L'article

7
mai
2007

Le chant du cygne d’Epinay... le renouveau de la Gauche.

Pour la troisième fois consécutive, la gauche vient de perdre l’élection présidentielle. Et mis à part la victoire de Jospin en 1997, la gauche a échoué à toutes les élections nationales depuis 1988. Les succès des élections régionales et européennes de 2004 ont fait illusion. En réalité, il s’agissait davantage d’un vote de rejet plutôt que d’un vote d’adhésion.

Une partie de la Gauche s’est bercée d’illusion de ces fausses victoires et du Non au référendum de 2005 ; croyant qu’elle avait enfin renoué avec les catégories populaires... En vérité, en agitant l’angoisse de la mondialisation, la peur des délocalisations, la crainte d’une Europe élargie, la Gauche a fait le lit du conservatisme et du protectionnisme. Sarkozy, n’avait plus qu’à endosser la figure protectrice et paternaliste, faite, presque pour lui...

Le bon score de Ségolène Royal le 22 avril n’aura été que le chant du cygne, le crépuscule d’une gauche idéologiquement éclatée, une victoire à la Pyrrhus, tant les alliés traditionnels du PS étaient affaiblis. Au fond, Ségolène n’a du sa présence au second tour qu’à l’immense crainte des électeurs, de voir encore une fois, le second tour confisqué par le Front National.

Il n’y a à gauche, plus d’envie, plus de désir de travailler ensemble. Il n’y plus de cohérence, plus de projet commun. A Sainte-Savine, lors du dernier meeting de soutien à Ségolène Royal, les spectateurs auront constaté à quel point sont nombreuses les lignes de fracture qui déchirent la gauche. 10 interventions et presque autant de déchirures entre les uns et les autres. Que reste-t-il de commun entre un communiste anti-libérale et un radical qui revendique la social-démocratie et sa proximité avec Bayrou ? Comment peuvent s’entendre un chevénentiste europhobe et un écologiste europhile ?

Mais ce chant du cygne marque peut-être, le renouveau de la Gauche française et le début de son aggiornamento. Le PS ne peut plus gagner seul. De nouvelles alliances sont pour lui nécessaires notamment avec les écologistes et les centristes. Mais pour opérer cette révolution, le parti socialiste devra accepter de tourner la page d’Epinay et devenir le grand parti de la social-démocratie. Le Mouvement Démocrate de Bayrou devra également rompre clairement avec la droite. L’inertie est cependant forte. Localement, la vieille garde socialiste fera tout pour freiner ses évolutions. Au centre, Sebeyran et Deroin ont, avant même les résultats du second tour, rallié la droite. A cet égard, l’UDF ressemble encore à une vieille bagnole qui tire à droite malgré les efforts du chauffeur pour braquer à gauche...

Bien plus que ces combinaisons, cette nouvelle alliance devra bâtir un nouveau projet politique : Un projet qui accepte enfin l’économie de marché, sans se résigner à inventer de nouvelles règles pour ce marché ; un projet qui mette en son coeur la construction d’une Europe politique ; un projet qui fasse de l’écologie une priorité absolue.

Royal, Bayrou, Kouchner ou Cohn Bendit ont déjà semé les graines de ce projet. A chacun maintenant d’assurer une belle récolte dans les semaines et les mois prochains.



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Les commentaires (20)

Le chant du cygne d’Epinay... le renouveau de la Gauche.
  • Commentaire 6332 Al.
    le 7 mai 2007  à 22:45

    Pour un parti qui a pris comme slogan "Désirs d’avenir", il en aura mis du temps à reconnaître l’économie de marché et s’il ne se débarasse pas de théoriciens nationalement et comme Pierre Descaves localement par exemple, il aura du mal à réussir sa refondation.Trop de cadres issus de la fonction publique, observez les candidats dans l’Aube, il viennent d’où, pas de la classe ouvrière dont il se veut le défenseur. C’est pas plutôt la gauche la plus bête du monde ? Sociologiquement, les Français votent grosso modo entre 55 et 65% à droite, vous croyez vraiment à une alliance PS/Mouvement démocrate, ça représentera au plus 35% selon moi.

  • Commentaire 6424
    le 9 mai 2007  à 22:49

    J’hèle Al ;d’où viennent les candidats de droite aux legislatives dans l’aube ;combien sont des ouvriers,des employés ou des cadres du privé ?aujourd’hui,que l’on soit d’un bord ou de l’autre,seuls les nantis des fonctions publiques ou ceux dont les finances permettent de faire de la politique-lobbyng peuvent acceder à la candidature.

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  • Commentaire 6341
    le 7 mai 2007  à 23:20

    Admettons que les idées soient bonnes à gauche, encore faudra-t-il savoir les présenter.

    Un pacte présidentiel en 100 points là où la droite martelée sa quinzaine de proposition .

    A l’heure des SMS, de la déclaration d’amour sur MSN en 5 lignes, de l’internet lu en biais, il va falloir s’adapter aux nouveaux modes de communication, même si c’est pas kiffant, même si ça peut sembler tirer le niveau vers le bas, je ne vois pas d’autres solutions pour reprendre du terrain éléctoral.

    Désirs d’avenir, ça fait rêver.
    Ensemble tout devient possible, ça fait voter.

    Bref, en 2007, les électeurs voulaient qu’on leur parle du présent, du court terme, même s’ils n’avaient rien à y gagner. En 2012, il faudra être suffisament dans l’air du temps pour gagner l’élection.

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  • Commentaire 6346 Liliane
    le 8 mai 2007  à 01:29

    Bravo Sainclair pour ton honnêteté !
    La gauche a en effet tout à gagner à rééclairer ses bases et ses méthodes de fonctionnement. Pour cela, peu importe les % des courants, les nécessités d’alliances ou non... Les gens de gauche, quels que soient leur tendance, leur âge, leur sexe, leur positionnement face aux exigences de l’Europe ou aux lois de la concurrence, doivent d’abord faire acte de bonne volonté : rien ne se fera sans en passer par une recompréhension de nos fondations historiques, nos attachements aux principes nés de la Révolution de 1789, notre relation avec l’ère industrielle, nos positionnements éclatés face aux thèses marxistes, face à notre culture de l’Etat providence, face aux notions d’humanisme, de redistribution, de droit d’ingérence, etc., et nos rapports face à un monde en mutation constante.
    Etre de gauche ne peut plus signifier s’inscrire dans la fixité, même lorsqu’elle affiche toutes les meilleures "valeurs" du monde. Evoluer ne signifie pas renoncer, ça signifie bien évoluer.

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  • Commentaire 6354 lilithdestropics
    le 8 mai 2007  à 12:23

    Gilles de Robien veut un groupe parlementaire pour les élus UDF soutenant Nicolas Sarkozy

    PARIS (AP) - Les élus UDF qui ont choisi de soutenir Nicolas Sarkozy devront disposer d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale afin d’être "efficace pour soutenir le projet présidentiel", a plaidé mardi Gilles Robien.

  • Commentaire 6358 Al.
    le 8 mai 2007  à 14:08

    Gilles de Robien, c’est quelqu’un de bien, quelqu’un de bien ! (Enzo-Enzo).

  • Commentaire 6362 Clovis
    le 8 mai 2007  à 14:43

    Il y a pourtant plus simple :
    que de Robien et ses sbires (traduction pour les anciens combattants Al et Allonzenfants : hommes de basse besogne) rejoignent l’UMP car il semble l’ignorer ce cher Gilles, l’UDF n’existe plus. Il faut dorénavant parler du "Mouvement Démocrate".

  • Commentaire 6366 allonzenfants
    le 8 mai 2007  à 15:45

    BESSON l’a compris avant vous !!!!! :o)

    www.u-m-p.org/site/index.php/ump/ag...

  • Commentaire 6392 Clovis
    le 8 mai 2007  à 20:05

    Merci bien pour ce site mais je préfère garder ma liberté de penser et d’agir.

    Il est vrai qu’à l’UMP on continue à ratisser très large (au fait, êtes-vous un des jardiniers de l’UMP) ?

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  • Commentaire 6364 deslilas
    le 8 mai 2007  à 15:06

    Encore une analyse qui fera date dans l’histoire de la pensée politique !
    La gauche et le Parti socialiste ont bien essuyé une défaite dimanche dernier mais les raisons invoquées dans cet article semblent bien légères.

    La victoire de Nicolas Sarkozy et de la droite décomplexée est aussi un vote de rejet, rejet de la modernité, rejet de l’autre, de l’étranger. Les Aubois sont bien placés avec le score impressionnant accordé à Sarkozy pour savoir où sont ses électeurs et quels sont leurs problèmes, et l’on est bien éloigné des querelles d’appareil au sein du PS, des problèmes au sein de la constellation des écologistes, de ses rivalités internes ou avec le PS dont l’auteur de l’article fait son fonds de commerce.

    Une analyse de la géographie, de la sociologie des votes est à faire avant de se lancer dans les potions magiques.
    La caricature des positions vis à vis de l’économie de marché, de la construction européenne est remarquable.Un ralliement sans précautionest proposé en écartant tous les garde-fous dont les pays nordiques se sont dotés.

    La France du Non ne coincidait pas avec la gauche. Qui pouvait le croire sérieusement ? Les votes comparés dans l’Aube entre la consultation de 2005 sur le TCE et la Présidentielle montrent des convergences très claires avec les votes Le Pen et Sarkozy. Le refus de L’Europe n’est pas là où l’auteur le voit.
    La gauche doit effectivement s’interroger sur la situation actuelle, avancer, regagner le combat idéologique qui a été mené par Bush et Karl Rove aux Etats-Unis.
    La encore un parallélisme est éclatant entre les zones de force de Bush et celles de Sarkozy, il s’agit des zones défavorisées, laissées pour compte de la modernication et les bastions des classes très aisées. Présenter le résultat de ces élections comme une aspiration au mouvement, à la dynamique est une escroquerie intellectuelle.
    Il est trop tôt pour faire des propositions d’action, de rénovation et la moindre des choses est d’étudier ce qui s’est passé, de confronter les analyses, de sortir des chapelles fermées, de regarder, de se documenter sur ce qui se passe dans le Monde, en Europe.
    Je vous suggère de regarder de près le vote des français de l’étranger, pays par pays pour avoir une vision plus nuancée des problèmes de notre pays avec un point de vue moins aubois-troyen.

    Voir en ligne : http://www.deslilas.com

  • Commentaire 6368
    le 8 mai 2007  à 15:58

    et aubois-troyens surtout continuez à diaboliser... et promettre le smic à 1500 euros...de racompagner les racompagnants... personne n’y croit...

  • Commentaire 6382 Al.
    le 8 mai 2007  à 18:29

    Deslilas, la plupart des pays nordiques sont des monarchies et sont actuellement en majorité à droite.Dernier pays à être passé à droite, la Suède. Enfin on ne peut pas comparer les socio-démocrates de ces pays avec les socialistes français. Les socialistes français donnent régulièrement en exemple ces pays pour faire croire que le PS est un parti social démocrate alors qu’il est encore sous l’influence de l’idéologie marxiste. Le PS va éclater, une partie va rester ancrée à gauche et l’autre fera peut-être alliance avec ce qui restera de l’UDF.Ne pas oublier aussi que les socio-démocrates du nord sont des nationalistes.

    Quant au parallèle sur les zones de force Bush/Sarkozy , je le trouve un peu osé, ce sont deux civilisations différentes, là aussi le parti Démocrate US n’est pas le PS, ni le parti Républicain, l’UMP.

  • Commentaire 6389 10
    le 8 mai 2007  à 19:52

    Sinclair je le croyais sur l’ile de Malte à se bonnifier

  • Commentaire 6425 Clovis
    le 9 mai 2007  à 22:52

    N’est-ce pas antinomique des socio-démocrates "nationalistes" et surtout dangereux (l’histoire nous rattrape).

    Quant au parallèle que vous faites entre le parti républicain US et l’UMP veuillez m’excuser mais ce sont des partis politiques de droite composés en grande majorité de libéraux comme Bush et Sarkozy pronant une société capitaliste sans faille.

    Vous n’allez pas tarder à vous en rendre compte.

  • Commentaire 6435 deslilas
    le 10 mai 2007  à 14:27

    Si vous êtes intéressé réellement par la réalité sociale et politique des pays scandinaves et nordiques, il existe des sites très bien documentés pour décrire ces pays.

    Quitte à me répéter, je pense que nos compatriotes qui vivent et votent dans ces pays ont quelques lumières et compétences pour s’exprimer sur ces sujets. Leur vote pour les présidentielles était sans ambiguité, ils ont plébiscité Ségolène Royal au Danemark, en Suède, Finlande, Islande avec le même niveau de vote que les électeurs de l’Aube dans leur engouement pour Sarkozy.
    Quant aux analogies entre Georges W Bush, Sarkozy et leurs électorats, reportez vous aux théories de Karl Rove mises en pratique par Bush et vous percevrez quelques ressemblances non fortuites avec une campagne récente.
    Mais cela ne retire rien au respect du aux électeurs qui ont choisi et au programme qui sera appliqué puisque tel est leur bon vouloir.

  • Commentaire 6436 deslilas
    le 10 mai 2007  à 14:36

    Les résultats de vote par pays des Français établis hors de France
    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IM...

    publication du gouvernement français

  • Commentaire 6445 Clovis
    le 10 mai 2007  à 21:18

    Sarkozy a été élu au suffrage universel par 53 % des français (au risque de me répéter) et il est tout à fait logique de reconnaître son incontestable victoire.

    Je ne me permettrai pas de manquer de respect aux 53 % des citoyens qui ont adopté son programme.

    Cependant, le respect vis à vis de ces 53 % des électeurs ne doit pas empêcher les 47 % des électeurs n’ayant pas voté Sarkozy de s’exprimer librement et d’émettre des réserves voir des critiques par rapport au programme qui sera appliqué.

    Le manque de respect vis à vis des électeurs vient plutôt de ces élus de l’UDF qui ont rejoint Sarkozy après l’avoir critiqué au premier tour et soutenu Bayrou. Un exemple dans la région :
    Charles Amédée de Courson de la Marne.

  • Commentaire 6437
    le 10 mai 2007  à 14:46
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  • Commentaire 6404
    le 9 mai 2007  à 10:28

    Strauss-Kahn a-t’il l’envergure pour rassembler une sociale-démocratie innovante et faire contre-poids face à Sako ?

  • Commentaire 7230 Al.
    le 27 mai 2007  à 19:24

    Je reviens sur la dernière ligne de votre commentaire pour montrer au lecteur la relativité des choses, ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui : exit Kouchner, Cohn Bendit c’est pas un référence internationale, Ségolène peut se faire du mourron, Bayrou après avoir explosé est en train d’imploser.

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