Il était content Philippe Adnot, jubilatoire vendredi soir… Faut dire que le ban et l’arrière-ban des personnalités auboises s’étaient rués pour visiter l’exposition le « Beau XVIE » et qu’on faisait la queue pendant des heures pour pénétrer dans l’église Saint-Jean… Du jamais vu à Troyes depuis l’inauguration du Musée Lévy…
Beaucoup de monde également à la mairie pour écouter les discours de présentation. Sept discours, c’est beaucoup quand même ! Tout le monde y allait de sa satisfaction débordante et de ses annonces extraordinaires… Parfois un peu long ces présentations avec leurs remerciements interminables et leurs préambules présomptueux. Mais enfin ça valait le coup et il y avait du monde qui écoutait, alors les politiques s’en sont donné à cœur joie.
L’objectif était ambitieux : « Allant du gothique au maniérisme, les œuvres révèlent l’extrême diversité des styles des maîtres et imagiers de la Renaissance en Champagne… des artistes aux écritures plurielles, au cœur de tous les courants artistiques de l’Europe naissante (Flandres, Italie...). La Champagne d’alors n’accueillait pas seulement les marchands de tous les pays. Elle brassait toutes les modes, les avant-gardes…
« Ce rassemblement offre donc une occasion unique de découvrir un patrimoine prestigieux, habituellement dispersé en Champagne et présent dans les plus grandes collections du monde : Metropolitan Museum de New York, musée de Cleveland, Victoria and Albert Museum de Londres, musée du Louvre, musée national du Moyen Âge, musée national de la Renaissance. »
Faut reconnaître que l’exposition est belle, incomparablement mieux mise en scène que la précédente organisée il y a cinquante ans par Marguerite Dubuisson. Les œuvres dont beaucoup furent restaurées à cette occasion sont bien présentées, l’éclairage choisi est judicieux, le parcours dans l’église Saint-Jean est un plaisir des sens. Bravo donc à toute l’équipe, à Philippe Adnot bien sûr mais aussi aux spécialistes de la sculpture coachés par Geneviève Bresc-Bautier, conservateur chargé des sculptures au Musée du Louvre et présidente du comité scientifique de l’exposition. Une scientifique de haut niveau qui avait aussi comme l’immense avantage de « savoir faire court » lors de son discours de jeudi soir… comme quoi l’extrême compétence peut s’allier avec la simplicité !
Un mot enfin sur Chrystelle Laurent, commissaire générale de l’exposition et conservateur des antiquités et objets d’art de l’Aube. Les spectateurs de Canal 32 la connaissent déjà par ses petites chroniques sur la télévision locale. Elle triomphait vendredi, émue aux larmes par la réalisation de son travail et son émotion palpable a fait passer un frisson sur la foule. Elle aussi allie la simplicité et la connaissance artistique à l’efficacité. Les applaudissements furent nourris jeudi, elle le méritait.
Philippe Adnot a conclu son discours en invitant les présents à se faire les ambassadeurs de cette exposition qui est importante pour le rayonnement de l’Aube. Il a raison. Chaque aubois doit se sentir concerné car à quoi servirait tant d’effort et d’efficacité si les spectateurs n’étaient pas au rendez-vous. Invitez donc vos amis et votre famille à passer quelques jours dans l’Aube, invitez-les à venir vous visiter et profitez en pour leur montrer l’exposition. Ils ne le regretteront pas et se souviendront longtemps de leur voyage.
Ces statues qui ont passé les siècles ont quelque chose à vous dire, individuellement. Prenez quelques minutes ou quelques heures pour aller écouter leur message. Vous en sortirez autre. Grandis pour certains, mystifiés pour d’autres, éblouis pour tous. L’art à ce niveau rejoint le divin, divin qui est plus dans l’émotion suscité que dans les scènes sculptées, car c’est cela l’école troyenne de sculpture, de l’émotion. Un moment rare, à ne pas manquer !












