Nous sommes déjà au début du mois de décembre. Dans 98 jours (14 semaines), nous aurons une première indication fiable sur le sort de Troyes et de la CAT puisque nous serons au lendemain du premier tour des municipales.
98 jours ! François Baroin sera-t-il réélu triomphalement au premier tour comme le pensent ses thuriféraires ? Sera-t-il opposé à la liste de Jaïm Myara arrivée en tête de l’opposition au second tour, reproduisant un schéma classique de la politique auboise ? Où Philippe Beury créera-t-il la surprise en devenant le leader de l’opposition à Troyes ? Personne ne le sait…
Ce qui est certain c’est que la position de François Baroin, pour la première fois à Troyes, est une position défensive. Jamais réellement contesté dans cette ville, l’ancien ministre voit son aura pâlir et sa domination outrageante s’amenuiser…
Ce qui est certain c’est que les nombreux déçus ont enfin trouvé l’occasion d’exprimer leur courroux…
Ce qui est certain c’est que l’on ne sait rien du résultat à trois mois des élections ; ce qui n’était pas le cas en 1995 ou 2001…
On connaît les principaux candidats en lice : ce seront François Baroin, Philippe Beury et Jaïm Myara. On ne connaît que le projet du candidat investi par le MoDem et quelques bribes de celui du PS local. On ne sait rien des listes. On ne sait pas grand-chose de la réaction des Troyens.
Pour François Baroin la problématique est simple. Il sait que plus on parle de bilan, plus on parle de projet, plus on parle résultats, sa position s’amenuise. Il fera donc tout pour engager la controverse le plus tard possible, pour refuser la confrontation, pour s’éloigner du débat. Pendant de longues semaines encore nous aurons droit à des projets fumeux, à des inaugurations de circonstance, à des illuminations qui n’auront pas pour seule raison les fêtes de Noël.
Pour Jaïm Myara c’est aussi assez facile. Confortablement assis sur les réflexes électoraux de la « gauche », il doit savoir capitaliser sur ceux qui votent pour une étiquette, ne pas effrayer la « gauche de la gauche », rassembler son camp pour rester en tête de l’opposition au premier tour et pouvoir imposer à Philippe Beury un deuxième tour à sa main. En fait moins la campagne sera intense plus il risque d’obtenir ce résultat ; ce début de campagne « raté » d’après les partisans de Beury est peut-être plus une réussite tactique qu’un échec...
Pour Philippe Beury cela semble beaucoup plus complexe. Incapable de parvenir à devenir la tête de liste unique de l’opposition il lui faut résoudre la quadrature du cercle : battre les socialistes au premier tour en obtenant le vote d’une grande partie du PS, mettre Baroin en ballotage en prenant des votes dans le camp de la droite sans pour autant mettre une distance trop grande avec la gauche, mettre suffisamment d’écart entre ses résultats et ceux du PS pour imposer à celui-ci une négociation en sa faveur, convaincre les Troyens qu’il a l’envergure d’un maire. Finalement seul Philippe Beury doit parler de Troyes et des Troyens... pas étonnant qu’il soit le seul à le faire ! Car, en déplaçant le débat sur la problématique locale il peut gagner. Il le sait... Saura-t-il le faire ?
Incontestablement le challenge le plus grand sera celui du candidat du MoDem.
S’il réussit son pari Philippe Beury sera Maire de Troyes, s’il le rate, il sera rapidement oublié comme un trublion insignifiant de la politique auboise. Le deuxième tour opposera le PS à l’UMP dans une ville où la droite gagne toujours... Et la majorité de déçu de Baroin votera de nouveau Baroin à défaut d’autre chose...
Reste que personne ne sait rien du résultat final… Ce qui n’était pas le cas il y a encore quelque mois et qui est une première victoire pour le médecin troyen… Première victoire avant le succès final ou dernière illusion avant la défaite ? Les Troyens ont la décision… Pour la première fois depuis longtemps ils ont le choix, qu’ils choisissent…









