Un arbre au long cours, un arbre au vert durable et solide, marque Noël, abrite les cadeaux gentils, et quelques lueurs fragiles.
Ai-je le droit de détester les sapins en plastoque, les ternes flammes électriques et les bidouilleries adéquates ? Est-ce la nostalgie des sapins de nos enfances ? De la bougie vive et délicate qui vient de la nuit des temps ? Ou de cette nuit de miracle qui fait grand remède au train-train des jours très profanes et trop souvent profanés ?
Les sapins d’artifice marquent la victoire de Karrefour et de Prisunik sur les petits morceaux de vraie nature qui magnifient pour un temps l’ordinaire étouffé de la salle à manger.
Ai-je le droit d’arracher un sapin petit au sol qui l’a vu naître, en ces temps d’indispensable écologie ?
La vie brève d’un enfant d’arbre est-elle nécessaire aux merveilles fabriquées d’un enfant d’homme ?
Les aiguilles qui tombent trop vite, à la chaleur épaisse et surchauffée de l’Habitation Longue Maladie, font-elles le tapis éphémère d’un rite hivernal qui s’éteint ?
Mais peut-être que le sacrifice discret et silencieux du sapin de Noël, là-bas, à l’écart des villes, permet de sauver un bout de terre, avec de la végétation aigue et piquante, et l’odeur rafraîchissante des sapins sous la pluie froide, ou la neige fraiche…
Les sapins de Copenhague ont-ils les épines de la colère ?









