Allez, pour changer de la politique, un petit article sur l’éolien. Encore, dira Vanator ! Oui encore, parce que le sujet nous concerne.
Le préfet de l’Yonne a publié la semaine dernière l’arrêté refusant le projet de ZDE (Zone de développement éolien) de la société Anemos. Celle-ci cherchait depuis deux ans à implanter 48 éoliennes sur les communes de Molosmes, Mélisey, Trichey, Thorey, Quincerot,Rugny et Villon. Inutile de dire que les opposants aux turbines géantes se réjouissent de la décision. Mais le principal intérêt de celle-ci réside avant tout dans le travail d’étude et de concertation qui l’a précédée.
Le préfet a motivé son refus par le fait que le projet serait "discordant avec la qualité patrimoniale et paysagère du territoire". Un motif que nombre de participants ont du consigner dans le registre de l’enquête publique. Et qui est un des "classiques" de l’opposition aux éoliennes.
Confrontée, comme la plupart des préfectures, à une augmentation des demandes de ZDE, la Préfecture de l’Yonne a pris le temps d’étudier les implantations possibles d’éoliennes sur tout le département. Le territoire icaunais a donc été cartographié , non pas seulement en fonction des zones de vent favorables ou défavorables, mais en intégrant des paramètres comme l’impact sur le paysage, la prise en compte du patrimoine, la préservation des milieux naturels, le respect des normes de sécurité etc... A l’issue de ce travail, la préfecture a publié un guide éolien faisant apparaitre quatre niveaux de sensibilité paysagère allant du niveau 1 (très forte sensibilité ; paysage emblématique à l’échelle nationale), au niveau 4 (sensibilité moyenne). Le projet Anemos situé en zone 2, aurait dégradé un "paysage emblématique à l’échelon départemental". Il a donc logiquement été recalé.
L’arrêté préfectoral prend également la peine de relever la continuité paysagère avec les communes limitrophes de l’Aube. La mention n’est pas neutre puisque deux projets éoliens au moins sont en cours d’étude de l’autre côté de la frontière, à quelques kilomètres de Mélisey. L’un sur Pargues et Praslin, l’autre sur Chesley, Villiers le Bois et Maisons les Chaource. Habilement, le préfet de l’Yonne fait passer le message à son homologue de l’Aube. Moi j’ai dit non, mais si vous dites oui, il va falloir expliquer pourquoi. D’autant plus qu’une récente étude réalisée par la Fédération Environnement durable laisse entrevoir que la réduction des émissions de CO2 n’est pas flagrante dans des pays comme l’Allemagne, le Danemark ou l’Espagne, qui ont pourtant fortement investi dans l’éolien. Bien qu’elle émane d’une association notoirement anti-éolien, elle mérite lecture.









