Qu’il fait bon vivre dans le Centre Ville de Troyes ! Des maisons rénovées aux couleurs pastel, des appartements confortables à proximité de tout les services, des rue requalifiées (comme on dit), la pierre d’Etrochey, le buis fraîchement taillé, la culture à deux pas, les produits frais du marché... Les bobos y sont heureux ! C’est le disneyland du pan de bois, une vie heureuse en quadrichromie. La ville soigne son image de marque et son électorat. Allez, encore un effort... pour 2008, et les bobos en 4x4 auront leur parking Libération (rebaptisé Cathédrale, c’est plus chic) à 20 millions d’euros (plus de 40 000 euros par bagnole garée !), des vitraux au fond d’un trou (au fond du parking), le centre commercial de la Bourse du Travail (euh...non, du passage Saint-Nicolas, c’est aussi plus chic), des jolis quais refaits à neuf, un campus universitaire...
Coincés entre le futur campus et le lycée Saint-Joseph, nous sommes encore dans le Bouchon. Mais là, pas de pan de bois bleu et vert, pas de pierre d’Etrochey, ni de requalification. La brigade anti-tags et les services de la propreté ont visiblement oublié ce secteur. Mais ce n’est pas le pire. Les bâtiments construits à la va-vite s’effritent peu à peu dans la quasi indifférence. Sur une façade, on rafistole dans l’urgence. Mais partout ailleurs, c’est le même spectacle de bâtiments laissés à l’abandon. Les plaques censées protéger une laine de verre défraîchie ont disparu. A d’autres endroits, ces même plaques menacent de tomber. Les espaces verts ne sont plus vraiment entretenus. Au bas des cages d’escaliers, sans même évoquer quelques odeurs « particulières », on peut contempler des boites aux lettres cassées, brulées, des murs couverts de tags...
Et pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, on a un jour cru que ce quartier pourrait représenter une attraction touristiques. Sur une façade, à l’entrée de la rue de la Planche Clément, on découvre ainsi les restes de panneaux touristiques. De quoi faire sourire ? Pas vraiment... L’état d’abandon de ce quartier est tel qu’on se demande pourquoi cette situation s’éternise. C’est vrai qu’ici on ne vote pas ; ou on ne vote plus. A quoi bon... Alors qu’ailleurs on refait la rue du Palais de Justice, les quais ; qu’on fini de reboucher le parking le plus cher de France... et j’en passe, on laisse des troyens, aussi dignes et respectables que vous et moi, vivre dans un quartier à l’abandon.
Il y a pourtant, dans la vie de la cité, des priorités qui devraient s’imposer de manière évidente. La rénovation de ce quartier en est une et aurait du accompagner la construction du nouveau campus. Hélas, cela n’a pas été le cas. Le programme ANRU lancé dans le fracas d’un dynamitage a manifestement oublié ce quartier (et d’autres...). Cette grave lacune, c’est ce devra combler la prochaine majorité municipale à Troyes dans le cadre d’un ANRU2 intégrant d’une manière exemplaire et ambitieuse la question des économies d’énergie. Car dans ce domaine, l’écologie et le pouvoir d’achat sont intimement liés.








