La disparition des départements, « Balladur horibilis » pour Adnot, viendra-t-elle assez tôt pour éviter à Phiphi de construire son horreur personnelle…
J’avais déjà une bonne image de la commission Balladur chargé de la réforme des collectivités territoriales. Non que j’ai une admiration féroce pour l’onctueuse éminence ! La façon dont il a, jadis, gaspillé ses chances pour la présidentielle me reste en mémoire… et ses manières Louis quinzième sans l’intelligence de Giscard (celui-là je continue à l’admirer, mais ne le dites pas, ça pourrait me nuire !) me laisse un peu sur ma faim. L’homme est un peu trop gros, un peu trop sûr de lui, un peu trop loin du peuple pour susciter la passion mais la tâche qui lui était confié par le « Président de tous les Français » était tout à fait intéressante… Réformer les collectivités territoriales « Vaste programme » aurait dit de Gaule [1] ; « Vaste programme » mais passage obligé, épreuve obligatoire si l’on veut permettre à la France d’affronter, au mieux, les combats du XXIe siècle.
Le dossier n’est pas neuf, la question « Y a-t-il un échelon administratif de trop en France ? » faisait déjà partie des documents de campagne législative de mon père en… 1969 ! « Qui va piano va sano » disent les ultras alpins…
Donc si le sujet m’intéressait, l’homme à la tête du comité Théodule ne m’inspirait pas trop. Mais quand j’ai vu Philippe Ier de Rhèges, le très respectable président du Conseil général, lancer ses foudres contre les résultats de ses travaux, je ne pus m’empêcher de regarder l’onctueux président avec plus d’empathie. Un rapport critiqué à ce point par Philippe Ier de Rhèges ne peut être complètement mauvais… On se souvient que Phiphi appelait, début janvier, les maires de l’Aube à entrer en résistance contre cet odieux projet… « Ne vous laissez pas faire » lançait-il !
Tout ça parce que le comité Théodule suscité, avait soudain découvert que les département et les régions faisaient souvent double emploi, que cela compliquait le fonctionnement administratif, multipliait les financements croisées, donnait à chaque potentat local l’occasion de bâtir qui son extension du Conseil général, qui son auditorium personnel (nous on a eu les deux, avec la tentation de l’hideux par-dessus tout) et purgeait les finances publiques à coup de réceptions, de cellules de travail, d’audits et de petits-fours… Le comité veut donc faire disparaître les départements, super ! Souhaitons-lui bonne chance comme on dit « Merde » au type qui va combattre les lions avec un trident dans l’arène, tant la tâche paraît difficile à réaliser…
Dans mes grandes soirées de rêve, j’imaginais déjà le glas sonnant pour les délires architecturaux de nos édiles départementaux, vaincus non par le gong mais par la modernité.
Donc cette commission me plaisait déjà quand un mien ami, lecteur assidu du « Figaro » me signalaient un article du 20 février où elle faisait d’autres propositions intéressantes. Son but étant de réduire le nombre de régions à quinze pour pouvoir lutter, si ce n’est à armes égales, tout au moins à dimension comparable avec les länder germaniques. Dans cette optique on veut réunir les deux Normandie, unifier la Bretagne ou rassembler L’Alsace et la Lorraine ou le Poitou-Charentes et l’Aquitaine… Tout cela je m’en moquais un peu comme de ma première petite culotte… Mais une phrase m’interpella dans ce touffu dossier, la commission voudrait détacher la Seine-et-Marne de la région Ile-de-France pour l’unir à La Champagne-Ardenne car ces zones sont « moins tournées vers l’Ile-de-France que vers la Champagne »… Alors là mon âme d’historien unie à mon esprit chauvin poussa un sarkocorico de joie ! Réunir Provins et Troyes, rassembler enfin les deux capitales historiques de la Champagne, étendre notre aire d’influence vers le sud-ouest… « Il en fut ainsi. Balladur vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour… »
Que Phiphi se rassure, l’œuvre n’est pas accomplie, mais en bonne voie ! Espérons que cela aboutisse, ce serait un bien pour notre région. Philippe Ier de Rhèges aura sûrement du mal à faire passer la grosse commission mais après ça ira mieux, promis !
[1] On se souvient que de Gaule voyageant en DS pour se rendre à Colombey, avait vu, badigeonné sur un mur de Bar-sur-Aube, l’inscription « Mort aux cons », « Vaste programme » s’écria le grand homme.







