Maudits pavés ! Deux ans que le pavé troyen n’avait pas fait parlé de lui. Deux ans que la sauce parisienne, spécialité troyenne légèrement indigeste, ne dégoulinait plus sur la chaussée de la place Jean-Jaurès. Rue de la Cité aujourd’hui, place Jean Jaurès (encore !) demain, il faut sans cesse recommencer l’ouvrage : c’est le mythe de Sisyphe à la mode troyenne.
Il faut dire qu’ils en avaient fait voir de toutes les couleurs, ces maudits pavés, et pas seulement place Jean Jaurés... Rue de la Cité et rue Zola, nos pittoresques cailloux, fraîchement posés, n’avaient pas résisté plus de quelques mois au passage des véhicules.
C’est un peu court et pas durable du tout ! Troyes était devenu le show-room du pavage : Pose, dépose et repose, goudronnage, bitumage, jointage, résinage... tout a été tenté, tout a été essayé pour faire tenir ces foutus pavés.
Affaire classée ? Toujours pas.Car rue de la Cité on doit, une nouvelle fois, refaire le boulot mal fait. Un vrai calvaire pour nos élus : pire que les écuries d’Augias ! Plus désespérant que le rocher de Sisyphe.
On rafistole en 2006, on bricole en 2008
Rue de la Cité, on a donc repris les bonnes vieilles habitudes. On rafistolait en août 2006, on bricole en août 2008. Deux ans plus tard, rien n’a changé : les pieds-nickelés du pavé refont petits bouts par petits bouts : façon puzzle. Un p’tit peu par ici, un p’tit peu par là... Nos amis bricoleurs poussent même le plaisir, à quelques mètres de la salle de la Cité, à défaire ce qu’ils ont déjà refait en 2006 ! C’est dire le soucis de la perfection qui anime nos responsables.
Un pavé dans la marre
Mais tout cela n’est qu’une mise en bouche, un amuse-gueule avant le plat de résistance (à la sauce parisienne évidemment). D’ici quelques semaines ou quelques mois, il faudra sans doute refaire les pavés de la place Jean Jaurés.
On avait pourtant mis les grands moyens : du goudron « en-veux-tu-en-voilà ». Ça suintait beaucoup, ça puait un peu, ça collait aussi. Mais ça devait faire tenir pour un bon moment ces maudits pavés. La preuve : c’était, dixit un responsable de notre ville, « la technique ancestrale à la parisienne »(sic). Deux ans après, on voit, que dis-je, on admire le résultat : les joints foutent le camp, les pavés se barrent et la chaussée s’affaisse. Du grand art ! Notez que les jours de pluie, une petite marre se forme sous les vitrines des crieurs de vin : pas très propre mais tellement pittoresque...
La patate chaude
Qui demain, viendra expliquer les raisons de ces multiples ratés ? Va-t-on, encore une fois, renvoyer la patate chaude à un fonctionnaire ?
François Mandelli (chargé de la voirie), Dominique Boisseau (chargé de la requalification des espaces publics), Bertrand Chevalier (Chargé de l’urbanisme) : qui sera l’heureux élu chargé d’expliquer pourquoi depuis quelques années, notre ville est incapable de faire tenir quelques pavés au sol ? Réponse d’ici quelques semaines...













