L'article

21
févr
2009

Provins en Champagne ? Pourquoi pas...

La disparition des départements, « Balladur horibilis » pour Adnot, viendra-t-elle assez tôt pour éviter à Phiphi de construire son horreur personnelle…

J’avais déjà une bonne image de la commission Balladur chargé de la réforme des collectivités territoriales. Non que j’ai une admiration féroce pour l’onctueuse éminence ! La façon dont il a, jadis, gaspillé ses chances pour la présidentielle me reste en mémoire… et ses manières Louis quinzième sans l’intelligence de Giscard (celui-là je continue à l’admirer, mais ne le dites pas, ça pourrait me nuire !) me laisse un peu sur ma faim. L’homme est un peu trop gros, un peu trop sûr de lui, un peu trop loin du peuple pour susciter la passion mais la tâche qui lui était confié par le « Président de tous les Français » était tout à fait intéressante… Réformer les collectivités territoriales « Vaste programme » aurait dit de Gaule [1] ; « Vaste programme » mais passage obligé, épreuve obligatoire si l’on veut permettre à la France d’affronter, au mieux, les combats du XXIe siècle.

Le dossier n’est pas neuf, la question « Y a-t-il un échelon administratif de trop en France ? » faisait déjà partie des documents de campagne législative de mon père en… 1969 ! « Qui va piano va sano » disent les ultras alpins…

Donc si le sujet m’intéressait, l’homme à la tête du comité Théodule ne m’inspirait pas trop. Mais quand j’ai vu Philippe Ier de Rhèges, le très respectable président du Conseil général, lancer ses foudres contre les résultats de ses travaux, je ne pus m’empêcher de regarder l’onctueux président avec plus d’empathie. Un rapport critiqué à ce point par Philippe Ier de Rhèges ne peut être complètement mauvais… On se souvient que Phiphi appelait, début janvier, les maires de l’Aube à entrer en résistance contre cet odieux projet… « Ne vous laissez pas faire » lançait-il !

Tout ça parce que le comité Théodule suscité, avait soudain découvert que les département et les régions faisaient souvent double emploi, que cela compliquait le fonctionnement administratif, multipliait les financements croisées, donnait à chaque potentat local l’occasion de bâtir qui son extension du Conseil général, qui son auditorium personnel (nous on a eu les deux, avec la tentation de l’hideux par-dessus tout) et purgeait les finances publiques à coup de réceptions, de cellules de travail, d’audits et de petits-fours… Le comité veut donc faire disparaître les départements, super ! Souhaitons-lui bonne chance comme on dit « Merde » au type qui va combattre les lions avec un trident dans l’arène, tant la tâche paraît difficile à réaliser…

Dans mes grandes soirées de rêve, j’imaginais déjà le glas sonnant pour les délires architecturaux de nos édiles départementaux, vaincus non par le gong mais par la modernité.

Donc cette commission me plaisait déjà quand un mien ami, lecteur assidu du « Figaro » me signalaient un article du 20 février où elle faisait d’autres propositions intéressantes. Son but étant de réduire le nombre de régions à quinze pour pouvoir lutter, si ce n’est à armes égales, tout au moins à dimension comparable avec les länder germaniques. Dans cette optique on veut réunir les deux Normandie, unifier la Bretagne ou rassembler L’Alsace et la Lorraine ou le Poitou-Charentes et l’Aquitaine… Tout cela je m’en moquais un peu comme de ma première petite culotte… Mais une phrase m’interpella dans ce touffu dossier, la commission voudrait détacher la Seine-et-Marne de la région Ile-de-France pour l’unir à La Champagne-Ardenne car ces zones sont « moins tournées vers l’Ile-de-France que vers la Champagne »… Alors là mon âme d’historien unie à mon esprit chauvin poussa un sarkocorico de joie ! Réunir Provins et Troyes, rassembler enfin les deux capitales historiques de la Champagne, étendre notre aire d’influence vers le sud-ouest… « Il en fut ainsi. Balladur vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour… »

Que Phiphi se rassure, l’œuvre n’est pas accomplie, mais en bonne voie ! Espérons que cela aboutisse, ce serait un bien pour notre région. Philippe Ier de Rhèges aura sûrement du mal à faire passer la grosse commission mais après ça ira mieux, promis !

notes :

[1] On se souvient que de Gaule voyageant en DS pour se rendre à Colombey, avait vu, badigeonné sur un mur de Bar-sur-Aube, l’inscription « Mort aux cons », « Vaste programme » s’écria le grand homme.



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Les commentaires (8)

Provins en Champagne ? Pourquoi pas...
  • Commentaire 30311 Clovis
    le 21 février 2009  à 08:44

    D’où l’exquise expression reprise par Nicolae 1er : casse-toi pauv’con...

    Un programme de rééducation civique s’imposerait-il à cette noble personnalité ?

    Certainement.

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  • Commentaire 30313 2pasag the papoteur
    le 21 février 2009  à 10:02

    Sachez quand même que votre cocorico baladurien, n’est pas spécialement partagé par l’est de la Seine et Marne. Nous ne désirons nullement nous retrouver en Champagne et surtout nous voulons conserver notre département 77 dans la grande couronne. J’espère moi et d’autre que cela ne verra pas le jour et que la gauche ne donnera pas son accord à cette magouille politicarde.

    http://papotagebriard.canalblog.com

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  • Commentaire 30321 forum
    le 21 février 2009  à 19:43

    provins en champagne oui bien sur..

    mais vraiment laisser ailleurs les ardennes sans aucun lien culturel ou pratiques avec troyes...

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  • Commentaire 30323 une rapportée
    le 21 février 2009  à 22:15

    Je ne connais pas bien l’histoire de cette région, mais l’Aube ou une partie de l’Aube n’a-t-elle finalement pas plus de liens historique avec la Bourgogne ?

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  • Commentaire 30345 junioricus
    le 23 février 2009  à 11:41

    Pas facile mais effectivement la Seine-et-Marne (la Brie du moins) est plus historiquement, culturellement et géographiquement en Champagne. Toute la Brie (incluant Meaux et Provins) sont dans les vastes plaines champenoises. Ce sont deux grandes villes vassales des comtes de Champagne. Mais comment le faire entendre aujourd’hui à des personnes qui se prennent pour des parisiens...

    Maintenant les Ardennes ou l’Aube, les frontières de l’époque étaient bien différentes. Le sud des Ardennes est bien lié à la Champagne (Rethel, Mouzon...). Le sud de l’Aube, à partir de Bar-sur-Seine était autrefois en Bourgogne (la borne existe encore sur place à hauteur de Bourguignon). Le paysage du sud de l’Aube est plus bourguignon que champenois et plusieurs villages portent les armoiries de Bourgogne, comme Landreville.

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  • Commentaire 30367 limiton
    le 24 février 2009  à 11:21

    un c/c peut toujours aider ;

    Si je me souviens bien, notre ancien président de la cci voulait bien se raprocher des burgondes qui sont aux portes de bar sur seine.

    Les romains avaient nommé notre région la campanie en souvenir de leur campanie romaine formée en partie de terres calcaires.
    Vive le retour au myen âge et Troyes pourra à nouveau postuler au patrimoine mondial avrc provins dans son giron !

    Le nom de Campania apparaît au VIe siècle pour désigner la plaine de craie qui s’étend depuis l’Aisne au nord jusqu’à la forêt d’Othe au sud. La Champagne est divisée en plusieurs cités ou diocèses que se partagent les héritiers de Clovis. Unies entre 511 et 558 sous l’autorité du roi de Reims dans une vaste Austrasie qui englobait aussi Sens et Langres, les villes de Reims, Châlons et Troyes appartiennent ensuite à des royaumes différents. Reims et Châlons se retrouvent à partir de 561 dans une Austrasie dont la capitale est Metz tandis que Troyes rejoint avec Sens, Langres et Meaux une Burgondie centrée sur Chalon-sur-Saône. De cette période datent les liens qui rapprochent Langres et Troyes de la Bourgogne, Reims et Châlons du royaume de France. Entre 575 et le milieu du VIIIe siècle, le duché de Champagne, formation politique imaginée par la reine Brunehaut pour contrer les ambitions de Chilpéric, couvre un vaste territoire qui s’étend au-delà des limites de la Champagne géographique.

    Ci-contre, Evangéliaire offert par Henri le Libéral à l’abbaye Saint-Loup de Troyes (v.1166-1174), lettre Q, Médiathèque de l’agglomération troyenne, Ms 2275 f.4 v°

    Formée de plusieurs comtés, la Champagne carolingienne tombe aux mains de la famille de Vermandois au début du Xe siècle avec Herbert II. Maître des comtés de Vermandois et de Soissons ainsi que des abbayes de Saint-Quentin et de Saint-Médard, Herbert II agrandit ce patrimoine familial des comtés de Meaux et de Laon tandis qu’il obtient pour son fils l’archevêché de Reims. A sa mort (943), ses enfants se partagent puis agrandissent les possessions. Liégeard, la fille aînée, obtient Provins. Herbert le Vieux, comte d’Omois et abbé laïque de Saint-Médard de Soissons, devient maître de Vitry et obtient la charge de comte du Palais, origine du titre de comte palatin que porteront plus tard les comtes de Champagne. Robert, comte de Meaux, devient par son mariage comte de Troyes, quant au cadet, Albert, il obtient le comté de Vermandois.

    Lorsqu’Herbert le Vieux meurt, vers 980-984, son héritage est partagé entre ses deux neveux : Herbert le Jeune, fils de Robert, reçoit Epernay, Vertus, Châlons et Vitry ; Eudes Ier, fils de Liégeard et du comte de Blois Thibaud le Tricheur, recueille le comté de Reims, celui de Château-Thierry ainsi que l’abbaye de Saint-Médard de Soissons. En 1022, l’union des territoires bléso-champenois est réalisée par Eudes II mais celui-ci doit abandonner la réalité du pouvoir sur Reims à l’archevêque. Ses successeurs seront contraints de faire des concessions identiques aux évêques de Châlons et de Meaux. Dès lors, les cités de Reims et de Châlons deviennent les principales soutiens du roi de France dans cette région.

    A la mort du comte Thibaut Ier, ses fils Etienne-Henri, Eudes et Hugues se partagent les possessions paternelles. Hugues, qui reçoit Troyes, Bar-sur-Aube, Vitry et Epernay, est le premier à porter le titre de comte de Champagne. Devenu templier (1125), son neveu, le comte de Blois Thibaut IV, réalise une dernière fois l’unité territoriale des pays du Val de Loire, de Champagne et de Brie. Lorsqu’il disparaît en 1152, son fils aîné, Henri le Libéral, sépare définitivement les territoires ligériens de la Champagne, laissant à ses frères Thibaut V et Etienne Ier les comtés de Blois et de Sancerre devenus économiquement secondaires avec le développement des rendez-vous commerciaux de Troyes, Provins, Lagny et Bar-sur-Aube.

    Le comté de Champagne comprend vingt-six châtellenies-prévôtés tenues en fief de l’empereur, du roi de France, du duc de Bourgogne, de l’abbé de Saint-Denis, des archevêques de Reims et de Sens et des évêques de Châlons et de Langres. Il s’agit des châtellenies de Meaux, Provins, Sézanne, Château-Thierry, Troyes, Saint-Florentin, Châtillon, Epernay, Vertus, Vitry, Bray, Montereau, Bar-sur-Aube, La Ferté-sur-Aube, Ervy-le-Châtel, Payns, Rosnay-l’Hôpital, Bussy-le-Château, Oulchy, Chantemerle, Montfélix, Pont-sur-Seine, Méry-sur-Seine, Coulommiers, Villemaur et Mareuil-sur-Aÿ. A la fin du XIIe siècle, le comté de Champagne s’agrandit de la châtellenie de Nogent-sur-Seine et, en septembre 1220, de celle de Sainte-Menehould. Les liens vassaliques à l’intérieur de ces différents territoires nous sont connues grâce au Rôle des fiefs du comté, rédigés entre 1172 et 1222 et premiers témoignages de la centralisation de l’administration comtale.

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  • Commentaire 30371 Rémois
    le 24 février 2009  à 16:35

    Je rigole !

    Pour une fois que Reims n’est pas concernée, ni chef-lieu de département, ni capitale administrative régionale.

    Reims tire son influence de son poids économique et commercial, de son université et de son CHRU, de son pôle judiciaire,...

    La réfome de la carte administrative de la France par la commission Balladur, au pire, pour Reims, le résultat c’est du pareil au même (rien ne change), au mieux c’est le JACKPOT !

    Imaginez : la région Picardie est démantelée, l’Aisne est rattachée à la région Champagne-Ardenne, Laon, Soissons et Château-Thierry dans la même région administrative que Reims...

    On parle ici de Provins et de l’Est du département de Seine-et-Marne...

    Que du bonheur !

    Je suis aux anges...

    Reims qui était un peu excentrée par rapport à la région va en devenir le futur centre géographique.

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  • Commentaire 30387 Antoine DB
    le 25 février 2009  à 15:28

    Je pense aussi assez nécessaire d’éliminer des strates administratives par trop nombreuses. Je crois également qu’il faille développer avec intelligence les interco, type communauté de communes (et non SIVOM ou SIVU).
    Toutefois, ces modifications ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel : comment les élus qui nous représenteront dans ces instances seront ils élus ?
    Selon moi, le conseiller régional est aujourd’hui par son mode d’élection, dans les mains de son parti, contrairement au conseiller général qui doit se faire élire sur son nom, et je crois que le deuxième mode d’élection est le meilleur en terme de démocratie.
    Les administrés savent à qui ils doivent s’adresser et ils savent qui sanctionner aux prochaines élections si rien ne bouge !

    Quand aux grands ensembles de métropole calqués sur le modèle parisienne, alors là c’est une énorme ’connerie’ ! Car aujourd’hui, il n’y a rien de moins démocratique que l’élection des conseillers de paris et du Maire de Paris !!!

    Le chantier est vaste et j’espère que des erreurs ne seront pas commises et que les bons choix seront faits.

    Antoine DB

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