« Devant l’infamie des rumeurs qui circulent à mon sujet, je tiens à prendre la parole pour confirmer à mes patients qu’effectivement je cesserai mon activité médicale à La Chapelle St Luc le 13 juillet 2007 en les assurant que je trouverai la force de continuer jusque là. Tout le monde a assisté à mon lynchage public et en direct dans cette ville. Je perds tout, même mon outil de travail dans l’indifférence générale. Il n’y a plus de médecin dans la ZUP de La Chapelle St Luc. » La lettre que nous a envoyée le docteur Locatelli est une lettre désespérée… Poussée à la démission de son poste d’adjoint au maire puis au départ de son cabinet, Joëlle Locatelli crie au secours. Cris dans le désert non relayés par les médias officiels d’après elle. Il faut reconnaître que ses propos peuvent paraître excessifs, parfois diffamatoires… C’est la réaction d’une femme désespérée, bafouée, humiliée, contrainte au départ… Essayons d’y voir un peu plus clair dans ce dossier…
Il s’en passe de belles à la Chapelle. Voilà qu’après la démission d’un adjoint (Histoire d’un évincement), on apprend que le docteur Locatelli, élu depuis de nombreuses années, est en bisbille avec Yves Rehn et se voit obligé de quitter la région.... Résultat : plus de médecin à la ZUP de la Chapelle-Saint-Luc ! Plus de médecin pour 11500 habitants ! Cela semble quand même extraordinaire.
27 ans d’exercice professionnel à la satisfaction de tous.
Joëlle LOCATELLI est installée à la Chapelle-Saint-Luc depuis 27 ans. Un bail… De quoi bien connaître la population et ses problèmes ; de quoi être bien intégrée ! Une grosse clientèle, des amis… Tout allait très bien jusqu’au jour où elle décide de s’investir dans la vie municipale.
Une action remarquée à la municipalité de La-Chapelle-Saint-Luc.
Ses premiers mandats se déroulent sans problème. Naturellement, le Dr Locatelli prend en charge les dossiers sociaux qu’elle connaît bien. « Quand j’ai pris la décision de m’investir pour la deuxième fois dans la vie communale, j’y suis allée dans l’objectif unique d’y travailler dans un domaine que je connais bien. Tout le monde sait que si j’avais passé le temps municipal à mon cabinet, j’aurais gagné plus de fric ; mes intentions n’étaient pas financières. Elles n’étaient pas non plus dans un gain de pouvoir ou de notoriété. » Elle passe cinq ans à la tête du CMAS de La Chapelle où son action est complimentée par tous. Mais les choses se gâtent « Mes difficultés professionnelles ont commencé après ma démission de mes fonctions électives, le 14 novembre 2006 où le maire de la Chapelle St Luc s’est permis de louanger publiquement mon action depuis cinq ans au sein du CMAS de la ville attribuant ma démission à des problèmes personnels qui ne sont absolument pas entrés en compte dans celle-ci. Quand j’ai eu le courage de lui écrire ce que je pensais de lui et de ses tartufferies, mes problèmes ont commencé. Ses intentions étaient de me mettre sur la touche, de reprendre la main sur les actions sociales ce qui est « porteur » électoralement mais surtout que je reste sur la photo pour racoler les électeurs, la potiche de service ! »
Bisbilles à la Chapelle...
« Quand le Maire a enlevé à Jean-Louis Defontaine ses délégations, il nous a dit après qu’il allait lui faire « couper » ses subventions à la CAT, et qu’il allait lui créer des problèmes de légalité avec la préfecture ?!...Sommes-nous encore dans un état de droit ? »
« Il a procédé de la même façon à mon égard, en faisant un signalement à la DRASS dans le but évident de me créer des problèmes professionnels… »
Le docteur LOCATELLI reproche au maire de La Chapelle son investissement dans le projet de refonte du centre commercial du « Cygne ». Investissement qu’elle estime non dénué d’arrière-pensées financières... Le docteur Locatelli n’hésite pas à parler de « Prise illégale d’intérêts »… Grave accusations que nous ne pouvons pas confirmer actuellement. Elle dénonce une « belle réalisation de la Z.F.U. sur le terrain au profit de l’élu ! ».
« J’ai fait lire par la conseillère municipale Mme Chartier, que je demandais ma mise en examen puisque après ma démission de maire-adjoint, j’ai appris que j’avais fonctionné en illégalité à la mairie de 2004 à 2006 « Gestion de fait ! »
Graves accusations encore, cette fois du côté du maire. Madame Locatelli répond qu’elle n’aurait pas eu ce problème si on avait nommé, comme elle le demandait, un directeur de CMAS. Mais, seule, « j’ai du donc gérer 95 personnes au CMAS de la CHAPELLE ST LUC, ce qui illégal. »
Des noms d’oiseaux.
Ainsi à la municipalité de La-Chapelle, on s’envoie des noms d’oiseaux ; pire, on se reproche des choses graves, très graves… « Prise illégale d’intérêt » d’un côté ; « Gestion de fait » de l’autre… Tout cela pourrait se terminer en justice avec, au minimum, des mises en causes pour diffamations.
Avec des accusations aussi graves d’un côté comme de l’autre, avec la fougue qui caractérise les propos du médecin, on ne peut s’étonner que les médias locaux n’aient pas relaté cela avec précision. Mais, entre indépendance vis à vis d’un conflit de « personnes » et nécessité de l’information, il faut reconnaître que les médias traditionnels ont été très frileux sur ce dossier. Résultats, pas un mot dans les journaux locaux de cette affaire.
Résumons
Pendant de nombreuses années, le docteur Locatelli est élu à la Chapelle-Saint-Luc à la satisfaction de tout le monde, y compris du maire.
Lors du projet de refonte du « Cygne » qui crée un groupe paramédical avec pharmacie, kiné et infirmières, le docteur Locatelli s’oppose à certains aspects de ce projet.
Elle démissionne de la mairie en novembre 2006.
De folles rumeurs circulent alors à la Chapelle mettant en cause la stabilité émotionnelle du médecin et son intégrité. On « découvre » alors que sa gestion du CMASS serait entachée de « Prise illégale d’intérêts ».
Aurait suivi une plainte contre le médecin à la DRASS de cinq personnes, que le docteur Locatelli accuse d’être des « fonctionnaires municipaux » et de travailler sur ordre.
Le docteur Locatelli réplique en multipliant les lettres au procureur de la République, au Préfet de l’Aube, au préfet de région, à la presse quotidienne départementale… Rien ne sort ! Aucune réaction.
Le docteur Locatelli accuse « l’omerta auboise ».
Epuisée par le conflit, déstabilisée professionnellement, elle décide de fermer son cabinet au mois de juillet 2007 et de quitter le département.
« Moi, qui est fait le plus sale boulot de l’agglomération pendant 27 ans ; je perds tout dans la plus grande indifférence générale ! Je n’ai aucune protection… Pas de parti politique, pas de syndicat professionnel, pas d’organisation latérale ! » « Peut-on jeter impunément le discrédit sur un médecin ? et si j’avais été libraire ? Il n’y a pas d’ordre des libraires ? Comment faire ? » Et les accusations continuent « Je ne suis pas d’une famille troyenne bourgeoise qui pourrait me soutenir... Je suis une femme en rupture ; le maire n’aurait jamais activé la machine qu’il a actionnée contre moi si j’avais été un médecin homme... C’est une honte absolue ! »
Conclusion provisoire.
« Je ferme mon cabinet le 13 juillet et vous tenterez de calmer la population qui est sous le choc de mon départ ! Vous vous débrouillerez avec les pauvres, pour leur dire pourquoi je pars. Avoir tenté d’être maire adjoint chargé du social dans la commune la plus pauvre de France !...et c’est moi qui perds tout ! Vous leur expliquerez tous ces silences et cette honte… »
Difficile d’y comprendre quelque chose dans ce dossier mais on voit mal comment de si graves accusations pourraient échapper à une conclusion judiciaire… Encore plus difficile de prendre parti même si le désespoir du docteur Locatelli appelle, au minimum, la compassion.
En tout cas, on peut dire que ce mandat d’Yves Rehn se termine curieusement. Deux démissions d’adjoints en quelques mois, cela fait beaucoup quand même. Les citoyens de la Chapelle ont le droit de savoir ce qu’il se passe réellement. Au moins pour comprendre comment la ZUP de la deuxième commune de l’Aube peut se retrouver, en juillet 2007, sans aucun médecin…










