Il a le blues, Boisseau. Un coup de cafard, une méchante déprime. Est-ce les jours qui se font plus courts ? L’automne qui pointe le nez ? Le buis qui fane ? Va savoir. En tout cas, le bon vieux Dom’ ne croit plus aux parkings et à la bagnole.
Le chantre de la pierre d’Etrochey, le rossignol de la requalification, le thuriféraire des parkings a donc perdu la foi. Interrogé, lors du dernier conseil municipal par Philippe Beury sur l’ouverture aux salariés du capital de TPA [1], Boisseau a expliqué qu’il lui semblait aujourd’hui risqué de faire participer les salariés au capital de cette entreprise. Pourquoi ? Parce que, selon lui, l’avenir de l’automobile et du stationnement est incertain. C’est pas moi, l’écolo incompétent qui le dit, c’est Boisseau, un mec sérieux, avec un costume et des cheveux blancs, qui évidemment ne dit jamais de conneries ! En gros, dit Boisseau, investir dans TPA, alors que le pétrole va bientôt disparaître, c’est un peu comme jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet. Peu de chance de retrouver ses billes !
Boisseau écolo ? ça stimule le cortex cérébral
A cet instant, j’avoue m’être frénétiquement trémoussé de plaisir sur ma chaise, assis parmi le public de ce conseil. Boisseau écolo ? C’est comme si Carsenti et Myara s’intéressaient à autre chose qu’aux budgets abscons et faisaient un peu plus de politique ! C’est comme si Beury faisait une intervention de moins de 20 minutes ! C’est comme si Baroin devenait aimable avec Sydor ! Ça surprend, ça vous redonne goût à la chose publique. Ça stimule le cortex cérébral quand ça arrive !
Bon, ne rêvons pas... Boisseau a fait son coming-out écolo mais n’a pas encore rejoint Valérie Labarre [2] et ses partenaires. Cependant notre homme a légitiment raison de se faire du mouron pour l’avenir de ses parkings. Le présent aussi... On s’épargnera de nouvelles images sur le trou de la préfecture, toujours au 2/3 vide. Et comme on est vraiment sympa, on n’évoquera même pas les petites problème aqueux que connait ce trou. Inutile...
La vérité, Boisseau semble l’avoir comprise, est que demain, même avec le développement du véhicule électrique, il sera de plus en plus coûteux de se déplacer en voiture. Les trous à 20 millions ne sont donc pas près de de combler. En tout cas, pas en comptant sur une très improbable augmentation du trafic auto. En ville, d’autres moyens de transport, le vélo, le bus, le tram... devraient progressivement se substituer à une partie de ce trafic. Ce processus est d’ailleurs déjà en marche.
Faut-il sauver le soldat Boisseau ?
Comment sauver TPA de la noyade, au sens propre comme au sens figuré ? D’abord, en quittant cette logique qui consiste à attirer toujours davantage de bagnoles en ville pour remplir ce qui ressemble fort au tonneau des Danaïdes. Ensuite, à défaut de reboucher le trou de Libération ou de le transformer en une immense piscine, il sera nécessaire de supprimer de nouvelles places de stationnement en surface pour rentabiliser les parkings en ouvrage. Enfin, il conviendra d’élargir le champ d’action de TPA, notamment en s’appuyant sur cette structure pour développer un libre-service de vélo.










