Y-a-t-il encore quelques naïfs pour croire que les jeux olympiques n’ont aucune dimension politique ? Berlin en 1936, Mexico en 1968, Munich en 1972, Moscou, Los Angeles n’ont-ils pas prouvé que l’idéal olympique était depuis longtemps confisqué par les ambitions politiques ?
Force est de constater que les olympiades (et celles-ci en particulier) sont bel et bien devenues le temps où peuvent s’exprimer le désir de puissance des grandes et des moins grandes nations.
La Chine d’abord. En obtenant l’organisation de ces XXIX olympiades, l’empire du milieu rejoint le club très fermé des dictatures organisatrices de JO (L’Allemagne de 1936 ou l’URSS de 1980). C’est là un étrange signal envoyé au monde, sur l’idéal olympique... Mais ce faisant, la Chine affirme de manière spectaculaire sa puissance. L’éveil de la Chine, redouté par Napoléon, écrit par Peyrefitte, a bien eu lieu. On le savait mais il restait pour le moment abstrait. Il a pris, cette semaine, une forme bien plus visible, bien plus spectaculaire : celle d’une cérémonie d’ouverture grandiose, celle d’un pays moderne, tout entier derrière ses sportifs, celle d’une nation qui engrange les médailles et qui se pose désormais, autant sportivement comme politiquement, comme le seul rival des Etats-Unis. Et pendant ce temps, la répression et la censure continuent...
Ailleurs, on profite également de la trêve olympique pour régler quelques comptes. Trêve Olympique ??? Cette expression a-t-elle d’ailleurs encore un sens ? Ne faut-il pas parler de trêve de nos consciences tant la période est désormais propice aux tragédies ? D’abord en Mauritanie où les militaires reprennent le pouvoir et mettent un terme à cette fragile démocratie. Et surtout en Géorgie. Là-bas, aux portes de l’Europe, on se déchire pour un territoire plus petit que l’Aube, moins peuplé que notre agglomération. Pendant que sous nos yeux ébahis, la France rate la médaille d’or à l’épreuve de tir acrobatique couché, l’armée Russe et l’armée Géorgienne bombardent sans scrupule les populations civiles du camps adverse. Face à un tel degré de violence, face à cet imbroglio territorial, stratégique ou politique, Russes et Georgiens rivalisent dans le titre olympique de l’ignominie et de la barbarie.
Et la trêve olympique alors ? mon c... ! N’est-il qu’un nouvel opium pour endormir la conscience collective ? Où est-il cet engagement pris par les pays membres du CIO et les Nations-Unies, d’oeuvrer pour la paix ? Piétiné, quelque part en Afrique, au Tibet ou dans le Caucase.









