Le cumul des mandats est l’un des sujets qui reviennent couramment dans les commentaires à propos de nos hommes politiques. D’un côté, en entend dire que le cumul serait un inconvénient. Peut-on s’occuper de tout à la fois et de façon convenable ? De l’autre, on nous dit que le cumul de certaines fonctions apportent compétences et bonne connaissance des dossiers. Et tandis que l’on reproche à Nicolas Dhuicq de cumuler, on prête à Marc Sebeyran et Line Bret une meilleure connaissance des dossiers. Des commentaires bien contradictoires que je vous invite à relire.
Marc Sebeyran revient pour la seconde fois aux élections législatives.
Lors des précédentes élections législatives, l’espoir de Marc Sebeyran était né de la volonté de Pierre Micaux, alors à l’U.D.F., de se retirer après quelques 24 ans de mandats. Mais le résultat de la présidentielle et le score élevé du F.N. avait changé la donne. Il fallait rassembler au maximum autour du président de la république et d’autant plus rassembler que la circonscription avait donné des signes forts vers le F.N. C’est sans doute ce qui décida Pierre Micaux, U.D.F., à rejoindre l’Union pour la Majorité Présidentielle et à se représenter, avec pour suppléant Nicolas Dhuicq. L’U.M.P. lui accorda son investiture, mettant Marc Sebeyran dans une position de dissident. Nous connaissons le résultat : des résultats très serrés au premier tour entre Line Bret (23,4 %, soit 8133 voix) et Pierre Micaux (22,5 %, soit 7837 voix). Juste derrière venaient Marc Sebeyran et Bruno Subtil, avec un petit écart de 437 voix (19,6 % pour le premier et 18 % pour le second). Un autre ancien professeur d’Histoire, Michel Roche, avait joué les trouble-fête à droite, emportant quelques 9,6 % des voix.
Cependant, la circonscription étant très ancrée à droite, et malgré la première place de Line Bret au premier tour, le report des voix fut logiquement favorable à Pierre Micaux, l’emportant avec 56,6 % des voix, sans pour autant cumuler tout le potentiel de votes de droite du premier tour…
De nouvelles circonstances
Aujourd’hui, les circonstances sont nouvelles. L’U.D.F. se montre sur le plan national très conquérante et donne à Marc Sebeyran une véritable stature d’alternative à l’U.M.P. Il est fort à parier que le combat primordial se fera au premier tour entre Nicolas Dhuicq et Marc Sebeyran. Et que gagner cette première bataille assurera de la victoire finale. On taxe Nicolas Dhuicq d’inexpérience, de méconnaissance des dossiers. Mais il ne faut pas oublier qu’il est Conseiller Général et qu’il est fortement ancré dans son canton, bénéficiant dès le premier tour de son élection de 40,5 % des voix, contre 25,44 % pour Bertrand Mathieu, son rival P.S. du second tour. Nicolas Dhuicq a toujours été un fidèle soutien au président Philippe Adnot, ce qui n’est pas rien pour une circonscription à forte connotation rural.
Cependant tout reste ouvert. Il est fort à parier que le vote frontiste, dans cette circonscription, ne faiblisse pas et bien au contraire se renforce, surtout si le F.N. se maintien à un fort taux aux présidentielles. La nouvelle donne est que le vote au F.N. est désormais décomplexé et on le revendique plus haut et fort aujourd’hui. Enfin Bruno Subtil a acquis une véritable stature régionale élu à Troyes et à la Région.
Quelle est la marge de progression du P.S. dans cette circonscription ? Telle est aussi une question importante. Le P.S. fut-il la première victime des 41 % d’abstentions aux législatives dans cette circonscription en 2002 ? Quelle place peut se faire le candidat écologiste ?
Sebeyran cumulard, avantage ou inconvénient ?
Marc Sebeyran est le 1er maire-adjoint de Troyes, il a de lourdes responsabilités en tant que chargé des finances, de la culture et du patrimoine, et de l’enseignement supérieur et à ce titre membre du Conseil d’Administration de l’U.T.T.
Chargé des Finances :
· Objectifs et équilibres financiers (budgets et décisions modificatives)
· Garantie d’emprunts
· Gestion de la dette
· Suivi de la mission d’audit juridique
Chargé de la Culture et du Patrimoine :
· Enseignement culturel et animation
· Gestion et occupation des équipements
· Animation du patrimoine
· Relations avec les associations
Chargé de l’Enseignement Supérieur :
· Relations avec les autorités universitaires et les collectivités
· Gestion des équipement municipaux
· Développement des pôles universitaires
(source : http://www.ville-troyes.fr/scripts/...)
Il est vice-président de la C.A.T., président de la Maison du Boulanger, président de l’Office de Tourisme, Vice-Président de la SDEA.
Il est encore Conseiller Régional, dans lequel il est membre de la commission permanente, membre de la commission Politiques territoriales – Tourisme – Aménagement du territoire, membre de la commission Culture – Vie culturelle – Patrimoine et membre du bureau de l’O.R.C.C.A., Président de la Fédération régionale des MJC.
Son image d’intellectuel et de poids lourd de la politique culturelle de la ville de Troyes et de l’agglomération suffira-t-elle à lui assurer une bonne image aux yeux des citoyens d’une circonscription rurale. La tribune que lui assure la Maison du Patrimoine et la Maison du Boulanger saura-t-elle dépasser le cercle troyen qu’il a su se constituer ? Son association étroite au projet de classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco sur un thème très controversé, ne risque-t-elle pas de ternir cette image culturelle ?
Et s’il est élu, renoncera-t-il à ses autres mandats ?










