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12
nove
2008

Pourquoi Troyes n’aura pas de SMAC ?

Les Nuits de Champagne viennent de s’achever. Une nouvelle salle, polyvalente, vient d’être inaugurée, une Halle, destinée aux concerts et autres salons et manifestations, une salle des fêtes, version ville de 60 000 habitants en quelque sorte. La vocation première du parc des expositions devait en effet, selon le Conseil général, être élargie et faire rayonner Troyes sportivement et culturellement parlant. Un rayonnement qui aura quand-même coûté quelques 12 millions d’euros.

Certains se réjouissent de la salle offrant une grande capacité d’accueil et pensent que ce lieu est une avancée pour les concerts. D’autres déplorent l’acoustique ou le manque de confort. Les plus au fait du coût relèvent avant tout l’investissement financier important et craignent, qu’à l’instar du parking Cathédrale, la nouvelle salle ne reste trop souvent vide. ( Il n’y a d’ailleurs rien de prévu dans le programme - côté concerts - de la Halle ).

Et pourtant ... !

Si l’on ne reste pas autocentré sur Troyes, si l’on élargit notre champ de vision pour aller voir ailleurs ce que proposent d’autres agglomérations en terme d’aménagement culturel du territoire, on constate que des alternatives sont possibles, notamment grâce aux SMAC.

Aux smac ? Des kiss, des bises pour régler les problèmes de politique culturelle. Why not ? Un peu de douceur dans un monde de brutes ....

Non ! Les SMAC, vous l’aurez compris, sont autre chose, toujours cette manie bien française des sigles en tout genre. Les SMAC sont les « Scènes de Musiques ACtuelles ». Il s’agit d’un label créé en 1997 par le ministère de la Culture pour faciliter le fonctionnement de la création, de la production et de la diffusion de concerts et pour soutenir financièrement les projets allant dans ce sens, en partenariat avec les collectivités territoriales. Le label permet que les structures fonctionnent, vivent et fassent vivre la musique.

C’est ainsi que 120 salles de concerts réparties dans l’hexagone ont le label SMAC et offrent un espace de spectacles et de création de taille moyenne, modulable, et adapté à la musique puisque pensé pour et subventionné à ce titre pour une période minimum de 3 ans.

Un projet qui d’ailleurs correspondrait tout à fait à la ville de Troyes et qui a déjà été évoqué à plusieurs reprises depuis une dizaine d’années à la CAT, sans suite. ( D’autres investissements étaient sans aucun doute bien plus urgents !). Un collectif s’est réuni à Troyes en mai 2008 pour tenter de faire entendre à la ville le bien fondé de cette idée de SMAC, sans succès jusqu’alors. Et on peut malheureusement craindre que la Halle flambant neuf ne l’enterre définitivement ( au fond du parking Cathédrale peut-être, il y a de la place !).

Et pourtant, pourtant ... !

Les SMAC fonctionnent.

A Reims, la Cartonnerie, installée depuis 2005 sur l’ancien site industriel Dropsy carton, a été labellisée SMAC en 2007. L’espace offre au public et aux artistes deux salles de concerts : le Cabaret ( 350 places) et la Grande Salle (700 places assises, 1200 places debout) ainsi qu’une salle multimédia, un point informations, un bar, un hall d’expositions, un studio d’enregistrement ... ; bref, un vrai lieu de vie pour la musique. La Cartonnerie propose plus de 80 concerts par an, une activité significative ( pas de salle vide !) étant une des conditions au subventionnement de l’Etat et des collectivités.

A Clermont-Ferrand, éloignons nous de la Champagne-Ardenne, le succès de la Coopérative de Mai fonctionnant depuis 2000, permet d’avoir un recul suffisant sur le projet, pour signifier qu’il est intéressant. Beaucoup de points communs avec Reims, de l’implantation sur un ancien site Michelin à l’agencement de l’espace : une petite salle de 450 places et une grande salle modulable ( 800 à 1500 places) où l’acoustique a été particulièremnt travaillée ( gradins en dur, panneaux acoustiques en bois sur les murs, limitation sonore à 105 dB). On trouve également des artistes en résidence, des expositions ... La Coopérative cartonne et accueille quelques 130 manifestations annuelles. Elle propose,de plus, une politique tarifaire offrant l’accès à la culture au plus grand nombre ( tarif moyen tous spectacles confondus : 18.5 euros). Depuis 2006, un festival européen « Europavox » a même vu le jour en partenariat avec la Coopérative. En 2007, la salle employait 20 salariés à plein temps et était subventionnée à hauteur de 940.000 euros. La salle a accueilli 1.500.000 visiteurs depuis 2001 ( 82.000 l’an passé) et ne cesse de se faire connaître. Un investissement bénéfique pour la ville au même titre que la Cartonnerie pour Reims et que d’autres SMAC pour d’autres villes dans l’hexagone.

Et pourtant, pourtant, pourtant ... !

A Troyes, qui – doit-on le rappeler – compte 120.000 habitants ( dans l’agglomération) contre plus de 200.000 pour Reims ou Clermont-Ferrand, on choisit une Halle modulable de maximum 5000 places ( qui certes ne se destine pas uniquement aux concerts mais est rénovée en partie dans cette optique).

Les Troyens n’auront donc très vraisemblablement pas de SMAC ni sous le sapin de Noël, ni sous le gui du nouvel an.



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Les commentaires (12)

Pourquoi Troyes n’aura pas de SMAC ?
  • Commentaire 28443 nicephore
    le 12 novembre 2008  à 09:40

    Je suis musicien et je fais parti du "Collectif en Création" et effectivement, après en avoir discuter avec M. Sebeyran, Troyes n’aura pas de SMAC ! La mairie réfléchie sur une "autre solution"... Nous avons pourtant besoin d’un lieu comme ça (musicien et spectateur), et de nombreuses villes, même de plus petite taille, sont équipées !

    Pour rappel, la grande halle n’a pas été construite dans le but d’accueillir des concerts, mais pour des expositions et autres manifestation commerciale.

    Pour info, le site du collectif ici.

    repondre Répondre



  • Commentaire 28453 Nico
    le 12 novembre 2008  à 23:36

    Une salle convenant au besoin existe déjà dans l’agglo, il s’agit de la maison pour tous. Pourquoi ne serait elle pas réaménagée ou adaptée à ce besoin ?

    Je ne comprends pas nos politiques, cette salle est un élément majeur pour dynamiser la ville et la rendre plus attractive.

    Cela me semble être un investissement évident.

  • Commentaire 28455 nicephore
    le 13 novembre 2008  à 09:36

    La maison pour tous ne fait pas partie de la CAT, mais de la mairie de Ste-Savine. La programmation musicale est donc sous la responsabilité de cette commune. Il faudrait, me semble-t-il, un changement de statut.

    De plus, ce que les musiciens, associations et organisateurs de soirées veulent à Troyes, c’est plus qu’une salle de spectacle. Un lieu culturel avec salle (voir deux salles de taille différente) ainsi que des locaux de répétitions et d’enregistrement. Un lieu pour que les acteurs de la musique du département puisse se retrouver.

    Des choses sont en train de se décider actuellement par nos élus : une solution à très court terme pour avoir une salle de diffusion pour musique amplifiée, en utilisant une structure existante, pourquoi pas la maison pour tous. Puis une solution à long terme, avec une vraie structure. Réponse au mois de janvier.

    Si vous voulez vous tenir informé et soutenir les musiques actuelles, adhérez au "Collectif en Création". Deux euros l’adhésion (10 pour les associations) et venez apporter vos idées !
    _ Le site du collecif.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 28454
    le 13 novembre 2008  à 06:47

    effectivement, pourquoi pas se servir d’une salle existente, la Maison pour tous ou une autre et l’aménager correctement. le coût serait moindre et tout le monde y trouverait son compte

    repondre Répondre



  • Commentaire 28458 Toto
    le 13 novembre 2008  à 16:30

    A Troyes, rien d’impossible pour celui qui a des idées et de la volonté. Imaginez, un lieu culturel de ce type dans "l’hyper centre", offrant :
    - une petite salle de 200 à 300 spectateurs
    - une salle un peu plus grande, de 1000 à 2000
    - quelques salles de répétition permettant d’enregistrer des "maquettes"
    - un lieu d’exposition
    - un "salon détente" (café...etc...)

    Le tout en plein coeur de Troyes et qui ramènerait du consommateur aux différents cafés-restaurants de l’hyper centre. Mais où, me direz-vous ? Oussa donc ??? Ben c’est qu’il y a aujourd’hui en grand espace en friche qui pouvait accueillir de nombreux spectateurs autrefois, et qui agayait tous les soirs ce centre ville : l’ilôt de l’ancien cinéma "Alhambra" !!!! Sinon, il y a toujours la "bourse du travail", à moins qu’on y fasse le centre commercial et culturel du bio et de l’équitable...

    On veut faire de la ville de Troyes une cité Universitaire. Ne doit-elle pas se doter de telles structures qui puissent apporter à ces chers étudiants des lieux où ils peuvent se détendre et où ils auraient plaisir à venir ? Et quoi de mieux que le Centre-Ville ???

  • Commentaire 28460 allonze
    le 13 novembre 2008  à 17:54

    Ha ! encore ? et une salle couverte à Port Dienville... tout devient pooosssiiible ! smaaaccc.... :-((

    sera t-elle remplite le lundi soir ? :o)

  • Commentaire 28471
    le 14 novembre 2008  à 00:09

    Pour ce qui est de l’Alhambra et son ilôt , le docteur Beury avait son projet et un programme culturel ambitieux dans Troyes 2008 _ :

    1. Création d’un « service de la culture ». Le directeur du service serait le véritable interlocuteur de la municipalité avec les associations. Ce service pourrait coordonner les actions, étudier les demandes et les besoins des associations culturelles et patrimoniales. Il pourrait, en collaboration avec le CCI, mettre en place un « club » d’investisseurs qui pourrait apporter son soutien par l’intermédiaire du mécénat aux actions culturelles de ces associations.

    2. Création d’un « service patrimoine » qui reprendrait en particulier les fonctions du « secteur sauvegardé » en intégrant la mise en valeur des monuments historiques. Là encore, les associations concernées trouveraient un interlocuteur en la personne du directeur de service. Ces associations seraient consultées pour les programmes de construction et de rénovation. Ce serait un lieu où pourraient être présentés et expliqués les projets.

    3. Trouver des lieux où loger de tels services. La municipalité possède des bâtiments très représentatifs qui pourraient héberger de tels services : Hôtel Juvenal des Ursins, Hôtel Moïse ; il existe aussi l’îlot de l’Alhambra. Ce serait replacer la culture et le patrimoine au cœur de la ville. Les associations pourraient y trouver leur siège, des lieux de réunion. Je n’expose ici qu’une idée qui mériterait d’être retravaillée. Pourquoi ne pas créer une véritable « Maison du Patrimoine » qui regrouperait services municipaux de la culture et du patrimoine, associations, avec des locaux pour expositions et conférences ?

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  • Commentaire 28461 Mistake
    le 13 novembre 2008  à 18:07

    Tout à fait d’accord Toto. Cependant je crois mais je ne suis pas sûr que l’Alhambra fait partie du domaine privé ce serait donc plus difficile à réaliser. La bourse du travail, ça aurait été super. Ou alors recycler un vieux théâtre ?

  • Commentaire 28463 allonze
    le 13 novembre 2008  à 21:04

    y’en a qu’pour les zamuzements ? Et pour le boulot ?

  • Commentaire 28472 Toto
    le 14 novembre 2008  à 00:27

    Oui, il y avait un investisseur Lillois qui voulait en faire un hôtel-restaurant de luxe (4 étoiles), à condition d’avoir un accès sur la rue Charbonnet : il était question de lui vendre l’Hôtel du Moïse après avoir viré l’Association qui y était... Le projet semble traîner en longueur... serait-il tombé à l’eau ???

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  • Commentaire 28721 Lechet
    le 28 novembre 2008  à 13:26

    Je me souviens du temps de La Gouttière ruelle des chats, de son association et celle des toucouleurs, que de moments agréables passés au milieu de ces collectifs défenseurs des musiques actuelles...Et puis un jour ceux qui savent, ceux qui "connaissent la musique" firent "couler le sous-marin" la gouttière débordait ?. Rester chez soi,ne plus voir personne,jouer en sourdine,moins de décibels ;les lieux de vie ont vécu...Vive le Punk !

  • Commentaire 28726 Toutoune
    le 28 novembre 2008  à 20:18

    C’est vrai que c’etait bien la gouttière !On tirait des plans sur la comète musicale ;parfois même,il y avait café-philo et chacun respectait l’autre !

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