Lundi 7 juillet s’est déroulé à Provins une importante réunion concernant la mise à grand gabarit de la Seine jusqu’à Nogent. A l’initiative de l’association « Le Pays du grand Provinois » Christian Jacob ancien Ministre, député Maire de Provins recevait le préfet de Seine et Marne pour une rencontre avec Pierre Verdeaux, ingénieur des Pont et Chaussées et Mme Nasserre de chef d’arrondissement Seine Amont deVNF (Voies Navigables de France).
Cela semble bouger un peu plus chez nos voisins que chez nous. En tout cas le dossier mobilise en Seine et Marne. Sur l’invitation de C. Jacob, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux transports s’est rendu il y a quelques mois sur la plate forme de Montereau pour se rendre compte de la situation. Il a immédiatement confié à Monsieur Pierre Verdeaux, une mission d’analyse sur le projet d’aménagement à grand Gabarit de « la petite Seine » et de « la haute Seine ». La réunion de lundi faisait le point sur l’avancée des travaux et la manière dont était menée l’étude. En présence d’un grand nombre d’élus du Pays de la Bassée, auquel s’étaient joints en voisins le Maire de Nogent représentant aussi Philippe Adnot et Gérard Menuel représentant la CAT, un détail rassurant des études en cours a été présenté.
Un chargé de mission du gouvernement et un plan d’action de VNF
Pierre Verdeaux a démarré son étude il y a deux mois et pense boucler celle-ci à échéance de septembre 2008. Le but de l’étude et clair ; conséquences écologiques de la mise à grand Gabarit et intérêt de navigation définis comme « plan Seine » qui permettra très rapidement de donner une première évaluation.
- Définition du mode de pilotage du projet mettant en jeu les CFER de deux régions (Ile de France et Champagne Ardennes) ainsi que les deux départements de Seine et Marne et de l’Aube.
- Proposer les modalités de mise en œuvre (études complémentaires et consultations)
- Précision des engagements préliminaires, travaux indispensables (exemple barrage de Beaulieu) en engageant une concertation rapide sur les financements
- Esquisse des scenarii possibles de mise à grand gabarit
De son coté Madame Naserre de VNF travaille sur un plan d’action avec Vision objective à 10 ans dont les conclusions seront rendues en septembre 2009.
- Etude socio économique du projet
- Diagnostic des ouvrages actuels
- Diagnostic de maintenance
- Diagnostic de gestion hydraulique des barrages
- Diagnostic écologique
VNF a d’ores et déjà engagé des travaux de fond sur un certain nombres d’écluses et continuera à travailler en 2008 et 2009 a optimiser encore le gabarit actuel de 1000 tonnes jusqu’à Nogent. En adoucissant les courbes actuelles en changeant les portes de certaines écluses. Tous les travaux menés le seront néanmoins dans un dimensionnement à 3000 tonnes.
Le monde économique a créé une associaition de lobbying specifique à ce projet
Au delà des études, les deux intervenants ont clairement appelé à l’aide les politiques, afin que leur démarche soit commune et unitaire, mais aussi ont réclamé un soutien du monde économique. Celui-ci était représenté par Jean Michel Henry, président de la toute récente association Seine à 3000 tonnes regroupant déjà une quinzaine d’entreprises de la Seine et Marne et de l’Aube. Jean Michel Henri est clair, si les pouvoirs publics se mobilisent, le monde économique se doit de se mobiliser également pour prouver chiffres à l’appuis tout l’intérêt économique du projet. C’est une grande première, car non seulement cette association regroupe le monde économique intéressé par le projet dans les deux départements, (elle est aussi en contact avec des entreprises de l’Yonne), mais elle compte en son sein de nouveaux partenaires tels que des industries lourdes comme Mefro Roues France de Troyes dont le potentiel exportation de containers oversea est très important (actuellement acheminés vers le Havre et Anvers par camions) où Eurodif fortement importatrice de containers du monde entier. Cela montre à quel point le projet est économiquement intéressant puisqu’il ne mobilise plus uniquement les « clients » traditionnels des voies fluviales que sont les industries agricoles telles Soufflet ou les entreprises de granulat pour travaux publics de la région de Montereau (membres également de l’association). Une rencontre a déjà été planifiée entre l’association et Monsieur Verdeau et aura lieu fin août.
Et dans l’Aube ?
Une réunion identique de présentation des études en cours devrait avoir lieu en septembre avec les décideurs de l’Aube. Contact a déjà été pris par monsieur Verdeaux avec le préfet de notre département. Christian Jacob, député, par ailleurs rapporteur à l’assemblée du grenelle de l’environnement est très mobilisé sur le sujet. Souhaitons que les politiques aubois soient à la hauteur. Il faudrait passer à la vitesse supérieure, il serait en effet dommage que la mise à grand gabarit s’arrête à Montereau en Seine et Marne faute de mobilisation immédiate de notre département. Le monde économique s’est pris en main et prend ses responsabilités. Les décisions nationales vont dans le même sens, que feront nos politiques aubois ? Contrairement à l’électrification de Paris Bâle, un grand nombre d’atouts et de volonté semblent converger pour une réalisation très rapide. Mais pour l’instant, l’Aube qui avait été fortement moteur en creusant lors de la construction de la centrale de Nogent, les fameux casiers pour mise à grand gabarit semble bien endormie aujourd’hui et se contente d’ en parler de temps à autre dans les diner en ville. On ne fait plus grand-chose.












