Succès pour les défenseurs de Troyes, François Baroin décide de faire remanier le projet de la "maison du tourisme".
Ça ressemble un peu à de la manipulation…
A lire les articles de l’assemblée générale de l’ASAT dans la presse locale, on en viendrait à penser que cette association, en s’opposant au projet de maison du tourisme de la ville de Troyes, a obtenu une évolution de celui-ci... Curieuse interprétation qui ne résiste pas à une analyse sérieuse et à l’examen des faits...
C’est L’ARPEHD dirigé par Gérard Nayrac qui a obtenu ce succès.
Soudain l’ASAT se réveille et s’oppose au projet de la ville de Troyes.
Curieux compte-rendu de l’assemblée générale de l’ASAT (association sauvegarde et avenir de Troyes) dans la presse quotidienne départementale. À propos de la maison du tourisme, les articles semblent montrer que l’association de défense est en première ligne pour s’opposer au projet et qu’elle est en passe d’obtenir de la mairie de Troyes, une évolution significative de celui-ci. A priori, cette nouvelle ne peut que rassurer ceux qui veulent défendre la cité troyenne et son secteur sauvegardé, il faut pourtant rester prudent dans les interprétations…
Lors de son rapport moral, Pascal Thomas, président en titre de l’ASAT, a longuement attaqué le projet de la municipalité. Bertrand Chevallier, l’adjoint à l’urbanisme de Troyes lui a répondu en affirmant que le projet pouvait encore évoluer. Aux yeux de tous, aux yeux au moins de ceux qui ne lisent que la presse papier, l’ASAT a obtenu le recul de la mairie de Troyes sur un projet éminemment contestable. Très bien…
Un projet initialement soutenu par tous… Tous sauf Philippe Beury !
Très bien sauf que c’est faux… Le projet de la nouvelle maison de tourisme avait été présenté une première fois au cours du conseil municipal de Troyes le 25 avril 2008, ce fut l’occasion pour Philippe Beury de faire sa première intervention significative devant le conseil municipal fraichement élu.
Le conseiller municipal MoDem reprochait au projet d’être un pastiche, une création ex nihilo d’une maison du XVIe siècle alors que l’ancienne « Halte Garderie » était une maison composite possédant des éléments significatifs des XVIIe et XVIIIe siècle, époques où il n’y avait plus de ferme d’avant-corps à Troyes « Le projet qu’on nous propose plus qu’une anastylose est une conjecture qui effacerait définitivement la réalité historique de ce bâtiment, le transformant en pastiche du XVIe siècle troyen » et Philippe Beury demandait au conseil qu’on revienne à un projet plus authentique respectant en particulier la charte internationale de Cracovie qui dit « la reconstruction de parties entières "dans le style de l’immeuble" doit être évitée. La reconstruction de parties limitées ayant une signification architecturale peut être acceptée, à titre exceptionnel, à condition d’être basée sur une documentation précise et indiscutable ». Maison du tourisme : patrimoine ou pastiche ?
Bien que cette intervention soit relayée, à l’époque, par la presse locale, elle ne fut pas suivie d’effet. Le projet fut adopté par le conseil municipal et suivait son cours.
L’avis de l’ASAT, demandé par la municipalité, était, à l’époque, plutôt positif, l’ancienne présidente, Elisabeth Jonquet, semblant approuver le projet malgré, il faut le dire, l’opposition de la majorité de son conseil d’administration.
L’ARPEHD s’empare du dossier.
C’est l’ARPEHD, présidé par Gérard Nayrac, qui prit en main le dossier. Son argumentation différait un peu de celle de Philippe BEURY (lui-même membre de l’association).
L’ARPEHD critiquait surtout la partie contemporaine du bâtiment : le bloc d’entrée et d’ascenseur. « Le projet de maison du tourisme, située à la halte garderie Saint-Jean, ne respecte pas le règlement du secteur sauvegardé. En effet, ce projet prévoit l’adjonction d’une grande cage d’ascenseur à l’extérieur et d’une véranda à l’arrière du bâtiment. »
L’ARPHED a rapidement informé la mairie de ces irrégularités en rappelant les articles du règlement du secteur sauvegardé qui s’opposaient à la construction de telles adjonctions et elle se déclarait prête à ester en justice pour défendre l’application du PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur).
Les conseillers municipaux opposés au projet agissent en commission.
Parallèlement à ces actions de lobbying, certains conseillers municipaux sont intervenus, la semaine passée, lors des réunions de commissions de Troyes concernées par le projet.
À la réunion de la commission tourisme, présidée par Lise Patelli, Philippe Beury est longuement revenu sur ses réticences et sur celle de l’ARPEHD. « Est-il concevable que la ville de Troyes qui interdit aux particuliers et aux commerces du secteur sauvegardé de construire des terrasses, s’autorise, elle, à mettre une verrière contemporaine et un ascenseur visible à l’entrée du quartier Saint-Jean ? »
Réserves relayées par Françoise Delplanque à la commission environnement, présidée par Marc Bret, la conseillère écologiste contestant la façon d’appliquer les principes HQE dans ce bâtiment.
Philippe BEURY prévenait d’ailleurs les élus troyens « Si vous vous entêtez, si vous ne voulez pas écouter les critiques… Au final votre projet sera annulé par le tribunal administratif et vous aurez perdu deux ans… Ne faites pas comme Philippe Adnot qui, s’entêtant pour son hôtel du département, ne voulant écouter personne, se retrouve trois ans après avec un projet au point mort… »
François Baroin reprend le dossier…
Ces critiques, les interrogations qu’elles soulevèrent tant chez certains conseillers municipaux de la majorité que chez des fonctionnaires municipaux, alertèrent François Baroin qui, le lundi 16 mars, organisait une réunion de concertation avec l’ARPEHD.
Le maire fut très attentif aux critiques de l’ARPEHD, ouvert à la discussion et au dialogue.
Finalement il sembla admettre que le projet ne pourrait pas continuer ainsi. À la suite de cette entrevue, le traitement contemporain semble avoir été abandonné. Un traitement dans le respect de l’homogénéité de l’îlot sera demandé aux architectes.
Pascal Thomas a sans doute été prévenu de ce changement d’attitude du maire. C’est pour cette raison qu’il a largement critiqué le projet jeudi dernier, désirant probablement obtenir le crédit de la décision du premier magistrat de Troyes. Nous avons vu qu’il n’en est rien.
La ville de Troyes sera plus belle, François Baroin prouve son ouverture d’esprit...
L’action d’une association comme l’ARPEHD qui a travaillé sérieusement sur le dossier aussi bien « urbanistiquement » que « juridiquement » est un succès.
Les conseillers municipaux de l’opposition prouvent ici qu’avec une solide argumentation et une bonne détermination, on peut se faire entendre de la majorité.
Le maire de Troyes fait montre ici d’une réelle ouverture dont on ne peut que se louer.
C’est la première fois qu’une concertation aboutit à un tel résultat. Nul ne doute que le projet final sera plus conforme à l’originalité de Troyes et à l’intérêt de tous.
C’est un succès pour l’ARPEHD, c’est un succès pour Philippe Beury et Françoise Delplanque, c’est aussi un succès pour François Baroin et pour la démocratie participative à Troyes.
| Dommage par contre que le presse-papier n’ait pas su ou pas voulu voir la réalité de ce dossier, tombant dans le piège grossier de ceux qui n’ont rien fait mais qui veulent cueillir les fruits du travail des autres… |

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