On dira ce que l’on veut, les élections municipales donnent lieu à une campagne un peu plus dynamique que ces dernières années. Il est dommage que celle des cantonales soit à ce point mis en retrait car il s’agit aussi de renouveler la moitié du conseil général de l’Aube. Pas de débat à ce niveau, sauf évidement le scandale Bret sur son canton.
Pour revenir aux municipales, le débat est tout de même assez actif. Bien sur, il aurait être encore plus vivant sur Troyes si François Baroin avait accepté le débat. Sa stratégie n’a cependant pas si bien marché que cela. On assiste à Troyes à une forte campagne de terrain de la part des listes Myara et Beury et que l’on aime où pas ces deux là, pour une fois des gens s’engagent en politique sur un véritable programme. Nul doute que les électeurs réfléchiront avant de déposer leur bulletin dans l’urne et que contrairement à ce que Baroin et son microcosme distillent à foison en ville, cette élection n’est absolument pas gagnée d’avance pour lui. Des programmes souvent novateurs, mettant en avant la citoyenneté. Face à cela Baroin dans une brochure luxueuse et détaillée tente de faire un bilan inexact de son action. La majorité des réalisations de ce mandat présentées sur la brochure ont été payées et réalisées par la CAT et non la municipalité de Troyes. Il y a beaucoup de mensonges que nous qualifierons « par omission », mais tout de même la pilule est un peu forte à avaler. En tout cas bien que Baroin ait tout fait pour l’éviter, le débat existe dans cette campagne. La stratégie adoptée risque de se retourner contre lui. Surtout que la liste que Baroin a reconduite dans sa quasi intégralité n’offre même pas l’image d’un second souffle pour Troyes où de la volonté de changer les nombreux griefs que les troyens ont contre leur maire. Les scandales de Servigny où de la plombémie dans les écoles n’ont pas été oubliés de troyens qui souhaitent un véritable changement d’équipe. Le scrutin du 9 mars risque de réserver bien des surprises aux observateurs politiques.
Mais la densité de la campagne ne se résume bien sur pas qu’à Troyes. De nombreuses villes périphériques assistent également à une campagne fournie. A la Chapelle Saint Luc par exemple le débat ne se résume plus à une opposition gauche droite comme ces dernières années. L’ex apolitique Yves Rehn tente via l’UMP de sauver un bilan somme toute discutable. Olivier Girardin leader de la gauche locale se bat pied à pied sur le terrain pour présenter son projet. Mais un larron de dernière minute est venu brouiller un peu plus les cartes. La liste Defontaine pourrait elle aussi créer la surprise hors de cet affrontement gauche droite. Constituée de chapelains investis dans la vie de leur citée, bien malin qui pourrait présumer du score des trois listes au soir du premier tour.
A Sainte Savine, le débat est encore plus surprenant. Là, deux listes dites modérées s’affrontent au premier tour pour tenter de déloger le maire socialiste Arnaud sortant. Les Saviniens d’abord incrédules devant le fait que Pascal Thomas parachuté par Baroin n’ait réussit à s’entendre avec l’ancien maire Alain Coillot pour faire liste commune, assistent là encore à une campagne de terrain que cette ville n’a probablement jamais connue par le passé. La liste conduite par l’ancien maire, que l’on ne peut soupçonner de ne pas connaître très bien les affaires municipales saviniennes décortique point par point le bilan Arnaud travaille à convaincre les Saviniens que depuis six ans leur commune régresse. Pascal Thomas parachuté de Troyes a bien du mal à tirer son épingle du jeu. Que peut-il vraiment en effet apporter aux Saviniens ? Ceux-ci referont-ils confiance au maire sortant où bien seront-ils retentés de reconduire aux affaires leur ancien maire battu il y a six ans à la surprise générale. Encore une fois, bien malin qui pourrait donner un pronostique fiable.
A Saint Julien encore une triangulaire. Là c’est l’UMP qui n’est pas parvenue à faire le ménage chez elle. L’affrontement entre le maire sortant M. Tournemeule et D. Picara est presque sanglant, faisant plus penser à une querelle de clocher qu’à un réel enjeu municipal pour cette commune. Au gauche, une liste conduite par des sancéens moins connus certes continue une campagne de terrain et espère beaucoup de ce duel fratricide pour tenter de créer la surprise.
A Saint André, débat plus classique gauche droite. Enfin débat si l’on veut car le maire sortant A. Balan a décidé d’une stratégie identique à celle de Baroin. Pas de débat. Les dryats n’auront pas la chance de leurs voisins et auront à choisir essentiellement sur des critères politiques que sur de réelles propositions de programme.
A Pont Sainte Marie, la campagne bat son plein elle aussi. La surprise est venue d’un autre parachuté troyen, M. Rapinat. Cette arrivée ressemble plus à un règlement de compte diligenté directement par l’UMP face au maire sortant Modem Pascal Landréat, seul vrai poil à gratter de Baroin à la CAT durant le dernier mandat. On aurait pu s’attendre de la part du parachuté à une campagne novatrice. Non Pascal Landréat hurle même au plagiat de son propre programme. Cela conduit pourtant à une campagne très active sur la commune où les pontois sont sollicités de toute part.
A Saint Parres aussi, la campagne est vive. Face à la sortante C. Rota, le Modem C. Lambart se bat pour le renouveau de sa commune. La présence sur sa liste de représentants de la famille Gravelle a conforté sa position de réel challenger. Là encore on se bat bilan contre programme et les habitants assistent à un réel débat sur l’avenir de leur commune. Colette Rota habituée à ne pas avoir de réelle opposition dans sa commune devra continuer à batailler ferme si elle veut conserver sa poste. Une liste viellissante et comme c’est un peu la mode en ce moment, le refius total de débat. Les habitants apprécieront.
Ailleurs dans l’agglomération, la campagne semble plus terne où plus classique, bien qu’aux Noës des querelles de clocher divisent aussi l’ancienne municipalité. Mais la gestion de la ville ne devrait pas évoluer puisqu’ aucune vraie nouvelle alternative ne s’offre face à deux listes issues de la même au scrutin précédent. Pas d’opposition à Rosières face au maire sortant Rigaud. Pas de révolution à Bréviandes.
En bref cette campagne municipale est assez dynamique dans l’agglomération. Le microcosme politique local se gargarise en insufflant partout que la majorité des sortants se reconduite. Pourtant ces élections pourraient révèler un véritable tsunami politique local. Les surprises seront nombreuses. Les électeurs ont pour une fois, un choix diversifié. Eux seuls seront juges, les résultats du 9 mars au soir promettent d’être palpitants.









