Dans quelques jours ce sera ma cinquième rentrée, je m’occupe d’un CM1-CM2 dans une petite école rurale très sympathique. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Autrement dit, je n’ai pas de raisons de me lamenter sur quelque point que ce soit. Ceci étant, quand je regarde l’année scolaire qui s’est écoulée, je suis triste.
Triste, en priorité pour celles et ceux de mes élèves qui ont bénéficié de l’aide individualisée, qui ont suivi des stages de remise à niveau, et dont les journées par conséquent se sont allongées. De plus, ils ont été stigmatisés par d’autres qui avaient moins de difficultés. Ces élèves auraient pu bénéficier de la compétence des maîtres expérimentés et formés du R.A.S.E.D, seulement, ils n’ont pu profiter que de ma bonne volonté. Je n’ai pas la prétention de remplacer un collègue du R.A.S.E.D !
Triste, ensuite pour mes CM2 à qui j’ai dû faire passer en janvier 2009 une série d’évaluations pour laquelle il m’a été difficile de leur expliquer le but et surtout l’intérêt qu’ils pourront en tirer pour leur scolarité future.
Triste, de plus, en ce qui concerne la saisie d’informations, sur le logiciel Base Élèves. Informations qui jusqu’à présent restaient au sein de l’école.
Triste, aussi pour ce qui arrive à mes collègues Edouard Revin, Albert Renard [1] et quelques milliers d’autres encore.
Triste, enfin pour des programmes scolaires rédigés en 2002 dont on n’a pas évalué les effets, et des programmes scolaires de 2008 qui se sont alourdis alors que nous avons moins de temps pour les réaliser.
Finalement, je n’ai pas désobéi à ces réformes. Par devoir ?
Les programmes de 2008 seront-ils évalués en 2016 puisqu’il faut 8 ans pour effectuer la totalité des trois cycles du primaire ? Évaluons tous les 8 ans les fruits des réformes car nos enfants méritent que l’on soit davantage cohérents et constructifs. L’Education Nationale n’est ni de droite, ni de gauche !
Benjamin Barbier
[1] Ndlr : les noms ont été modifiés








