On la croyait disparue...fâchée à tout jamais de l’incivilité des piétonnes à talons et des bus nonchalants... Mais elle revient, la borne de la rue Zola. Elle aurait pu faire un retour discret, revenir sur la pointe des pieds, la tête basse, honteuse d’avoir abandonné le pavé et la pierre d’étrochey troyenne. Mais non. Décidemment, cette borne n’a aucun sens de l’humilité, ni la moindre once de modestie.
De sources bien informées, notre borne aurait exigé un retour digne de César après la guerre des Gaules. A défaut de pouvoir traîner un Vercingétorix défait sur une vague colline bourguignonne, l’amie la borne se serait contenté des carcasses des bus et des voitures qui ont trépassé par sa faute.
La négociation fut rude. François Mandelli et Gérard Menuel chargés de l’affaire par François Baroin (retenu à Paris pour, on ne sait, quel cocktail) ont bataillé ferme. Les deux hommes, quand il s’agit de négocier ont du talent ! Chacun se souvient de Fifi (c’est le petit nom de Mandelli) et des forains... Le feu d’artifice, à l’Hôtel de Ville, ne fut pas loin ce soir là... Chacun garde également en mémoire le talent de Menuel, alors député, pour obtenirl’électrification de la ligne Paris-Bâle...
Mais tout cela, c’est le passé, comme disait ma grand-mère. Et nos deux élus, après de longues nuits de palabres, ont finalement obtenu un compromis.
La borne reviendra. Aucune fanfare, mais des milliers de petits cartons dans les boîtes aux lettres pour nous annoncer son retour.
Pas de jour de fête, mais une rue Zola bloquée 3 jours, le temps de savourer son come-back et d’espérer le regard admiratif des passants. La borne est coquette ; il lui faut du temps pour se faire belle !
Pas la moindre carcasse, mais l’interdiction faite aux véhicules de plus de 7,50 mètres de circuler à sa proximité. Car la borne est rancunière, incapable de supporter la compagnie d’un truc qui pourrait ressembler à un bus.
Le 3 juillet, tout sera donc rentré dans l’ordre. La borne sera là. Prête à rentrer dans son trou au moindre signal. Prête encore, à éventrer le bus fatigué ou la voiture imprudente.











