Pour ce travail de fond, ils sont bien entendus indemnisés... L’indemnité de base n’est pas scandaleuse en elle-même... 5400 euros par mois (c’est quand même 4 smics). Il faut y ajouter un "forfait de représentation" de 6600 euros (si, si, vous avez bien lu... 2200X3=6600). Une indemnité "informatique" de 1000 euros /mois , une prime parlementaire (? ?) de 1600 euros, et bien entendu de quoi rémunérer leur(s) collaborateur(s) : 7000 euros par mois.

Compte tenu de leurs faibles moyens, les sénateurs bénéficient de la gratuité des transports par chemin de fer en 1° classe et de 50 % de remise sur les lignes aériennes... ce même après leur départ du sénat...

Si par hasard, ils veulent prendre leur retraite, ils peuvent le faire à 58 ans avec 80 % de leur indemnité...

Gageons que cette "résidence services" pour retraités de la République va perdurer, sachant que toute réforme des institutions doit obtenir l’accord du Sénat avant ratification.

Une institution aussi peu productive peut-elle être tolérée longtemps encore ?

Les réformes sont-elles réservées aux contribuables, qui voient une nouvelle taxe les toucher chaque semaine ?

Le couvercle commence à frémir, attention aux conséquences d’un ras-le-bol généralisé.



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Les commentaires (13)

Vive le sénat et les sénateurs !
  • Commentaire 27129 Un gogo Troyen
    le 6 octobre 2008  à 12:12

    Le boulangisme c’est un peu après 1830, il faut revoir vos bases en histoire...

  • Commentaire 27144
    le 6 octobre 2008  à 18:33

    Le pauvre GOGOTroyen est toujours aussi pertinent, quand on lui montre la lune il regarde le doigt...

  • Commentaire 27151 Toto
    le 6 octobre 2008  à 21:42

    Eh oui, ça c’est Gogo : il montre du doigt une bévue, une coquille, une broutille (une erreur de date : le Boulangisme c’est la fin des années 1880...) que pour mieux essayer de ridiculiser le rédacteur, détournant le propos de son sens véritable !!! Pauvre Gogo, tes ficelles sont plusqu’usées !!! Tiens au fait, ça faisait longtemps que t’avais pas traîné tes guêtres sur le blog... Tes patrons t’avaient demandé de te mettre en réserve ?

  • Commentaire 27158 un zobois...
    le 7 octobre 2008  à 01:48

    On constate que dès que Gogo Troyen s’exprime, Toto accours, à croire que le second ne peut se passer du premier...

  • Commentaire 27169 Toto
    le 7 octobre 2008  à 10:53

    Le zobois n’a sans doute pas encore remarqué que je n’ai pas besoin de Gogo pour m’exprimer et poster des articles... Maintenant, me reduire à ce seul aspect des choses montre ta vision fort réductrice d’une réalité ! Ces interventions à la suite des commentaires de Gogo ne sont là que pour montrer le travail de sappe très facile à démonter qu’il essaie de faire : il ne se contente, à chaque fois, que d’interventions méprisantes à l’égard des autres sans jamais faire preuve de véritable réflexion et d’intelligence. Et même si mes interventions et articles ne sont que d’un faibles niveau (bien que je m’aperçois que ce n’est jamais sur le fond de ceux-ci que l’on m’attaque) au moins j’essaie de faire vivre un débat,... et ma liberté d’expression...

  • Commentaire 27172 un zobois
    le 7 octobre 2008  à 11:12

    Il n’empêche que les interventions du GOgo sucitent de votre part de longs posts...La preuve que celles ci pointent le doigt où ça fait mal...

  • Commentaire 27175 Webmaster
    le 7 octobre 2008  à 13:00

    L’adresse IP du zobois est 77.xxx.xxx.208 (ou 90.xx.xx.46), la même que celle de Gogo troyen, la même que...

    Pas étonnant qu’il le soutienne puisqu’il s’agit du même !!!

    Il serait bien de ne pas jouer à ce jeu là !

  • Commentaire 27195 Toto
    le 8 octobre 2008  à 00:51

    Et où ça fait mal ??? Car franchement, je ne ressents rien de spécial ! Aller, Zob’oie, va au fond des choses et ne reste pas à la surface de la superficialité tel un Gogo. Montre ce que tu as dans les tripes, ou dans les méninges...:->:->:->

  • Commentaire 27159 un gogo Troyen
    le 7 octobre 2008  à 01:49

    Quand on veut faire la leçon aux autres,vaut mieux avoir les fesses propres....

  • repondre Répondre



  • Commentaire 27148
    le 6 octobre 2008  à 20:58

    Justement je cherchais à en finir avec la précarité et caser mes fesses quelques part... alors c’est décidé je vais faire sénatrice

    repondre Répondre



  • Commentaire 27154 Toto
    le 6 octobre 2008  à 22:44

    Le Sénat serait-il donc inutile ? Ce n’est parce qu’il y a des aspects semblant abusifs, d’autant plus abusifs qu’on est entrain de nous faire passer des vessies pour des lanternes avec la crise (Renault qui fait de gros bénéfices et qui redistribuera de gros dividendes à ces actionnaires, mais qui prétend que tout va mal et qu’à cause de la crise, il faut licencier !!!), qu’il faille vouloir à tout prix supprimer l’un des rouages de notre démocratie. Je m’explique.
    La démocratie occidentale repose sur trois fondements indispensables et complémentaires :
    - 1 - Le Suffrage Universel
    - 2 - Le respect des Droits de l’Homme, et des libertés individuelles et collectives qui en découlent, et un de leurs corollaires, le multipartisme
    - 3 - La séparation des Trois Pouvoirs. C’est ici qu’intervient le Sénat ; il participe à cette séparation des pouvoirs fondamentaux.

    Toutes les grandes démocraties ont toujours cherché un équilibre dans la séparation des pouvoirs et à diviser chaque pouvoir afin qu’une seule et même personne ne les exerce. Ainsi, le pouvoir exécutif réparti entre un Président, un Chef de gouvernement et un certain nombre de ministres ; le pouvoir exécutif divisé entre deux chambres ; le pouvoir judiciaire exercé en toute indépendance des pouvoirs politiques.

    Au nom d’une soi-disant modernisation des institutions, nous sommes arrivés à un déséquilibre dans un système déjà fragile. Le passage du septennat au quinquennat et le changement de calendrier des législatives, les plaçant après les présidentielles, ont considérablement politisé et renforcé le pouvoir du président. Alors qu’il avait un rôle plus pérenne et de gardien de la République, laissant le premier ministre gouverner et mettre en application ses directives, sauf dans le cas d’une cohabitation, le président occupe désormais une place prédominante.

    Aujourd’hui, toujours au nom de soi-disant réformes de modernisation de l’Etat et de la vie politique, et dans l’exercice d’une certaine politique spectacle répondant à des problèmes plus affectifs et passionnels que raisonnés et réfléchis, nous assistons à une inflation de projets de lois, émanant toutes du pouvoir exécutif. Le contrôle de ces lois, leur discussion, les amendements, les navettes... sont autant de freins modérateurs à cette prolifération désordonnée. S’il n’y avait qu’une seule chambre, nous n’aurions pas ce phénomène de « tempérance ». La seule démonstration est que de très nombreuses lois votées ne peuvent toujours pas être appliquées fautes de... décrets d’application !!! Le passionnel et la « légifération » spectacle se trouvent difficilement applicables dans le respect de la constitution...

    Par ailleurs, si le Premier ministre est responsable devant l’Assemblée, en tant que chef du gouvernement, le Président, qui lui a quasiment confisqué sa fonction, ne l’est pas ; qui plus est, le Président peut dissoudre l’Assemblée Nationale, contrairement au Sénat.

    Ce n’est pas parce que certains modes de fonctionnement ou d’élection ne semblent plus convenir, qu’il faut les supprimer. Le Sénat, plus conservateur, a bien ce rôle modérateur indispensable. Le supprimer déséquilibrerait davantage l’exercice des pouvoirs, et ce en faveur du pouvoir exécutif. Le bicamérisme est un système adopté par toutes les grandes démocraties.

    Il n’y a certes pas de système politique parfait et, comme le montrait Platon, la République était en quelque sorte le régime le "moins pire". Fort heureusement, la République a bien changé et l’esclave n’est plus l’un des éléments indispensables à son bon fonctionnement. Quoique aujourd’hui, elle ait ses esclaves modernes ?

  • Commentaire 27162 Epsilon
    le 7 octobre 2008  à 07:50

    Très bonne réponse.

    Ce qui est choquant (et encore) c’est le très haut niveau de rémunération... En fait, ce qui pose question, c’est l’équilibre rémunération / travail effectif.

    En dehors de cela, le sénat a toute sa place dans l’organisation républicaine.

  • Commentaire 27170 Philou
    le 7 octobre 2008  à 11:00

    J’approuve également cette excellente réponse.

    Je modèrerais les propos tenus initialement sur la rémunération en complétant ceux d’Epsilon.

    Ce sont effectivement de fortes sommes même en regard de l’indicateur de revenu moyen qu’il convient d’abord de corréler avec le travail qu’un sénateur doit fournir.

    Peut-être qu’en ces temps plutôt moroses, conviendrait-il d’aller plus loin en demandant des comptes à nos représentants, ou de n’attribuer les primes qu’au prorata des dépenses réelles...

    Aucun système n’est parfait, mais tout est perfectible.

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