L’Office de Tourisme de Troyes a du pain sur la planche : les beaux jours revenus, les touristes réapparaissent dans nos ruelles pavées ; et l’été approchant, ils sont chaque jour plus nombreux à venir découvrir nos églises, nos musées, nos magasins d’usines et nos cartes postales souvenirs. Face à cela, l’Office a décidé d’innover, de prendre des mesures, bref, d’agir comme il se doit pour que notre ville soit plus attractive et plus accueillante que jamais. Qu’est-ce qui se prépare en cuisine ? Parlons-en.
Petit tour d’horizon...
L’Office de Tourisme de Troyes et de sa Région, très brièvement, c’est un président, Marc Sebeyran, un directeur, Nicolas Villiers, un personnel à l’année, et quelques saisonniers supplémentaires recrutés chaque été pour affronter des hordes de touristes déchaînés. C’est aussi plusieurs sites d’accueil : un bureau principal boulevard Carnot, un bureau au centre ville en face de l’église Saint Jean, et un "point accueil" à l’intérieur de la cathédrale. Et puis, une vitrine internet plutôt bien faite, que vous pouvez retrouver ici : http://www.ot-troyes.fr/
Pour faire bref, on pourrait dire que l’office fait plutôt du bon travail ; chaque été, les visites sont régulières, les thèmes plutôt nombreux, l’accueil agréable (et ce dans les différents points), et les hôtesses d’accueil parlent suffisamment de langues pour accueillir la grande majorité des touristes sans soucis : allemand, hollandais, espagnol, et bien sûr, la langue de la perfide Albion, la plus usitée vous l’imaginez bien. Bon, pour les produits vendus, rien d’une grande originalité, cependant, suffisamment pour satisfaire 85% des passants, ce qui est bien suffisant. Enfin, la possibilité de réserver son hôtel via l’office de tourisme est quelque chose de bien, qui rend de nombreux services à beaucoup de personnes, n’ayant pas envie d’écumer la ville en quête de l’hôtel parfait.
Et puis, maintenant, parlons des innovations. Depuis l’an dernier, devant le bureau boulevard Carnot et le bureau du centre-ville, vous pouvez trouver des "bornes interactives", permettant d’obtenir une bonne quantité d’informations sur Troyes (historique, patrimoine, restaurants...) grâce à un écran tactile. Une idée plutôt intéressante, même si l’on peut se poser la question : était-ce bien judicieux de les placer juste devant les offices, puisque les mêmes informations sont disponibles auprès des équipes d’accueil à l’intérieur ? Peut-être que, placées ailleurs en ville, en accord avec la municipalité (mais quand on a Marc Sebeyran comme président, logiquement...), ces bornes auraient permis de multiplier les points d’informations... Et éviter aux touristes la valse éternelle entre les lieux qu’ils visitent et l’office de tourisme, pour la moindre question. Par ailleurs, dans la tête du bouchon, de nombreux touristes ignorent qu’il y a un point d’accueil à la cathédrale, et sont obligés de retourner à pied jusqu’à l’église Saint Jean s’ils désirent avoir réponse à leurs questions... Rien de bien grave, mais on peut le noter. D’ailleurs, les points d’accueil ne sont pas toujours bien indiqués, si on a pas déjà récupéré au préalable une carte de la ville.
Mais venons en au fait : qu’est-ce qui se prépare de bon en cuisine pour cet été ?
Pour mieux le comprendre, il faut savoir qu’il existe une sorte de relation amusante entre le président de l’Office de Tourisme, Marc Sebeyran (candidat UDF-Majorité présidentielle ou je ne sais qu’elle autre acrobatie centro-crypto-sarkozyste pas très habilement camouflée) et l’équipe qui travaille dans les bureaux. Pour reprendre une célèbre maxime, cela se résume ainsi "Je décide, il exécute" ; en effet, lorsque le baron parle, son propos doit devenir réalité. Cela avait créé une drôle de situation l’an dernier, lorsque Marc (appellons-le par son prénom, la politique à l’américaine est dans l’air du temps) avait déclaré que les nouvelles bornes interactives permettraient de réserver son hôtel, et qu’une fois cela fait, l’heureux client recevrait sur son téléphone portable un SMS confirmant sa réservation. Elle est pas belle la vie ? Sauf que, ce que Marc avait oublié, c’est que lorsque l’on réserve un truc quelconque via un système informatique, la confirmation, on peut la recevoir directement sur l’écran de la machine ; ça coûte moins cher, c’est plus rapide, plus efficace, et ça ne demande pas d’avoir des batteries dans son portable. Alors, le bon peuple a bien essayé de lui dire que "Confirmer une fois sur la borne, ça suffit, le SMS sera complètement inutile et coûteux" ; mais Marc, il avait déjà dit qu’il y aurait des SMS sans trop se renseigner, alors plutôt que de dire "D’accord, on va être efficace" il a dit "Je décide, il (l’office de tourisme) exécute". De là se mit en route une formidable usine à gaz, pour finalement ne pas aboutir à grand chose, suite à de multiples péripéties, ce qui donna raison au personnel de l’Office. Marc, lui, ça n’a pas changé sa manière de procéder.
Vous allez comprendre pourquoi je vous raconte ça dans la suite.
Preuve en est, cet été, il y a eu de nouvelles idées. Et pas n’importe quoi.
La première : Le pousse-pousse électrique. "Pardon ?" me direz vous, en levant un sourcil inquisiteur ; hélas, bon seigneur, hélas, douce dame, vous avez bien lu ma pauvre prose : un pousse-pousse électrique. Il semblerait que le coupable de pareille idée soit Nicolas Villiers, le directeur. Ho, l’idée n’est pas neuve, certaines villes utilisent déjà ce système, comme par exemple Lyon et ses "cyclonautes", pousse-pousse électrique servant de taxi, et prônant le développement durable. Ou certains services de livraison parisiens, utilisant la même arme pour se faufiler dans la circulation. Ce qui n’est pas inintéressant, il faut le noter.
Mais Troyes, ce n’est pas Lyon, ce n’est pas Paris. La bête qui aura l’honneur de circuler dans les rues de Troyes ressemblera à une sorte de gros tricycle, avec, à l’arrière, une partie couverte ou deux personnes pas trop grosses pourront se serrer dans la chaleur estivale troyenne.
Objectif ? Le chauffeur de cette machine du diable emmènera les touristes faire des visites de la ville d’approximativement 45mn selon un trajet plus ou moins défini, en passant devant nos monuments célèbres. Mais plusieurs problèmes se posent ; tout d’abord, soit l’engin circulera au milieu des autres véhicules (et les pots d’échappement l’été, c’est le bonheur des narines et des poumons), soit il circulera dans les ruelles pavées. Et étant donnée la largeur des roues, proches de celles d’un vélo classique, dans les ruelles pavées (sauf celles avec du goudron qui déborde bien sûr) où il faut passer pour voir le patrimoine troyen, il va falloir que les passagers aient des fesses en acier trempé. Sans compter que le véhicule, à rouler là dedans toute la journée, risque de finir au bout d’une semaine dans un drôle d’état. Enfin, le chauffeur est posé sur sa selle sans protection, on peut donc supposer qu’il aura une prime spéciale "Je meurs au soleil" / "Je m’éclate sous la pluie" Idée merveilleuse, donc que le personnel de l’office a de manière générale plutôt mal accueillie, le véhicule étant, comme expliqué ci-dessus, peu adapté à notre bonne bourgade. C’est là qu’intervient à nouveau Marc Sebeyran, qui entendit dire que des gens n’étaient pas spécialement fans de cette belle idée de pousse-pousse électrique. Marc rappella qu’on ne pouvait pas contester ses décisions, et dit, en substance, comme d’habitude : "Je décide, il exécute" , fit trembler la terre de son autorité toute puissante, et ouvrit des failles dans le sol d’un simple mot qui engloutirent les mauvaises langues et les envoyèrent implorer pardon chez Hadès. Sur ce, il insista pour que l’idée devienne réalité. Ha, les notables du département et la critique, toute une histoire.
Au passage, je souhaite bon courage au chauffeur de l’engin. Avec un peu de chance, des passants l’arroseront à l’eau minérale, comme le veut la tradition du tour de France. Quoique, sur un véhicule électrique, je sais pas s’il est conseillé de se faire arroser...
Passons à la seconde idée : l’Office du Toutourisme. Non, ô sympathique lecteur, non, ô amicale lectrice, ce n’était pas une faute de frappe. Il s’agit bien de l’Office du Toutourisme. Quand mémé arrivera avec Kiki dans un bureau de l’office, Kiki sera accueilli avec un bon bol d’eau et des croquettes, un bon partenariat avec Royal Canin (si je ne me trompe) aidant, et mémé se verra remettre une carte pour qu’elle puisse guider Kiki vers un endroit où il pourra faire son caca. Ca fera sûrement plaisir à Marc Malarmey, du FN, qui s’insurge ce mois-ci dans Press’Troyes contre les grandes injustices, et met toute la puissance de sa plume au service de la lutte face au caca sur le trottoir. Bon, personnellement, je pensais que Troyes avait encore de la marge avant de tomber dans les excès à la mode du psychologue pour chien, ou autre caprice pour compagnon canin de personne dotée de moyens. D’ailleurs, je pensais que niveau tourisme, on avait peut être d’autres choses à voir en priorité, avant l’accueil des nos amis les caniches, yorkshires & co. Mais apparamment, non... C’est sûr que c’est avec ça qu’on va rendre la ville pluis attractive.
Cet été donc, le ridicule et la caricature sont à la mode à Troyes.
Pour faire honneur à cet état d’esprit, je vous le conseille : mettez votre plus beau chapeau colonial, montez dans le pousse-pousse en hurlant "Schnell !" et "Raüs !" au chauffeur votre fouet à la main, puis descendez à l’office avec Schnaps, votre berger allemand, afin de demander "une carte des cacas". Vous contribuerez à donner à Troyes l’image que l’on veut visiblement en donner chez nos barons locaux.









