Surpris, franchement interloqué !! En me rendant hier à l’invitation de l’UDF à un débat interne regroupant les sympathisants de François Bayrou pour échanger leurs impressions à la veille du deuxième tour, je ne m’attendais, en ce premier mai, à ne trouver qu’une assistance parsemée de quelques passionnés. Je regrette sincèrement de ne pas avoir pris mon appareil photo pour confirmer ce que je vous écris.
A mon arrivée, en retard bien sur, on refusait du monde. Près d’une vingtaine de personnes s’agglutinaient sur le trottoir, tentant d’entendre les échanges, autour de la porte d’une permanence archi bondée. Les élus locaux ne s’attendaient visiblement pas à une telle affluence et n’avaient pas réservé de salle, prête à recevoir la bonne centaine de personnes présentes hier soir. Pas d’estrade, pas de grand discours, simplement une discussion à bâtons rompus entre élus locaux et sympathisants. Pas de surprise en revanche sur la diversité des positions. On n’est pas d’accord sur l’attitude à observer pour le deuxième tour. Un chef d’entreprise résolu à voter Sarkozy, tant le programme économique de Royal lui parait dangereux pour l’avenir de sa PME. Une dame à priori militante UDF de longue date qui ne voit dans aucun des deux discours suffisamment d’arguments pour se rapprocher de l’un ou de l’autre et qui a décidé de voter blanc. Un nouveau venu dans le camp Bayrou, durant la campagne, qui penche nettement en faveur de Royal. Bref le ton est lancé. On n’est pas d’accord. Chaque intervention est ponctué d’applaudissements aussi nourris les uns que les autres en fonction des diverses attitudes.
Marc Sebeyran, répond argumente et tente surtout de convaincre les gens que le choix de chacun doit être respecté. La famille centriste provient de diverses origines et de diverses sensibilités, il n’est donc pas étonnant que les avis divergent. Ce ne doit donc pas être une raison pour se séparer. La conviction était forte autour du programme de François Bayrou, le deuxième tour doit rester un choix personnel qui ne doit en rien, quelque soit le choix de chacun officiel ou non, entacher le futur combat qui devra être mené par le centre pour les échéances législatives. Car selon lui, le véritable enjeu est là. Constituer un groupe de 60 à 80 députés pour peser de manière forte et incontournable sur la future politique menée au sein de ce pays et pouvoir s-il le faut aller jusqu’à proposer la censure d’un gouvernement (il faut 60 députés pour pouvoir déposer une motion de censure à l’assemblée nationale).
Les élus sont en revanche interpellés par nombre de personnes présentes, sur l’attitude des députés UDF qui rallient la candidature de leader de l’UMP au second tour. Là encore Marc Sebeyran tempère et explique. Pour lui sans cette trentaine de députés centristes qui depuis 2002 résiste en dépit de pressions énormes et quotidiennes, le combat de François Bayrou n’aurait pu se faire. S-ils ont résisté aux pressions depuis 2002, ce n’est pas maintenant qu’ils vont lâcher François Bayrou. Le fait qu’ils aient décidé de soutenir Nicolas Sarkozy, n’est pas non plus surprenant. Les élus ayant eu le courage de résister lors de la création de l’UMP pour éviter que le centre soit englobé sont tous issus du centre droit, il n’y en avait pas à ou très peu issus du centre gauche. Ces élus qui ne remettent pas du tout en cause leur engagement pour François Bayrou, tiennent évidemment compte du contexte local de leur circonscription, mais aussi de leur sensibilité propre. Cela ne remet nullement en cause leur engagement et leur souhait de travailler dans le futur dans un groupe de députés avec des collègues issus eux, du centre gauche. Simplement il faut reconnaître que la majorité de ces élus députés, sénateurs, conseillers régionaux ou généraux, maires qui ont eu le courage de résister à la vague UMP était issue du centre droit. Trahissent-ils pour autant les électeurs de gauche s’étant portés sur François Bayrou au premier tour ? Non François Bayrou veut rassembler autour de son nom des compétences des deux bords à même de travailler ensemble. Si le combat du premier tour a été perdu, il faut après ce deuxième tour que toutes ces origines diverses se remobilisent pour gagner le combat des législatives, pour préparer déjà 2012 bien sur, mais aussi pour obliger cette logique des deux blocs à évoluer pour le bien de notre pays durant les cinq prochaines années. Marc Sebeyran hausse même le ton lorsque les critiques se font plus insistantes. Mais croyez vous que ces cinq années furent faciles pour nous ? Croyez vous franchement que tout se passait dans le meilleur des mondes même pour les élus locaux ayant choisit de ne pas rejoindre l’UMP ? Non ce ne fut pas le cas, bien au contraire, alors si ces élus ont tenu jusque là, ils continueront le combat à vos cotés, même si lors de ce deuxième tour leur choix personnel ne correspond pas au vôtre. Pour que nous soyons tous rassemblés aujourd’hui, il a bien fallu que des hommes et des femmes aient le courage de s’opposer lorsque tant d’autres rentraient dans le rang. On ne peut accepter ce genre de procès d’intention.
A la question concernant les anciens UDF ayant rejoint l’UMP en 2002 particulièrement actifs entre ces deux tours, Valery Denis expliquait, leur hargne actuelle par le fait que pour eux la vie politique allait s’arrêter. En effet le résultat de l’UDF signifie pour eux qu’ils ne représentent plus rien au sein de l’UMP. Leur entreprise visant à faire croire à détruire l’UDF et à drainer au sein de l’UMP les voies centristes est un échec plus que cuisant. Ils ne représentent plus qu’eux même au sein de l’UMP. Ne vous laissez donc pas influencer par des Philippe Douste Blazy ou autres dont la rancoeur envers Bayrou n’a d’égal que l’ampleur de leur échec.
Bref, on discute, on échange, on n’est pas forcément d’accord, mais c’est bien là toute la richesse du centre. Le principal est de rester groupé et c’est bien le sentiment général qui primait en fin de réunion au sein de l’ensemble des participants. Objectif les législatives. Marc Seyberan a confirmé qu’il lancerait sa campagne le 10 mai, Alain Deroin, bien taciturne hier, est lui partant de son coté sur la deuxième circonscription face au candidat sortant UMP. En revanche pas de nom avancé contre Baroin sur la troisième. Pas pour l’instant en tout cas. Reste que les élus se sont bien gardés de parler des autres échéances électorales dans le département. Qu’en sera-t-il des alliances actuelles ? Ils ont sagement évité le débat sur ce sujet. En tous cas tous étaient bien décidés hier soir à soutenir largement leurs candidats aux futures législatives. Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu à l’UDF auboise autant de militants prêts à en découdre sur le terrain. Tout cela grâce à l’investissement de tous les instants d’un Pascal Landréat que chacun félicitait pour avoir su mobiliser aussi activement durant cette campagne et redonner à la section locale un dynamisme qu’elle n’avait plus connu depuis une bonne vingtaine d’années. Pour les centristes la campagne ne fait que commencer, arriveront-ils à bouleverser le paysage politique local ? En tout cas ils sont plus motivés que jamais. On continuera à les voir sur le terrain battre campagne pour leurs idées.









