Le danger, ce sont ses très longs poils invisibles, qui chatouillent le néant au cœur de chaque foyer. Les vilains poils de TF1, à long terme, sont mortels. Ils vous écrasent une sensibilité en une demie génération. Et comment, ensuite, penser le monde ?
A la téloche, jeux de vilains, variétés avariées, questions navrantes des friqués du foot qui crétinisent notre âme : « Ribéry est-il rugbyman au Bayern Munich, ou imam au F.C. Creney » ? « Zidane est-il Retraité de souche, ou Nord-Coréen converti ? » Envoyez par milliers des SMS surtaxés grave, et vous gagnerez une merdouille aplatie !
TF1 détruit les efforts de ceux qui en saignent l’histoire d’œuf rance, et d’autres tant belles choses. Merci, ô président bien-aimé, d’avoir effacé la pub des écrans officiels. S’il vous plaît, rasez TF1, dont les innombrables petits crimes contre l’humanité éclairent si mal nos vies. Fils de pub, nous sommes, il faut donc nous protéger. O président bien-aimé, délivre nous de la tentation télévisée.
S’il gère le présent sans ouvrir ses parenthèses au sacré de l’univers, à l’écologie planétaire, à l’art d’être un peu soi-même, le politique seul ne peut pas grand chose. Il a besoin d’un autre socle. Il se peut que l’amour soit à réinventer. Il se peut que la télévision soit à réinventer. Il se peut que les noces étranges du politique institué et des cultures vivantes soient à réinventer. Il se peut que l’usure ressentie par beaucoup soit les commencements d’une autre humanité. Après la crise, l’après-crise, puis, bientôt peut-être, des lendemains à partager, pour enchanter les sciences belles de l’existence vécue.
Nous avons vu, naguère, un vieil homme physiquement accablé – appelons-le Jean-Paul - demander pardon à toutes les victimes. Peut-être faut-il le vrai courage de la fin, pour que l’union de la vie profonde et du politique fabriqué achève son échec, et oxygène enfin les blocages sociaux. La monstruosité poilue, image des chaotiques pulsions qu’elle éveille, fait du mal à la démocratie. Elle est le symbole aveugle du mariage impossible entre les professionnels de la politique, la cultureverticale, et la vie difficile. La politique, c’est la vie vraie de la cité, loin de tous les monstres poilus du dehors et du dedans.







