Pour renouveler les postes de Philippe Adnot et de Yann Gaillard, quelques un seulement des Aubois devront se déplacer le 21 septembre 2008 pour désigner nos représentants au Sénat. Sur ce site Toto a déjà très bien expliqué le mode de scrutin. Ce poste est envié par les politiques, car il permet, outre les indemnités, de disposer de trois attachés parlementaires. Il devrait y avoir de quoi étudier les dossiers à fond, sans subir d’influence subjective.
Ou du moins, cela devrait être possible. En effet en matière d’environnement nos deux représentants au Sénat n’ont pas brillés par leur indépendance d’esprit lors de la loi OGM, le président du Conseil général y voyant le risque que nous perdions de la compétitivité en matière de recherche, minimisant à outrance le risque de dissémination. Et malgré ses positions très à droite de la droite, comme sur le recours sur succession pour l’APA [1] c’est le grand favori.
Car à droite le poste de Yann Gaillard est convoité par l’ex-suppléant d’Adnot, Bernard de la Hamayde, vice-président du Conseil général chargé des affaires sociales, affublé de son compère Nicolas Juillet, très lié au lobby agro-industriel aubois. Cela n’est pas joué car il semble que François Baroin va plus que soutenir Yann Gaillard. Bref, il va y avoir du "sport électoral" en perspective.
Y a-t-il pour autant une petite place pour la gauche ? Ce n’est pas sûr car ce sont les grands électeurs qui élisent les sénateurs et dans notre petit département, les maires et conseillers des grosses communes représentent un corps électoral très conservateur. Il n’y a une chance que si les candidats sont connus, avec des "profils de vainqueurs", et si la gauche est rassemblée derrière avec une campagne dynamique qui suscite l’espoir. Ces conditions ne semblent pas remplies. Si le PS dispose du tandem Daniel Lebeau-Line Bret qui a la notoriété suffisante, il semble que des candidats PC devraient se présenter. D’où un risque d’éparpillement des voix de gauche, d’autant que le deuxième tandem socialiste, Marc Pavot-Véronique Heuillard est peu connu.
Reste encore à savoir s’il n’y aura pas un tandem Modem, ou Vert ou Frontiste, ce qui disperserais encore plus les voix alternatives.
Là encore, la gauche auboise risque de souffrir de sa non capacité à se rassembler. Un tandem D.Lebeau-M.F.Pautras ou un autre L.Bret-J.M.Massin aurait ouvert le jeu, d’autant que ces quatre là se connaissent et ont la capacité de travailler ensemble. Et pourquoi pas un tandem Yves Fournier avec Olivier Girardin ? Même si la parité n’y était pas, il y aurait eu d’avantage de ruralité nécessaire vu le mode de scrutin. D’autres noms connus auraient pu être choisis pour un "quartet alternatif" : Arnaud, Mathieu, Triché ou encore Danilo… mais encore aurait-il fallu penser plus collectif.
Nous attendons quand même les arguments des uns et des autres, pour nous montrer que les candidatures de gauche seront plus que des candidatures de figuration. Philippe Adnot a déjà envoyé sa prose. Ça sent la "nèo-féodalité" à plein nez, rappelant à chacun l’argent qu’il a reçu au titre des subventions… ça va donc être très difficile dans ce département où on a laissé les élus issus ou liés au monde agricole mettre la main sur les leviers du pouvoir.
Face à ce rouleau compresseur, les prétendants de gauche sauront-ils inventer une campagne qui dénonce cet état de dépendance ? Proposeront-ils l’autonomie financière aux petits, plutôt que le subventionnement obligatoire qui lie les mains et oriente les pensées ?
Bref, sauront-ils faire entendre la voie de la différence démocratique ?
[1] Allocation octroyée par les conseils généraux aux personnes âgées dépendantes










