« Leclerc » va être le Sauveur de la France. Sauveur du pouvoir d’achat – si, si, son PDG vient nous le dire presque tous les jours à la TV, et Attali abonde en son sens, c’est ce que l’on pourrait croire -. Sauveur du petit commerce de Lusigny – si, si, c’est le maire et le C.D.E.C. qui en sont convaincus ; tout au moins, il ne saurait leur nuire -. Leclerc Sauveur du « Passage Saint-Nicolas » –si, si, c’est le maire de Troyes qui nous l’affirme !!! Vive Leclerc !!!
Il faut absolument avoir la bourse pleine
Pas de doute, pour sauver le projet du « Passage Saint-Nicolas », il fallait une telle enseigne ! On est prêt à toutes les concessions « par défaut ». L’adoption d’un projet « par défaut », ce n’est pas nouveau, ce serait même une habitude (oserai-je rappeler le label UNESCO ?). Il faut bien prendre ce qui vient. Le problème, dans ce genre d’habitude, c’est que faute d’idées originales et d’imagination, on s’en remet à d’autres, à des cabinets privés. On balance la patate chaude et on s’en lave les mains… Serait-on en manque d’idées à ce point chez les penseurs de la ville ? Quoiqu’il en soit, le projet ne semble guère plaire chez les autres commerçants mais sauront-ils s’organiser à temps pour se faire entendre, c’est que ça urge !!! La concurrence est-elle équitable ? Attali, certes, prône pour la libre concurrence, mais celle-ci devra se faire entre les grandes enseignes, prévoyant un protection du commerce de proximité. Ici, on prend à son profit l’idée du libéralisme, mais se soucie-t-on de protéger ce commerce de proximité qui risque de pâtir d’une telle concurrence ? Quoiqu’il en soit, les communistes n’en décolèrent pas, ils en sont tout rouge de rage. Peut-être parviendront-ils à sauver le nom de « Bourse du Travail » ?
Ça urge
Le CDEC devrait trancher très bientôt, ce 31 janvier et nous pouvons nous rassurer que cette commission de sages (la Commission Départementale d’Equipement Commercial) saura trancher avec la plus parfaite impartialité. Je me répète, je l’avais déjà pour le cas d’une installation d’une même enseigne à Lusigny.
Les services de l’Etat sont sensés être intervenus dans le cadre de ce dossier : la préfecture assure le secrétariat de la commission et examine la recevabilité des demandes ; la direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF) instruit les dossiers et les rapporte devant la commission ; la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) évalue l’impact du projet en termes d’emplois salariés et non salariés ; la direction départementale de l’équipement (DDE) formule un avis sur l’impact du projet au regard notamment de l’aménagement du territoire et de l’équilibre de l’agglomération.
Mais répétons nous donc. La CDEC est constituée de 6 personnalités :
3 élus locaux : le maire de la commune d’implantation (ici l’initiateur du projet ; on ne peut que penser qu’il donnera un avis favorable !!!), le maire de la commune la plus peuplée de l’arrondissement d’implantation (ici, Monsieur Rehn, maire de la Chapelle-Saint-Luc, membre du même parti que le maire de Troyes !!!) et le représentant de l’établissement public de coopération intercommunale ou, à défaut, le conseiller général (pour la C.A.T. c’est à nouveau le maire de la commune, pour le Conseiller génénal, il y a le choix.)
3 personnalités : les présidents de la chambre de commerce et d’industrie et de la chambre des métiers ou leurs représentants, un représentant des associations de consommateurs du département (mandat de 3 ans).
Au vu de la composition du CDEC, nous pouvons prévoir d’avance le résultat … Mais vive le libéralisme et la libre concurrence, il paraît que ce sera bon pour le reste du centre ville. De puissantes enseignes en ont douté et ont refusé de s’installer ; n’est-ce pas un signe ? Alors faute de mieux, on fait appel encore à un groupe « par défaut ». Le centre Ville devra-t-il toujours se contenter de décisions « par défaut » ?
Des idées, on en a ; Toto en a
Si vous êtes à court d’idées, il suffit de m’envoyer un mail. Et pour mettre en application celles-ci, je fais appel à Monsieur le Maire de Troyes, à ses grandes déclarations lors de ses vœux, que le développement durable deviendrait l’une de ses principales priorités. Pour animer la place très froide et cette partie de la ville, il n’y a pas de doute, il faut des activités attractives, originales, équilibrées avec les commerces existants en proposant d’autres catégories de produits, multipliant l’offre et la variété.
Mon idée : un pôle de développement durable et équitable
Commerces spécialisés dans des produits biologiques, régionaux (les touristes sont toujours à la recherche de ce type de marchandises) et issus de l’économie équitable : il n’y a rien de tel au centre ville et les concentrer dans un même pôle leur donnerait plus de poids car ils offriraient sur un même site la variété.
Restaurants et brasseries offrant des menus préparés à partir des produits biologiques, régionaux et équitables, proposant des concerts en soirée… Des soirées à thème seraient proposées afin de découvrir la cuisine et les musiques du monde ou de nos régions.
Halte-Garderie pour que l’on puisse de la « Bourse du Travail » se promener en ville et faire ses achats tranquillement ; pour les enfants, seraient prévus des activités culturelles et sensibilisation au développement durable avec des ateliers qui pourraient reprendre le principe de « Mom’Art » autour du tri des déchets, des économies pouvant être faites dans la vie quotidienne, et tout autres apprentissages citoyens. Il y a des compétences à Troyes à développer dans ce domaine et l’atelier « Môm-Art » est sans aucun doute un exemple à suivre.
Plutôt que de reconstruire un bâtiment à l’emplacement de l’ancienne clinique : pourquoi pas ne pas créer un square avec un jardin éducatif, lié à la garderie, pour sensibiliser au jardinage, à l’entretient des plantes, au goût ; un jardin saisonnier, avec un petit verger élaboré avec l’association des « Croqueurs de Pommes »
Rêvons, rêvons… Mais un tel projet devrait s’accompagner par la réalisation d’un des vœux les plus chers de ceux qui veulent faire de l’ancienne « Bourse du Travail » un lieu de la mémoire ouvrière et bonnetière, la réalisation du musée tant attendu à Troyes.
Alors pourquoi reporter cette commission ? Monsieur le Président de la République vient de se voir remettre un rapport dans lequel, en particulier, les experts nommés réclament une mise en concurrence des grandes enseignes pour leur implantation. Une telle mise en concurrence a-t-elle été faite ? Ce libéralisme se doit être accompagné d’une protection accrue du petit commerce. Qu’en est-il ? Que dit l’étude de la DDCCRF ? Quel sera l’impact sur les autres commerces du centre ville ?










