Solidarité. Ce mot a-t-il encore un sens ? A écouter les conversations de comptoir, ou de dimanche midi bien arrosé , à lire les papiers de la presse quotidienne départementale, on se dit qu’il y a de quoi se poser la question.
Ce matin dans Libé Champagne, je tombe sur un titre "Sous surveillance durant un mois". Mon sang ne fait qu’un tour. Surveillance ? caméra ? Voyons voir. Je lis en diagonale. Nada, pas de caméras. Mais des mots qui attirent mon attention : Jacky Morin (m’sieur Sécurité à Troyes).... nuisances... problèmes... téléphoner si difficultés...la police municipale se déplacera... appels ça parle du Foyer Nouvel Objectif. Et c’est quoi les "problèmes" ? la suite du papier est ambigue mais édifiante.
On y apprend d’abord qu’il y a une limite de cinq personnes accueillies avec leurs animaux de compagnie (sic). Ca c’est pour les punks-à-chiens. Que "le Nouvel Objectif reconnaît un taux d’échec de 21 %". Il est donc d’emblée fautif. Et qu’ il accueille 64 personnes. Vient la question qui tue "Mais tous relèvent-ils du foyer ?". Ah ben oui, vous savez les "fraudeurs" ceux à qui il faut faire la chasse... Réponse du journaliste ou transmise par lui " Il apparaît que non. En particulier, il (note de moi le Foyer) n’est pas en mesure de gérer les problèmes d’alcoolisme ". Quouâaaa aurait dit Coluche y’a des mecs y sont pas capables d’empêcher des mecs de boire. Quouâââ ?
La clé de l’histoire arrive dans le paragraphe suivant : Il (le Foyer) ne peut pas imposer d’heure de rentrée : « Ce sont des adultes. Ce n’est pas une prison » explique un responsable. Oui mais, disent les quatre riverains qui ont pris la peine de se déplacer... y a un portail qui reste ouvert. Insupportable les gars ne sont pas enfermés de 8H le soir à 8H le lendemain matin. Heureusement, écrit le journaliste "’il (le portail) serait en cours d’automatisation, pour ne s’ouvrir qu’avec un Bip". Ouf ! on respire.
Portail ou pas, les riverains eux voudraient un "régime militaire" et ils ont leuirs raisons, que la raison ne peut pas comprendre. Jugez plutôt « Vous dites qu’il n’y a pas plus d’insécurité ici qu’ailleurs, ratiocine une dame. D’insécurité, non. Mais nous ne sommes pas en tranquillité non plus. Même si la musique, c’est jusqu’à minuit et demi, et pas toute la nuit, comme dans le 93, c’est une violence contre mon sommeil ». Une autre personne qui a quitté le quartier explique qu’elle a été cambriolée, comme ailleurs. "Quand j’ai appelé la police, on m’a dit : ah, oui, le quartier des puent -la-pisse… Ma fille de 14 ans s’est fait chahuter à un arrêt de bus. Je devais la conduire au collège en voiture. J’ai renoncé ». La guillotine moi j’demanderai à sa place, non mais.... sans blaaaagues !
Oh, hé ! mais dans quel monde veulent-ils vivre ? faut arrêter là ! Y’a pas de société sans risques. Y’a pas de long fleuve tranquille. Le meilleur moyen de minimiser la violence, c’est pas de reléguer les cassés d’la vie dans des bagnes parce qu’ils gâchent le rêve en toc de ceux qui ont troqué leurs utopies contre des crédits. C’est de les aider, de leur laisser une chance de se refaire. C’est de leur parler, de leur tendre la main, une fois. Parce que demain, quand les classes moyennes iront à la soupe populaire, ce sera votre tour d’attendre un peu de solidarité. A vot’ bon coeur m’sieur dames....









