Très respectable et sérénissime majesté,
Y’a des nouvelles qui peuvent vous coûter la vie ! Circulant tranquillement en voiture l’autre jour, j’entends, sur France Info que l’électrification de la ligne Vierzon-Tours est commencée... Pire qu’une abeille pénétrant dans l’habitacle, j’ai failli mourir... La stupeur a vite fait face à la colère. Ainsi, c’est donc vrai, on nous ballade encore et toujours...
Malgré les affirmations des ministres, des responsables de la SNCF ou de « Réseau ferré de France », malgré les certitudes de Mathis et des réunions en catimini des élus UMP avec le ministre des transport, malgré l’agitation de Mathieu et l’accord apparemment unanime de tous les élus de la région pour défendre le « Paris-Bâle », le dossier n’avance pas. Et Vierzon sera électrifiée avant Troyes !!!
Vierzon ! Je ne connais la ville que grâce à la chanson de Brel qui n’avait pas l’air de trouver que c’était un lieu de villégiature idéal et aux récits de mon Papa qui m’expliquait, à chaque passage en partant en vacances, que c’est ici qu’il avait passé la « ligne de démarcation » en 1940. Au risque de déplaire aux vierzonnais on a un peu l’impression que rien d’extraordinaire ne s’est passé là-bas depuis le départ des Allemands en 45 ! La ville subit de plein fouet le chômage ; sa population est en baisse constante 32 235 en 1990 ; 29 719 en 1999 ; un maire inconnu Jean Rousseau ; tout ça dans un centre France qui cherche à se sortir du déclin.
Tours je connais mieux. Mon Papa, encore lui, considérait le développement de cette ville comme un modèle pour Troyes il y a trente ans déjà. Situé à 240 km de Paris cette ville était en plein déclin après la guerre. Jean Royer, contesté pour ses prises de position politique, fut un grand maire qui sut faire évoluer la ville, la doter d’une véritable université, la faire décoller au plan démographique. Depuis sa chute en 1995 la ville a poursuivi son ascension. C’est maintenant une agglomération de près de 300 000 habitants. Et pourtant ! En 1950 elle paraissait vouée au déclin. Voilà bien la preuve qu’un grand maire peut changer sa ville !
Donc Tours Vierzon est électrifié ! Ca « trou le cul » quand même ! L’état paie 30 % des travaux (alors qu’il refuse de dépasser 20% pour Paris-Bâle), le sénateur du Cher, Rémy Pointereau (UMP) fait intervention sur intervention au Sénat pour défendre son pays soutenu sans hésitation par Jean-Pierre Sueur sénateur socialiste du Loiret. Serge Lepeltier (Parti Radical UMP) maire de Bourges, Serge Grouard (UMP) maire d’Orléans, Jean Germain (PS) maire de Tours et Jean Rousseau (SE plutôt à gauche) maire de Vierzon travaillent tous dans le même sens...
Je sais que vous êtes énormément pris Votre Majesté, permettez moi alors de vous faire gagner du temps. Pas la peine de chercher une argumentation difficile pour défendre l’Aube. Pas la peine de voler à l’activiste de la lutte des classes Mathieu son argumentation, il vous suffit de consulter les archives du Sénat et de faire la même déclaration que Rémy Pointereau en mars dernier au sénat.
Allez, je sais vos difficultés, je vais donc vous montrer qu’en changeant uniquement les noms des villes, cette question posée au ministre des transports vous conviendra (ce qui est changé dans la question de monsieur Pointereau apparaît en italique...). Vous pourriez même demander à votre « ami » Yann Gaillard de jouer le rôle de monsieur Sueur dans le soutien actif.
Voici donc une question au ministre des transports de Philippe Adnot :
M. ADNOT : Deux liaisons ferroviaires desservent le département de l’Aube, selon un axe Est-ouest Paris-Bâle via Troyes et Chaumont et un axe Nord-sud Troyes-Vatry-TGV abandonné depuis longtemps.
La partie de la liaison avec Paris, entre Montereau et Troyes, est en très mauvais état et le parcours entre Troyes et Paris mériterait plus de dessertes directes et un meilleur service pour éviter des retards quasi quotidiens. Il convient également de noter que Troyes et l’Aube ne sont pas reliés au réseau à grande vitesse, handicap majeur au développement économique du département.
La recherche de solutions pour un raccordement au réseau T.G.V. interconnecté est une préoccupation constante des milieux économiques (la CCI de l’Aube en particulier) depuis l’abandon de la liaison Nord-sud.
M. Gaillard. - Abandon fâcheux !
M. Adnot. - Il en est de même pour la mise en place de liaisons rapides avec Vatry et le sud de l’Aube.
De plus, l’axe Paris-Bâle, subit depuis plusieurs années une diminution de l’offre, la S.N.C.F. sectionnant et sectorisant le parcours. Il en résulte moins de trains avec une durée de trajet plus longue qu’il y a dix ans. Et des trains « Corail » disparaissent, ils sont remplacés partiellement par des trains express régionaux lesquels, comme leur nom l’indique, ne sont adaptés qu’au transport régional, très précisément entre Paris et Chaumont. C’est dommageable à l’Aube et à la Haute-Marne et à leurs échanges économiques.
Pourquoi l’électrification entre Gretz-Armainvilliers et Culmont-Chalindrey puis de Chaudenay à Belfort, promise au contrat de plan Etat-région n’est-elle pas en cours de réalisation ? Il reste à confirmer la décision de principe de poursuivre l’électrification de Paris à Bâle et à convaincre la S.N.C.F. et Réseau ferré de France de moderniser en liaison Paris Chaumont. Il semble que la S.N.C.F. reconnaisse un avenir à cette ligne pour des liaisons fret, d’autant plus qu’à l’échelle européenne, elle peut constituer un axe majeur reliant l’Est de l’Europe à Paris via Troyes, Chaumont et Bâle.
Quelle politique le gouvernement entend- il mettre en œuvre pour que l’Aube bénéficie d’une logistique ferroviaire adaptée à destination de Paris, de Bâle et du TGV-Est ?
M. Gaillard. - Excellente question !
Vous pouvez lire ici le texte de l’intervention de monsieur Pointereau et vous verrez que seuls, quelques mots, doivent être changé...
Voilà... Ce n’est pas simple ça ?
Alors au lieu de vous épuiser à vouloir casser du Baroin pendant que celui-ci vous regarde de sa hauteur, à taper sur Bachy ou à « chercher un projet phare » pour le prochain contrat de plan Etat-région ; de faire des déclarations pitoyables du genre « J’ai demandé aux différentes commissions de travailler sur le sujet. J’ai ma petite idée mais comme je suis un président démocratique (vous voyez, vous progressez...) je ne veux rien dire avant d’avoir pris connaissance de leur travail » Sic !... Il faut agir maintenant Votre Majesté !
Sans vouloir faire de lèse-majesté ou risquer un procès pour injure, j’aimerais quand même vous rappeler que le projet phare du dernier contrat Etat-Région était « l’électrification de la ligne Paris-Bâle »...
Le projet phare pour l’Aube ! mais il est tellement évident Votre majesté qu’un écolier de sixième vous le soufflerait. Et si vos collègues du Conseil général doivent se réunir en commission pour le découvrir c’est qu’ils ne comprennent plus rien à l’Aube.
Il faut EXIGER, je dis bien EXIGER pas demander, pas mendier, pas supplier ; EXIGER que la ligne Paris-Bâle soit électrifiée et que la liaison nord-sud de Troyes à Vatry vers le TGV soit construite.
Ou alors cela prouverait que vous êtes soit un incapable soit quelqu’un qui se tape de l’avenir de l’Aube... Mais ce n’est pas vrai, n’est-ce-pas, Votre Majesté ! Non, ce n’est pas vrai...
Ce n’est pas compliqué ça ! Il faut agir maintenant...
Voilà, c’est fini pour aujourd’hui Votre majesté, à bientôt...
J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.










