L'article

25
juin
2008

Ouverture des soldes : les magasins d’usine ont-ils un avenir ?

L’ouverture de la période des soldes devrait réjouir les commerçants. A Troyes, et sans doute un peu partout en France, c’est plutôt l’inquiétude qui est de mise. Temps maussade, baisse du pouvoir d’achat, inquiétude généralisée sur les perspectives économiques, tous les voyants sont au rouge.

Dans ce contexte, l’agglomération troyenne a misé gros sur ses magasins d’usine. Et c’est vrai que notre ville est devenue la Référence en la matière avec plus de 3,5 millions de visiteurs par an. A tel point que si Troyes est connue à travers la France, c’est davantage grâce à ces centres de marques plutôt que sa vieille ville aux allures faussement médiévales.

Hélas le vent tourne. Et les grandes heures des magasins d’usine, à la sauce troyenne, sont peut-être derrière nous. D’abord parce que la concurrence est de plus en plus forte, en région parisienne notamment. Marne-la-Vallée, Melun drainent ainsi une clientèle de plus en plus nombreuse au détriment de Troyes.

Ensuite et surtout parce que le modèle économique qui a fait le succès de ces magasins est sur le point de s’effondrer. La faute, encore une fois, au pétrole. Il faut savoir que la réussite économique des Marque-Avenue et autre Mac Arthur Glenn repose sur une zone de chalandise extrêment large. A lui seul, le département aubois, à fortiori l’agglomération troyenne, ne peut évidemment pas fournir une clientèle suffisante pour ces commerces. Ainsi, aux plus beaux jours de ces magasins, entre 2003 et 2005, les aubois ne représentaient que 30% des chalands et la zone de chalandise s’étirait sur un rayon de plus de 250km. C’était possible avec un pétrole bon marché et des possibilités de transport avantageuses. Aujourd’hui, les choses ont changé. Le pétrole frôle les 140$ et le prix de l’essence dépasse les 1€50. Et tout le monde s’accorde sur une augmentation continue des prix du baril. Impossible, dans de telles conditions, d’envisager que les clients continueront à venir comme par le passé. Au contraire, dans un proche avenir, nous nous déplacerons moins loin et moins souvent. L’équilibre économique des magasins d’usine est donc menacé.

Dès 2006, Jean-Jacques Pontailler, alors responsable du commerce au sein de la CAT, s’inquiétait justement de la réduction à 150km de la zone de chalandise. Il évoquait alors, déjà, l’augmentation du prix du carburant. Le baril ne valait encore que 60$. Un an après, une étude parue en 2007 confirmait cette analyse en montrant que la part des clients d’origine auboise avait augmenté de façon sensible, avec, en parallèle une réduction des clients « extérieurs » au département.

L’année 2008 devrait en toute logique confirmer cette réduction de la zone de chalandise. Demain, avec un pétrole à 200$, un prix du carburant à 2€, les clients seront sans doute encore moins nombreux et viendront moins souvent. Les magasins d’usine, à moyen terme, seront alors menacés. A moins que d’ici là, les responsables politiques et économiques trouvent des formes alternatives à la bagnole pour faire venir l’indispensable clientèle.

post scriptum :

- Source : L’observatoire des magasins d’usine
- A lire également : l’article de Léo sur l’intérêt du train pour les magasins d’usine



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 10 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (10)

Ouverture des soldes : les magasins d’usine ont-ils un avenir ?
  • Commentaire 25397
    le 25 juin 2008  à 22:13

    N’oubliez pas internet et les ventes privées qui sont des concurrents importants et où les affaires sont plus intérressantes

    repondre Répondre



  • Commentaire 25414 Philou
    le 26 juin 2008  à 09:38

    L’apparente baisse du pouvoir d’achat (même si l’INSEE nous dit le contraire), conjuguée à la hausse du carburant n’incitent pas un acheteur habitant à 50 km d’un magasin de s’y rendre sans être certain de trouver une bonne affaire.

    Les comparateurs de prix sur internet permettent de lever immédiatement le doute sur ce sujet. D’où l’intérêt que ces magasins auraient de communiquer en ligne plutôt que de remplir les boîtes à lettres...

  • Commentaire 25436 Pascal Houplon
    le 26 juin 2008  à 21:02

    Communiquer en ligne, c’est d’autant plus vrai que selon quelques études récentes, le marché publicitaire bascule ou basculera bientôt vers les supports immatériels : net, mail...

    On peut aller plus loin que la simple communication et envisager que les magasins d’usine se mettent à la vente en ligne et dispose de magasins virtuels sur le net. Bonne manière à court terme d’étendre la zone de chalandise sans subir la contrainte des prix du transport.

  • Commentaire 25440 Philou
    le 26 juin 2008  à 21:39

    C’est également vrai.

    Par ailleurs, une campagne "papier" rapporte statistiquement 5 pour-cent de clientèle. Autrement dit 95 % de la pâte à papier utilisée pour faire de la publicité finit par exemple au centre de tri sans avoir atteint son objectif premier.

    Quand je vois les mégawatt-heures consommés par une usine à papier non loin de Troyes, il serait effectivement préférable de privilégier la publicité en ligne, et de revoir certaines méthodes de vente qui ne nécessitent pas forcément la présence du client sur le site.

    Mais pour atteindre un tel résultat, encore faudrait-il que notre révolution numérique ait atteint ses objectifs, ce qui est encore loin d’être le cas dans certaines provinces...

  • repondre Répondre



  • Commentaire 25426 Léo
    le 26 juin 2008  à 17:36

    Il y a quelques temps déjà, je proposais d’étudier la possibilité de réaménagement du quai de Marque Avenue et la possibilité de desserte ferrovaire jusqu’à Mac Arthur Glen. Cela avait soulevé les quolibets et les ricanements.

    Je reste persuadé que l’on remplirait très facilement des trains complets au départ de Paris, Dijon ou Lyon si cette possibilité existait, en particulier en période de soldes.

    C’est un des voies à explorer très sérieusement pour maintenir notre zone d’achalandise

  • Commentaire 25428 Clovis
    le 26 juin 2008  à 19:15

    Effectivement un réaménagement du quai permettrait de desservir Marque Avenue par voie ferrée, le financement de ces travaux ne devrait pas être insurmontable (participation de la région, du conseil général, de la CAT).

    En revanche comment voulez-vous desservir depuis la gare de Troyes la zone de chalandise de Mac Arthur les ouvrages d’art qui permettaient le passage de la voie ferrée allant de Troyes gare via Troyes-Preize ont été démontés et la voie déposée.

    Il est illusoire de croire à la pose de nouveaux ponts et d’une nouvelle voie ferrée car le coût serait trop élevé.

  • Commentaire 25460 Léo
    le 27 juin 2008  à 09:52

    La voie férrée Troyes Arcis n’existe t-elle plus ??? Bien sûr c’est une voie marchandises qu’il faudrait reprendre en profondeur, mais elle existe toujours et ne passe pas si loin de Mac Athur, (sauf erreur)

  • Commentaire 25434 Philou
    le 26 juin 2008  à 20:43

    Dans l’absolu, les rails ne coûtent pas cher. C’est surtout la plate-forme qui coute très cher (Le rapport est de l’ordre de 30/70 respectivement). Or, si mes souvenirs sont bons, la plate-forme existe toujours...

    Certes, il y aura des difficultés pour remettre au gabarit les ouvrages d’art, voire les recréer...

    Mais bon, l’idée d’affrêter des transports en commun depuis les grandes villes alentours n’est franchement pas si nulle que cela... Cela serait une idée à creuser avec les Chambres de commerce et de métiers par exemple...

  • repondre Répondre



  • Commentaire 25430 Philou
    le 26 juin 2008  à 19:31

    C’est une idée à creuser, qui nécessite un étude financière appropriée (qui va payer l’affrêtement des trains, partenariat "commerçants-département"), mais c’est franchement une idée qui pourrait intéresser les commerçants.

    repondre Répondre



  • Commentaire 25517 Mistake
    le 28 juin 2008  à 12:30

    Arrêtez avec votre desserte ferroviaire complètement utopique.

    Disneyland paris a une desserte car on parle de 15 millions de visiteurs par an.

    De plus, qui va être assez fou pour investir un centime dans ces aménagements alors que l’avenir de ces centres est fortement compromis (ventes sur internet, autres centres, coût de l’essence,...). Ne me dîtes pas les magasins, ils ont déjà du mal à s’en sortir.

    repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 2604 visites
  • 10 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE