Ce dossier dont on parle dans le département depuis près de 40 ans est enfin en train d’avancer à grands pas. Comme nous vous l’avions précédemment annoncé dans nos colonnes, monsieur Pierre Verdeaux avait été chargé par le secrétaire d’état aux transports d’une mission d’étude sur la faisabilité et la rentabilité d’un tel projet. La mission est terminée et sera remise sur le bureau du secrétaire d’état cette semaine
Pierre Verdeaux a démarré sa mission en mai 2008. Cette semaine il en remettra les résultats directement à Domique Bussereaux. Les résultats sont prometteurs. Tout d’abord sur la faisabilité. Le coût total estimé pour la mise à grand gabarit jusqu’à Nogent est de l’ordre de 150 millions d’euros. Si dans l’absolu la somme peut paraître importante, elle ne l’est pas au regard de ce type de travaux. En réalité ces 150 millions d’euros correspondent principalement à l’élargissement du canal en utilisant les fameux casiers, creusés par le département lors de la construction de la centrale nucléaire de Nogent, la transformation du barrage de Beaulieu, ainsi que la réalisation d’une écluse au niveau de la Bassée (Seine et Marne). Il faudra également trouver environ 80 millions supplémentaires pour refaire deux écluses en aval de cette partie de canal afin de les reconstruire pour les amener au gabarit 3000 tonnes. Lorsque l’on compare par exemple au coût de réalisation du parking Libération à Troyes (près de 50 millions d’euros), on se dit que le coût total ne parait pas si démesuré et que des financements croisés état collectivités locales devraient rapidement aboutir.
Un projet dont la rentabilté immédiate est prouvée
Sur la rentabilité, il apparaît qu’une modification de la tarification dans des niveaux raisonnables, permettrait d’autofinancer peut être un tiers du coût total (des 150 millions) au regard des perspectives d’augmentation de trafic. Rappelons que le port de Nogent dépasserait immédiatement les 500 000 tonnes et que son activité atteindrait en quelques années le million de tonnes. Il faut dire qu’à ce niveau de l’étude, la mobilisation des acteurs économiques avec la création de l’association « Seine 3000 tonnes » (que Monsieur Verdeaux a rencontré à trois reprises) a apporté beaucoup de poids à l’étude. Il ne s’agit pas là de perspectives possible de développement mais bien d’un lobby industriel qui a travaillé pour poser des chiffres réalistes. Cette association dans l’Aube regroupe bien évidement des acteurs majeurs du monde agricole que sont Le groupe Soufflet et Nouricia, des activités du granulat dans l’Aube et Seine et Marne, mais aussi des industriels de Troyes (Mefro, Eurodif et autres) intéressés par le conteneurisation. Signe des temps des acteurs économiques actuels installés en aval sur la partie déjà à 3000 tonnes (tel Valfrance), ont rejoint l’association. Leur intérêt est aussi celui du développement amont. Qui dit ouverture plus longue du format à 3000 tonnes dit aussi augmentation du trafic donc intérêt de nouveaux bateliers, donc plus de concurrence, donc baisse des prix. Q’en est-il exactement ? Le coût actuel est de 5 à 6 euros la tonne entre Melun et Rouen (contre 14 € minimum en ferroviaire). Ce prix pourrait encore baisser avec l’augmentation du trafic. Même des ports comme le port autonome de Rouen ont fait connaître à l’association leur désir d’adhérer à l’association. Des industriels rémois sont également intéressés par le projet !
Maintenant la balle est dans le camp des politiques
Maintenant, une véritable mobilisation des politiques s’impose. Christian Jacob, le maire de Provins est déjà très actif sur le dossier, Gérard Menuel et Gérard Ancelin ont également participé aux réunions de travail avec monsieur Verdeaux, mais ils paraissent bien isolés, c’est à nos parlementaires départementaux et régionaux de s’y coller. Le dossier requiert à présent une mobilisation complète des décideurs politiques de la région. Le grenelle de l’environnement va dans le sens du projet, l’étude de faisabilité et l’étude économique plaident pour une réalisation rapide. Ne manquent à présent que la volonté politique commune pour que ce projet soit définitivement adopté et que sa réalisation intervienne à très court terme. On parle de 5 ans. Alors faisons fi des divergences de couleur politiques. Evitions les approches désordonnées, comme on a pu les voir dans le passé pour l’électrification du Paris Bâle. Cela va se décider dans les semaines qui viennent. Tous les voyants sont au vert. Si cette réalisation était repoussé aux calendes grecques ou à horizon de 10 ou 20 ans, nos politiques porteraient une grave responsabilité dans la non réalisation d’une infrastructure majeure pour le développement de notre département !!!










