L’ouverture de la période des soldes devrait réjouir les commerçants. A Troyes, et sans doute un peu partout en France, c’est plutôt l’inquiétude qui est de mise. Temps maussade, baisse du pouvoir d’achat, inquiétude généralisée sur les perspectives économiques, tous les voyants sont au rouge.
Dans ce contexte, l’agglomération troyenne a misé gros sur ses magasins d’usine. Et c’est vrai que notre ville est devenue la Référence en la matière avec plus de 3,5 millions de visiteurs par an. A tel point que si Troyes est connue à travers la France, c’est davantage grâce à ces centres de marques plutôt que sa vieille ville aux allures faussement médiévales.
Hélas le vent tourne. Et les grandes heures des magasins d’usine, à la sauce troyenne, sont peut-être derrière nous. D’abord parce que la concurrence est de plus en plus forte, en région parisienne notamment. Marne-la-Vallée, Melun drainent ainsi une clientèle de plus en plus nombreuse au détriment de Troyes.
Ensuite et surtout parce que le modèle économique qui a fait le succès de ces magasins est sur le point de s’effondrer. La faute, encore une fois, au pétrole. Il faut savoir que la réussite économique des Marque-Avenue et autre Mac Arthur Glenn repose sur une zone de chalandise extrêment large. A lui seul, le département aubois, à fortiori l’agglomération troyenne, ne peut évidemment pas fournir une clientèle suffisante pour ces commerces. Ainsi, aux plus beaux jours de ces magasins, entre 2003 et 2005, les aubois ne représentaient que 30% des chalands et la zone de chalandise s’étirait sur un rayon de plus de 250km. C’était possible avec un pétrole bon marché et des possibilités de transport avantageuses. Aujourd’hui, les choses ont changé. Le pétrole frôle les 140$ et le prix de l’essence dépasse les 1€50. Et tout le monde s’accorde sur une augmentation continue des prix du baril. Impossible, dans de telles conditions, d’envisager que les clients continueront à venir comme par le passé. Au contraire, dans un proche avenir, nous nous déplacerons moins loin et moins souvent. L’équilibre économique des magasins d’usine est donc menacé.
Dès 2006, Jean-Jacques Pontailler, alors responsable du commerce au sein de la CAT, s’inquiétait justement de la réduction à 150km de la zone de chalandise. Il évoquait alors, déjà, l’augmentation du prix du carburant. Le baril ne valait encore que 60$. Un an après, une étude parue en 2007 confirmait cette analyse en montrant que la part des clients d’origine auboise avait augmenté de façon sensible, avec, en parallèle une réduction des clients « extérieurs » au département.
L’année 2008 devrait en toute logique confirmer cette réduction de la zone de chalandise. Demain, avec un pétrole à 200$, un prix du carburant à 2€, les clients seront sans doute encore moins nombreux et viendront moins souvent. Les magasins d’usine, à moyen terme, seront alors menacés. A moins que d’ici là, les responsables politiques et économiques trouvent des formes alternatives à la bagnole pour faire venir l’indispensable clientèle.
Source : L’observatoire des magasins d’usine
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