Les belles façades cachent très souvent une réalité toute autre, un univers qui en étonnerait plus d’un. Malgré ses nouveaux blocs opératoires, la vie des services rélève plutôt de l’expédient, révélant une crise profonde que l’on voudrait camoufler derrière les ors et paillettes.
Quel que soit le service, anesthésie, gynécologie, maternité, et autres chirurgies et services en tout genre, vasculaire, ORL, viscérale… le pourcentage de médecins étrangers est très important, avec peut-être une mention spéciale pour le service d’anesthésie où se rencontrent Algérien, Syrien, Marocain, Allemand, Lituanien, Croate… Notre hôpital attire à n’en point douter les médecins sinon du monde entier, tout au moins, du large espace de l’aire d’influence française. Et de nous rassurer du rayonnement de la France encore existant dans le monde. Notre hôpital serait-il à ce point réputé qu’il attire tant d’étrangers ? Grâce à Dieu, la langue Française est une grande langue, capable de surmonter le châtiment divin envoyé aux hommes qui construisirent la Tour de Babel.
On pourrait en dire de même pour le nombre de médecins remplaçants qui y viennent de la France entière ! Qui ne viendrait pas à l’hôpital de Troyes faire quelques remplacements ? Les postes y seraient-ils très recherchés ? C’est qu’on doit se battre pour pourvoir un poste à l’hôpital de Troyes !!! Pourtant, le tableau n’est pas aussi idyllique qu’on voudrait bien le croire… Pour les médecins, mieux vaut assurer des remplacements que de pourvoir aux postes, c’est beaucoup mieux payé et ce ne sont pas les mêmes contraintes que celles d’un médecin attaché à son service. Mais rassurez-vous, il n’y a pas que l’hôpital de Troyes qui fonctionne comme ça. C’est un fonctionnement quasi général. Nous pourrions même dire que la situation est d’une toute autre échelle dans les hôpitaux parisiens.
Un tel état de fait conduit à des situations les plus incroyables où des médecins de garde ne se connaissent pas et se rencontrent pour la première fois, ne connaissent pas les personnels avec lesquels ils collaborent, ni les habitudes de travail des uns et des autres… Nous ne pouvons qu’imaginer tous les risques que cela suppose. Imaginez seulement une consultation, et plus encore une anesthésie… De plus, ils ne connaissent pas forcément les lieux et l’environnement dans lequel ils travaillent, la disposition et l’organisation du mobilier et du matériel. Et que dire du matériel ? Certes, l’hôpital est doté de locaux neufs, les blocs opératoires, mais qu’en est-il du matériel ? Il aura fallu près d’un mois pour déménager tout le matériel que l’on pouvait récupérer des anciens blocs vers les nouveaux, et pas toujours du matériel dernier cri et à la pointe du progrès !
Mais sans doute, l’un des effets pervers de la situation se fait jour lorsque la saison estivale est venue. Forts des heures de gardes surpayées au regard d’un titulaire de poste, les volontaires se font plus rares. Les notes d’information circulent, annonçant les fermetures de postes. Et pour cette saison, il est prévu de fermer les services suivants :
Pédiatrie 1 : du 13 juillet au 17 septembre 2007
Gynécologie J 4 : du 04 août au 02 septembre 2007
Chirurgie Ambulatoire : du 05 août au 02 septembre 2007
Une salle de bloc : du 05 août au 02 septembre 2007
Chirurgie N2 : du 4 août au 02 septembre 2007
Médecine polyvalente A/2 : fermeture des lits de cardiologie du 7 juillet au 3 septembre 2007
L’hôpital public semble bien malade. Qui viendra à son chevet ? Espérons qu’il n’y aura pas de nouvelle canicule !!!









