Pour ce 21ème festival, un festival « On the road again », sous le signe du voyage, la programmation éclectique et alléchante que nous ont offert Bernard Lavilliers et l’organisation des Nuits de Champagne a fait mouche.
Une programmation qui a fait mouche
Les problèmes techniques et autres déceptions n’ont certes pas pu être totalement évités.
Il y eut quelques retards : lors de la soirée Tremplin Rock & Mademoiselle K ou encore pour le concert de Bernard Lavilliers lundi soir, mais il avait une bonne excuse : offrir un duo avec ses potes de Tryo à La Halle avant de rejoindre Argence.
il y eut l’agacement de Raul Paz devant les spectateurs installés au balçon de la Maison pour tous de Ste Savine : le concert a failli ne pas commencer mais la musique cubaine adoucit les moeurs, c’est bien connu !
Petites gouttes d’eau dans un océan de bonnes surprises.
Le choix des artistes, pour cette édition 2008, aura permis de faire le plein côté concerts : cinq soirées à la Halle, près de 20000 spectateurs et des concerts à Argence dans une salle bien remplie sans compter les 3 séances du Grand Choral qui auront réunies 5000 personnes : les Nuits 2008 atteignent un taux de remplissage de 87 % alors que le plus grande quantité de places offertes aurait pu faire craindre une baisse de ce même taux. Seuls les concerts ayant lieu hors de Troyes, dans des petites salles, ont vu leur fréquentation légèrement diminuer. De quoi donc satisfaire les organisateurs – côté rentrées.
Le choix des artistes, en grande partie effectué par le parrain de cette édition, Bernard Lavilliers, aura également contenté un large public - éclectisme oblige - : depuis la musique chaleureuse et transgénérationnelle de ses potes de Tryo lundi soir à la folie de Cali,bête de scène clôturant à Troyes la tournée de son album « L’Espoir » vendredi au milieu des ballons et des affiches "Cali per siempre", en passant par la très attendue soirée Bashung-Lavilliers jeudi ou par l’ étonnante réussite des concerts au féminin ( l’inclassable Camille et ses onomatopées, l’impayable Juliette et ses lapins géants, l’énergique demoiselle K ou la charmante Berry), les spectateurs ont été gatés.
Quelques problèmes récurrents
Pourtant, malgré ce bilan artistique positif, restent quelques vrais problèmes associés au festival :
L’un d’eux lié à sa nouvelle organisation au sein de la ville :
la Halle, plus excentrée du Bouchon que les 2 théâtres de Champagne et de la Madeleine, qu’elle a remplacé, a causé quelques soucis colatéraux aux restaurateurs et cafetiers du bouchon. Une fréquentation en baisse, les nombreux spectateurs du nouvel espace, auront stationnés devant la salle et repris leur voiture à la sortie du concert sans aller boire le petit verre de fin de soirée. La vie du festival en ville semble donc avoir été quelque peu bouleversée par le nouvel espace de concerts et ce malgré le travail de l’organisation ayant installé un fléchage dans les lieux stratégiques.
Les deux autres problèmes reviennent, comme un leitmotiv, chaque année, dans les conversations : l’acoustique des lieux de concerts et le prix des billets.
Si Argence a cette année été une bonne surprise côté acoustique, la nouvelle Halle, en laquelle beaucoup fondait de grands espoirs, partage les avis mais force est de constater que le son est loin d’y être parfait ( est-il normal de ne pas entendre les paroles d’un groupe comme Tryo ? ) et qu’il ne remplacera jamais celui d’une vraie salle de concerts.
Fallait-il donc investir des sommes considérables dans la construction de cette salle surdimensionnée hors-festival ou construire une salle de taille plus réduite, à l’image de la Cartonnerie de Reims, qui puisse accueillir toute l’année des concerts avec moins de spectateurs ? La question reste ouverte.
Enfin, reste le problème le plus controversé, celui du coût des places, toujours et encore.
Oui, organiser ce genre de manifestation est lourd et onéreux, oui, peu de festivals sont viables financièrement, mais le principe de ce type d’évènement est d’offrir des prix plus avantageux que lors d’un concert hors-festival. Et là, nous sommes bien loin du compte.
Un nombre certain de concerts proposés cette année, étaient même, comble du comble, plus chers que pour les autres dates des artistes dans l’hexagone : Cali et Camille proposent en général des spectacles autour de 30 € ( 32 à 36 aux Nuits 08). Notons d’ailleurs que les prix des Nuits de Champagne sont identiques pour Camille ( à l’Espace Argence) à ceux de ses concerts à Toulouse ou à Bordeaux. Cherchez l’erreur ! ... ( toujours cette mégalomanie à la troyenne ! ) Et la palme revient à Berry dont les places sont aux environs de 15 € ( 14 à Bordeaux, 16 à Rennes) : il fallait débourser 20 € pour la voir à l’Espace Gérard Philipe. Seul le concert de Tryo était intéressant côté prix ( 25 à 28 € contre 35 en moyenne ). Ce qui devrait être la norme est donc l’exception et empêche, en cette période de crise encore davantage, un public au revenu moyen d’assister à un ou plusieurs concerts-phares. Les Nuits de Champagne seront donc restées cette année une nouvelle fois, un festival pour riches sirotants des petites bulles.
Espérons que le succès côté billeterie, convaincra les organisateurs de proposer un système de pass pour 2009 !
Ces habituels problèmes de budget et d’acoustique mis à part, qui - souhaitons le - finiront par ne plus être, un jour peut-être, le leitmotiv des conservations critiques sur le festival, on ne peut que reconnaître le succès musical de l’édition 2008, une édition variée et pleine de bonnes surprises.








