Cher lecteur/auteur.
vous me connaissez bien mal pour me qualifier de donneur de leçons. Etant peu enclin à en recevoir, je ne me permettrais pas d’en proférer.
En revanche.
J’estime qu’il est de mon devoir de citoyen européen de tenir à ce que fasse partie du débat pré-électoral la question des Droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne la superpuissance économique qu’est la Chine. Et ce d’autant plus que nous commémorons le massacre de Tian an men, n’en déplaise à l’effacement de ce massacre par les autorités dictatoriales chinoises de la mémoire collective de son peuple.
Effacer de la mémoire collective d’un peuple sa propre histoire contemporaine et lui dicter ce qui est bon pour lui n’est gage ni de démocratie, ni d’épanouissement et encore moins de liberté.
Vous connaissez mal le Tibet, les Tibétains, le bouddhisme (pour oser parler de théocratie), et le sort réservé au Tibétains par les autorités chinoises.
Alors petit rappel :
Après plus de 54 ans d’occupation chinoise, le bilan de cette annexion est accablant :
Un million 250 000 morts
Plus de 6 000 temples détruits
Stérilisations et avortements forcés
Tortures systématiques sur les prisonniers
Le niveau de vie le plus bas de la R.P. de Chine
L’environnement gravement menacé (déforestation massive, surexploitation des ressources minières, destruction des espèces animales sauvages, stockage de déchets radioactifs, essais nucléaires...)
Des millions de colons chinois dans les régions annexées de l’Amdo (Qinghaï) et du Kham (Sichuan)
Voilà donc ce qu’il convient de faire pour forger l’identité chinoise afin qu’elle se rapproche du mode de vie occidental. sur quelles cendres radioactives voulez-vous voir se construire le prétendu épanouissement des travailleurs chinois ?
Si cette conception de la liberté des autorités chinoises à disposer des peuples qu’elle annexe vous plait, je vous laisse face à votre conscience.
En revanche.
J’estime qu’il est de mon devoir de citoyen de mettre ces thèmes sur le devant de la scène politique au moment où l’on va élire nos députés européens. J’estime qu’il est de notre devoir, même symboliquement, d’honorer la mémoires des victimes de Tian An Men, ce que la Ligue des Droits de l’Homme a fait en appelant à la participation à des événements commémoratifs à Paris (cf
http://www.ldh-france.org/Tian-anmen-1989-2009)
Aussi, j’aurais aimé que dans le Grand Est (puisque nous sommes concernés par cette circonscription), les associations de défense des droits humains (la LDH, Amnesty international et d’autres peut-être) interpellent les candidats sur leurs positions futures en tant que députés européens vis-à-vis de la Chine (mais pas que, en effet) et de son comportement au Tibet et ailleurs dans le
monde, notamment en Afrique. Aussi, j’aurais donc aimé que les Droits de l’Homme fassent partie des thèmes centraux de la campagne électorale, simplement parce que je souhaite voir se bâtir une Europe respectueuse des droits fondamentaux des hommes et femmes du monde. Et un monde où les droits de l’Homme ne sont pas une option.
La piqûre de rappel des 20 ans du massacre de Tian An Men en serait une excellente tribune.