Jean Paul Bachy l’a dit et l’a répété, « la région Champagne Ardennes ne participera au financement de la deuxième tranche du TGV Est que lorsque les autres partenaires auront rempli leur engagement ». C’est le 25 juin prochain que les financeurs de cette tranche seront rassemblés à Paris, or l’Etat s’était engagé en contre partie de la participation de la région à la construction du TGV, à électrifier la ligne Paris Bâle. On sait que le dossier est toujours bloqué et n’a pas avancé d’un pouce.
Jean François Laville dans son article de L’est Eclair d’aujourd’hui se demande « s-il s’agit de la réunion de la dernière chance » pour le Paris Bâle. Le risque étant que sans bouclage de financement de la deuxième tranche du TGV Est, la date butoir pour le respect de la déclaration d’utilité publique du 30 juin risquerait de reporter ce projet phare pour notre pays. Jean Paul Bachy arrivera t-il à débloquer une situation que nos élus aubois n’ont pu faire avancer depuis maintenant 40 ans ? Rien n’est moins sur, d’autant que le président de région semble bien seul sur le sujet. Alors que pour la première fois, notre échelon régional a une réelle possibilité de peser sur la décision (la non participation de la région au TGV Est retirerait du bouclage financier près de 29 millions d’Euros), nos parlementaires aubois et hauts marnais ne bougent pas. Alors que l’union sacrée devrait prévaloir derrière ce dossier, aucune réaction.
Alors Jean Paul Bachy cherche des portes de sorties. Ceux qui archivent un peu, ou ceux qui ont un peu de mémoire vont en sourire. On nous explique que le TGV à Troyes c’est peut être possible. On parlerait à présent d’une bretelle reliant Troyes qui pourrait être raccordée au TGV Sud Est (PLM) ligne passant au sud ouest de notre département. Seulement voilà, celle ci ne pourrait être réalisée qu’après le doublement du TGV sud Est qui passerait par Bourges et Nevers. Bref d’ici 30 ans. Comme le dit Jean François Laville « quel aubois pourrait encore croire des promesses à 30 ans… » D’autant que je réclamais moi-même ce raccordement (sous les sarcasmes des édiles locaux) il y a près de 15 ans dans une feuille de choux appelée « Perspectives Auboises » ou même sur ce site lors de sa création il y a 5 ans ! Oui mais on n’a pas osé à l’époque avouer aux Romillons et aux Nogentais que dans ce cas, l’électrification du Paris Bâle ne se ferait pas. De plus cette perspective était envisageable dans le cas d’un doublement du TGV sud est par Troyes et Dijon (thèse défendue par Baroin, il y a un an), mais a présent que Brice Heurtefeu semble avoir fait définitivement pencher la balance de ce projet par Bourges Nevers et Clermont Ferrand, cette possibilité semble impossible au regard du coût actuel estimé au minimum à 500 millions d’euros !! Qui paiera !
Or faut d’un « grenelle » régional des transports, faute d’une union sacrée sur le sujet, pour causes d’étiquettes politiques différentes, on ne sait même plus quelle serait la bonne solution pour désenclaver Troyes. Bref on a un moyen de chantage, mais on ne sait même plus quoi en faire. Electrifier Paris Troyes, sans pousser jusque Chalindrey ? Inutile. Les bibis ont prouvé l’alternative possible, rentable sur l’aspect voyageurs, (seule partie bénéficiaire de la ligne). Quel intérêt donc d’électrifier un cul de sac jusque Troyes. L’intérêt pourrait se justifier si un vrai projet de liaison nord sud (Reims Troyes desservant Vatry) avait mobilisé la région, Projet axé également sur le fret ferroviaire. Au lieu de cela, au lieu de repenser l’avenir sur de nouvelles bases tenant compte des nouveaux enjeux et réalités nos édiles se sont arque boutées sur un projet vieux de 40 ans l’électrification à tout prix. Au point qu’Adnot et consort n’hésitaient pas à affirmer dans leurs interview à la presse locales que les partisans d’un projet alternatifs étaient les fossoyeurs des négociations faites pour l’électrification du Paris Bâle. Pire les tergiversations des aubois ont donné des idées aux hauts marnais. L’idée a donc germée que cette liaison nord sud ne passe plus par Troyes mais par Saint Dizier et Chaumont. Le lobbying haut marnais a si bien marché que le conseil économique et social de la région s’est prononcé pour ce tracé ! En bref, que peut Bachy face à une région qui n’est même pas d’accord sur une véritable alternative. Faute de vrai projet nous n’aurons rien.
Mais je suis un oiseau de très mauvais augure










