L’Est-Eclair et Libération-Champagne ont une liste de mots interdits. Parmi ceux-ci : auboisementcorrect et Michel Guéritte figurent en bonne place. En témoigne un article qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un communiqué de presse de l’Andra.
Ainsi, dans un article consacré à la présence de déchets nucléaires à vie longue à Soulaines, le journaliste écrit :« Certains militants antinucléaires s’émeuvent, notamment au travers de leurs sites internet, ... ». Ces "certains militants", c’est Michel Guéritte. Leurs "sites internet", c’est Villesurterre et accessoirement auboisementcorrect. Et l’article qui suscite cette réaction, c’est celui-ci : L’Andra triche !. Mais pas question de citer ces mots interdits !
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que nos amis de Chapi-Chapo reprennent certaines infos du net sans citer leurs sources. Surtout lorsque ces sources sont jugées “ peu fréquentables”. Au mieux, font-ils allusion à “un certain blog” ou “un site internet bien connu” pour évoquer auboisementcorrect. Mais pas question d’écrire ces mots tabous, de faire une quelconque publicité, à notre site ou à Michel Guéritte et sa bande d’excités. Quitte à rabaisser le métier de journaliste au rôle de porte-plume de l’Andra.
Car dans ce même article, le journaliste laisse l’Andra s’exprimer largement. Passons sur le titre qui évoque avec un doux euphémisme "des radioéléments à vie longue" pour parler de déchets nucléaires dont la radioactivité durera plusieurs centaines de milliers d’années. La moitié du texte n’est que la citation de la position officielle de l’Agence nationale. Rien que ça ! On nous y explique que tout va bien, tout est normal, tout est sous contrôle. Comme à Cadarache... On justifie la présence de déchets à vie longue par le fait : « qu’il est très difficile de séparer des éléments à vie courte de ces éléments à vie longue ». Ben voyons... Et c’est pour ça qu’on enfouie des déchets à vie longue dans des conditions prévues pour des déchets à vie courte ! Le procédé n’est pas sans rappeler les conditions de rejets radioactifs de Soulaines. Strictement interdits à l’ouverture du CSA, en théorie au moins, les émissions d’effluents radioactifs ont quelques années plus tard été admises et « légalisées ». Bis répétita, on triture une nouvelle fois la règle au grès des circonstances et des besoins sans véritable soucis pour les générations futures. A charge pour ces dernières, dans quelques centaines d’années, de deviner que des déchets à vie longue sont cachés parmi ceux à vie courte.
Cet article a donc tout : le goût, la saveur, la couleur et l’objectivité, d’un communiqué de presse. Sauf qu’il n’en a pas le nom. Sauf que, sans le contre-poids des opposants à l’enfouissement, il interdit au lecteur de se forger sa propre conviction.











