Sur la chaîne parlementaire LCP-Assemblée Nationale, relayée par une dépêche de l’AFP, le maire de Troyes, François Baroin invite le président de la République à recevoir le chef spirituel du Tibet et à marquer, avec force, la position de la France en matière des droits de l’Homme.
Quelle belle idée qui, pour une fois, fera consensus au sein des responsables politiques locaux.
Car à gauche, à droite, au centre, on sait nos élus unis par le même désir de défendre les droits de l’Homme. Baroin, Myara, Beury ou Sebeyran, ont tous la même foi dans ces valeurs qui fondent notre république. L’occasion est donc inédite de décliner localement les propos de François Baroin en faveur du peuple tibétain.
Comment ? En plaçant, à l’image d’autres communes, au fronton de notre hôtel de Ville, le drapeau tibétain.
Hélas, à cette proposition, évoquée par la journaliste de LCP, François Baroin a répondu : hésitant, tentant de botter en touche avant finalement de s’interroger : « Est-ce qu’on doit prendre les troyens en otage sur la rivalité entre le Tibet la Chine ? ». Autrement dit, notre maire estime qu’afficher son soutien au peuple tibétain revient à prendre en otage les Troyens ! Chacun appréciera la portée politique de ces paroles ! Est-il si indigne, si honteux de vouloir défendre les droits de l’Homme ? Est-il impensable de condamner la dictature chinoise ? Est-il si incongru de souhaiter soutenir un peuple soumis à l’oppression ?
Il y a en tout cas une grande incohérence entre les propos vigoureux de notre maire, face à l’immobilisme de la diplomatie française, et son absence de volonté d’agir symboliquement au sein de sa municipalité.
Pourtant, ailleurs, les municipalités agissent :
Nantes a fait ce geste, lançant, selon les mots de son maire : « un appel à la Chine pour que cessent toutes les violences contre les manifestants tibétains, c’est un appel pour que l’identité culturelle, religieuse et politique du Tibet soit enfin reconnue par la Chine ».
Dans le Nord, Liévin a choisi également ce geste symbolique.
Outre ces deux exemples, Lille (PS), Annemasse (PS) , Nancy (UMP), Pau (PS) Valenciennes (UMP), Douai (UMP)... ont également "pris en otage" leurs habitants au nom des droits de l’Homme et pour la fin de la répression au Tibet.
Les Verts viennent, eux aussi, d’adopter une déclaration sur le Tibet demandant à leurs élus, notamment leurs 41 maires, de hisser au fronton de leur mairie le drapeau tibétain "pour symboliser la résistance de ce peuple".
Au total, en Europe, plus de 400 municipalités exposent aujourd’hui le drapeau tibétain, dont plus de 200 en France.
Le prochain conseil municipal aura lieu d’ici quelques jours. Il peut être l’occasion d’adopter une motion (voir le modèle au bas de cet article) marquant le soutien de notre ville aux tibétains, indiquant notre volonté commune de faire respecter les droits fondamentaux de ce peuple et permettant de traduire en un acte symbolique, les propos de notre Maire.
Aux nouveaux élus de montrer, maintenant, qu’ils peuvent agir et se retrouver autour des valeurs qui fondent notre démocratie.










