Cet été, le temps n’a pas toujours été avec nous. Mais le touriste n’est pas comme ça : ni le vent, ni la pluie, ni la fraîcheur ne l’arrête. Aussi, dressons un petit bilan de mi-saison de bon aloi...
Les plus érudits d’entre vous se souviendront peut être que le vieux grigou que je suis avait écrit quelques vils propos au sujet de certaines initiatives de l’Office du Tourisme pour cette saison. Pour toi, humble lecteur qui n’a pas lu ma prose en ce temps si lointain que les moins de deux mois ne peuvent pas connaître, tu le trouveras ici Le touriste, le Pousse-pousse et kiki.
Où l’auteur fait son mea culpa
En effet, je vais commencer par un petit mea culpa. J’écrivais dans un précédent article que le Pousse-pousse était loin d’être l’idée du siècle pour le tourisme à Troyes. J’argumentais en expliquant que si l’idée n’était pas mauvaise, le véhicule était peu adapté aux visites de nos rues, en particulier celles dotées de pavés (ce qui en fait tout de même un petit paquet, vous en conviendrez j’en suis sûr).
Mea culpa ! Mea maxima culpa ! J’hésitais à confirmer mes propos par un essai de ce véhicule inédit... Mais il ne serait pas dit qu’un rédacteur d’Auboisement Correct reculerait devant le danger, en particulier quand le danger a trois roues, un système électrique et une cycliste devant.
Soit ! Je profitais de voir le véhicule se garer place du marché au pain pour acheter un ticket afin de profiter du tour suivant. Certes, ce n’est pas gratuit, mais... Mais il faut le reconnaître, ce n’est pas si mal. Non pas que le véhicule soit incroyable : la cycliste qui nous conduit est au soleil, sous la pluie, etc... Et n’est pas toujours dans une position idéale pour nous donner les explications sur les bâtiments qui nous entourent. Oui, cela tangue dans les rues pavées, mais pas tant que l’on pouvait le supposer.
Mais surtout, la guide qui conduit le véhicule fait un excellent travail, bravo à elle. Sympathique, et avec un bon niveau d’anglais ainsi qu’assez de connaissances sur la ville pour répondre à la plupart des questions de bases posées par nos amis venus d’ailleurs (je parle des touristes), elle est pour beaucoup, je pense dans la réussite de l’engin.
Puisque c’est une réussite ! Il semblerait que régulièrement, les touristes viennent demander un petit tour de pousse-pousse...
Alors, Minos mauvaise langue ?
Pas sûr. Les défauts évoqués sont présents (difficultés pour la conductrice, adaptabilité aux pavés pas toujours optimales, etc...), mais la guide compense ces défauts en tentant d’être la plus agréable possible aux passagers.
Quant à la réussite du projet, elle est dûe à une demande touristique élevée pour tout ce qui est "véhicules de visite de ville" ; vous avez tous connu les petits trains blancs de visite touristique dans diverses villes, que certains appellaient "traîne-couillons". Alors, pousse-pousse, petit train, cheval ou même dinosaure en plastique mou, je suis sûr que ça marcherait toujours. Pas tant parce que l’initiative soit bonne, mais parce que dès qu’on peut visiter sans marcher, il y a une clientèle. La calèche en est un bon exemple.
Mais bon, mea culpa quand même !
Où le même auteur donne son avis sur le programme estival de l’Office
Maintenant, revenons à un peu à d’autres propositions de l’Office du Tourisme.
Les visites à thème, par exemple, continuent de marcher, ce qui est une excellente nouvelle. Cette année encore, le programme est varié, et en sus des visites quotidiennes du centre-ville, on peut s’inscrire à des visites plus poussées dans un domaine précis. Les guides sont patient(e)s, se prêtent bien au jeu des questions, et je conseille même aux troyens d’y participer : on ne connait jamais assez bien sa propre ville. Et on découvre toujours une anecdote plaisante, que l’on ressortira en invitant des amis, en feignant d’être un érudit. Ne faites pas les innocents, on l’a tous fait une fois : la culture, c’est comme la confiture...
Originalité cette année, les visites à vélo. Voilà le genre d’initiatives que l’on peut applaudir : un peu de sport, pas mal de découvertes, beaucoup de convivialité, et surtout, l’occasion pour nos amis lecteurs de découvrir Philippe Beury dans ses plus beaux atours de guide-cycliste.
C’est aussi une occasion de sortir un peu du bouchon, et d’aller faire un tour en périphérie de ce dernier, découvrir des monuments comme l’église Saint Martin ou Pont-Sainte-Marie.
Amusant, sympathique à recommander. Et là encore, pas seulement pour les touristes ; contrairement à une idée répandue, l’Office de Tourisme ne s’adresse pas qu’aux touristes venus d’autres horizons, mais aussi à toutes celles et ceux qui veulent découvrir la ville par divers moyens.
Où l’auteur reste quand même un sacré chafouin
Car oui ; l’Office fait du bon boulot. Mais pas seulement...
Et oui, si je reconnais que le pousse-pousse remplit son rôle, il y a quand même des petites choses à corriger.

- toutourisme
L’autre jour, je surprend sur les informations en ligne un article sur "l’office du toutourisme" (disponible ici, avec en guest star Patoche le labrador), information qui a visiblement beaucoup tourné sur les sites nationaux : l’Office du Toutourisme (marque déposée) fait parler de lui ! (voir LCI-info News-Yahoo) Si ça continue, on va avoir le droit au 13h de Pernaut, où après un bref reportage "en région" (comprendre, en province), on aura un commentaire du sourillant fanfaron calibre "Voilà une idée qui a du chien".
Bonne nouvelle ? Ca fait de la pub, certes, mais on aurait pû s’attarder à d’autres choses plus prioritaires avant. Quant à l’aspect du ridicule ou non de la chose, il est laissé à la subjectivité de chacun, bien entendu.
Et à titre personnel, j’aimerais connaître le coût de l’innovation.
Voyons en comparaison d’autres domaines.
L’office propose une gamme de produits variés, en particuliers de guides sur la ville plutôt bien faits. Hélas, disponibles en français, parfois en anglais, et beaucoup plus rarement en allemand. Quant à l’italien...
Je ne sais pas vous, mais moi je croise pas mal d’Italiens dans nos rues. Tenez, l’autre jour, j’en avais même un chez moi, venu avec son fils visiter notre bonne bourgade. On va les appeller César et Brutus, ça facilitera la compréhension du scénario, et puis ce sont les noms italiens les plus connus de nos amis écoliers qui nous lisent (du moins j’espère).
Si mon italien avait été un chien, il aurait eu le droit à des croquettes et une gamelle d’eau, voire même un sac à crottes en arrivant. Hélas, Brutus n’étant qu’un enfant, il n’a ni fontaine à eau ni coockies. Bon, remarquez, il pourrait faire sans, mais c’est sûr que quand il voit que les chiens sont accueillis tout spécialement, Brutus nous dit dans la langue de ses ancêtres que "Pourquoi le chien il a le droit à ça, et moi à rien ?"
Bien joué Brutus, la vérité sort toujours de la bouche des enfants.
Mais César, voyant son fils étonné, ne se laisse pas démonter pour autant. Il voit des produits pour enfants, qui pourraient intéresser son fils. Hélas, là encore, ces petits "guides-découvertes" pour enfants, plutôt bien faits, ne sont disponibles qu’en français : un petit anglais ne pourra pas en profiter. Pourtant, malgré les déclarations d’Edith Cresson sur la sexualité des anglais, il se trouve que les Grands Bretons se reproduisent et emmènent même leurs enfants en vacance. Dommage qu’on ai pas à disposition un petit quelque chose pour qu’ils s’occupent pendant que papa et maman visitent.
Quant à César, l’un des seuls guides en italiens qu’il pourra avoir sera un dépliant à 50 centimes d’euros, plutôt intéressant quand on a 2h pour découvrir la ville, mais qui ne fera pas office de "souvenir", pourtant bien utile pour présenter la ville autour de soi quand on retourne au pays : c’est parfois comme ça qu’on fait venir d’autres touristes.
Cet exemple a pour volonté de montrer le problème suivant : si l’Office du Toutourisme pourrait être un complément intéressant à l’accueil de nos touristes, il y avait peut être d’autres priorités, comme tenter d’obtenir de la documentation disponible dans une plus grande variété de langues...
Où l’auteur tempère un peu
Malgré cela, il faut bien reconnaître que l’Office du Tourisme de Troyes et sa Région fait tout de même du bon travail, et qu’un touriste qui cherche une information précise, s’il ne peut l’obtenir dans un guide non disponible en sa langue, pourra toujours se tourner vers le personnel d’accueil, qui en général se complète plutôt pas mal niveau langues. Bon, faudra pas amener un groupe de vieux hongrois ou de jeunes filles tchèques, mais bon, si on va dans cette direction, on ne s’arrête plus...
Il ne reste qu’à souhaiter que malgré le mauvais temps, les chiffres seront bons pour l’office de tourisme et pour les commerces de manière plus générale. Car oui, on a beau critiquer, on en veut pas moins la réussite des structures troyennes.
Où il convient de parler du vide sidéral qui règne parfois
Au passage, je plains les touristes venant à Troyes en semaine, puisqu’en dehors du week-end, cette année encore, il n’y a que relativement peu d’animation. Les Vendredi et Samedi, vous pouvez trouver ville en musiques, d’autres soirs vous rendre à ville en lumières, mais en semaine... Il semblerait qu’il n’y ai que relativement peu d’évènements originaux. Difficiles de faire rester des familles plusieurs jours si vous n’avez pas un dynamisme les invitant à rester profiter des animations locales.
Où il convient de dresser un bilan rapide du pavé du dessus
En quelques mots, voici un bref bilan de mi-saison
L’Office fait du bon boulot et cette année encore propose des nouveautés intéressantes : visites à vélo, nouveaux thèmes...
Le pousse-pousse marche, mais en grande partie grâce à la curiosité qu’il suscite et son aspect "visiter sans marcher", au même titre qu’un petit train. Sa guide joue très probablement un rôle majeur dans la bonne impression que suscite le véhicule.
L’Office du Toutourisme, dont le coût nous échappe, se pose là mais n’était peut être pas indispensable, par rapport d’autres domaines très en retard.
La ville de Troyes est encore trop peu animée l’été, et n’a pas de dynamique suffisante pour créer une véritable force centripète.
Souhaitons bonne chance à l’Office et à la ville pour bien finir cette saison touristique 2007 ! Et espérons que ma plume soit moins acide en 2008...
J’en profite, puisque j’ai entendu une rumeur disant qu’on cherchait dans certains lieux un certain Minos pour le démasquer. Je m’excuse donc auprès des personnes que l’on aurait pû accuser d’être Minos, et qui s’en seraient offusquées.
Je souhaite cependant bonne chance à mes poursuivants (j’adore jouer le Fantomas local), que je salue d’ailleurs ici, mais à qui je tiens à dire que puisque nous ne nous connaissons pas, cela risque d’être difficle. Et que même une fois démasqué, je suis trop âgé pour une bonne fessée, alors disons simplement que j’espère que mes critiques de vieux grisonnant serviront à apporter quelques pistes de réflexions.
Ne dénigrons pas, critiquons ! Ne nous contentons pas de critiquer, construisons ! D’où les quelques pistes proposées ici...








