Encore quelques représentations pour Lancelot, le premier des chevaliers et surtout le héros choisi cette année par la municipalité troyenne pour divertir Aubois et touristes dans le cadre de la 6ème édition de Ville en lumières. Après le succès de 2008, le mystère de la fée bleue, qui avait réuni 23000 participants, le double des années précédentes, le spectacle se devait de séduire à nouveau et d’évoluer. C’est en partie le cas …. pour le meilleur ou pour le pire ?
Un spectacle lumineux de qualité
Pour le meilleur … des yeux. L’affluence de l’an passé nécessitait quelques aménagements spatiaux : le spectacle a été restreint à un périmètre plus limité ( la tête du Bouchon) pour des déplacements plus rapides, les comédiens ont été placés en hauteur pour que tout un chacun puisse profiter au mieux des visuels ( fenêtres du musée d’Art moderne, estrades, scènes en hauteur …). Les effets lumineux et pyrotechniques qui ont fait le succès des précédentes éditions mettent toujours en valeur le patrimoine et les artistes et sont du plus bel effet. Bref, le spectacle séduit ( déjà 15000 spectateurs au 22 août) et a de quoi séduire.
Un piètre théatre de rue
Pour le pire … des oreilles. Car au delà de ces visuels agréables, que nous offre-t-on ? Le concept de Ville en lumières est d’allier théatre de rues et jeux de lumière. Certains se souviendront peut-être de la première édition, en 2004, qui proposait un voyage dans le temps avec un vrai lien entre architecture et texte du spectacle. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, la dimension théâtrale semble bien maigre ( on passe plus de temps à regarder et à se déplacer qu’à écouter une histoire ) et pour le moins simpliste : le gentil chevalier Lancelot ( mais diantre, pourquoi s’est-il égaré dans les rues de Troyes ?) est amoureux de la charmante Guenièvre. Le méchant Méléagant l’enlève. S’ensuivent des combats d’épées de lumière ( très tendance au Moyen-Age !), rouge pour le méchant, blanche pour le gentil. La gente damoiselle finit par être libérée par le preux chevalier, le baiser est langoureux, tout est bien qui finit bien. Chrestien de Troyes réduit à sa plus simple expression, à la portée des 5-6 ans ( qui d’ailleurs ont tout compris !) Pourquoi pas ? C’est les vacances. Bronzons idiot au bord des Lacs et allons regarder Lancelot jouer de l’épée lumineuse et bécoter Guenièvre.
Mais pitié, ne nous targuons d’avoir ici un spectacle « logiquement lié à la candidature troyenne au label patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO » ( PressTroyes – Juillet, Août 2009) au risque de faire mourir de rire les experts de l’UNESCO ou de faire se retourner Chrestien de Troyes dans sa tombe.













