Pris sur le site personnel de Philippe Beury, son analyse sur l’élection d’hier.
Les sondages ne disaient pas la vérité, François Bayrou avait raison de le dire… Puisqu’ils donnaient le MoDem au coude à coude avec Europe-Ecologie et que ma formation a été explosé en vol en ce dimanche pluvieux de juin…
Difficile pour des militants MoDem balloté par des vents contraire depuis le beau rêve de la présidentielle. Cette défaite est d’autant plus cinglante, d’autant plus dure à assumer qu’Europe-Ecologie a développé des thèmes dont le MoDem était encore le porteur il y a quelques mois. Voir José Bové parler des Etats-Unis d’Europe à la télévision a quelque chose d’extrêmement douloureux pour des militants qui, comme moi, travaillent depuis longtemps pour ce grand projet.
Comment le MoDem résolument démocrate, viscéralement Européen, fondamentalement proche de l’écologie a-t-il pu gâcher cette campagne dans des débats surréalistes et surannés. Comment avons-nous pu oublier l’Europe pour la laisser à d’autres ? Comment avons-nous pu, nous qui rêvons de réformer la politique française, tomber dans tous les pièges de ce qui se fait depuis longtemps ?
Comment avons-nous pu sombrer dans la politique politicienne et le besogneux quand des horizons plus grands et plus beaux s’ouvraient à nous ?
Comment avons-nous pu préférer la polémique à l’envergure, l’insulte à la réflexion, le repli sur soi à l’ouverture aux autres ?
Il faudra bien se poser la question.
Rajoutez à cela la fraîcheur de la campagne d’Europe-Ecologie, cette puissance de l’espérance, cette joie un peu naïve de leur fameux « Lipdub » qu’on jugeait ridicule et « boy-scout » dans nos partis dépassés… Rajoutez à cela un renouvellement des hommes réussis par ces mêmes listes, une confiance dans tous… Rajouter à cela la candeur, la fraîcheur… Ils ont fait une sacrée campagne quand même… Et nous, nous avons vraiment merdé !
Ce n’est pas seulement François Bayrou qui est en cause… Au sein de chaque fédération nous avons nos responsabilités, à force de vouloir courir au succès sans chercher le citoyen. Et la claque de ce 7 juin est au moins une bonne nouvelle pour la politique… A force de prendre les électeurs pour des imbéciles, on se brule les doigts…
Raison de plus pour avancer, raison de plus pour redécouvrir nos « fondamentaux » raison de plus pour espérer car il y a, dans ce que nous pensons, dans ce que nous vivons, dans ce que nous essayons de faire sur le terrain, tout ce qu’il faut pour espérer et pour gagner.
L’avenir du MoDem dépendra des capacités de François Bayrou à décoder ce scrutin, il dépendra aussi du courage des militants, de notre courage, pour repartir au travail sans redouter de « changer » pour renaître…
En parlera-t-on à Paris, à Troyes ou à Pont-Sainte-Marie ou (comme les socialiste qui de 21 avril en 6 mai puis en 7 juin refont toujours les mêmes erreurs, redisent toujours la même chose) s’enfermera-t-on dans la certitude d’avoir raison contre tous ? L’avenir le dira… Bel avenir pour les hommes de bonne volonté !
Un jour le printemps viendra !









