Savez-vous qu’il existe en France un organisme ministériel (la MIQCP) qui est à la disposition des maîtres d’ouvrages de constructions publiques pour les conseiller et les informer ? Cette Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques est donc aussi à là disposition du Conseil Général pour l’aider dans son projet. Bien que le concours du précédent projet ait été organisé avec l’aide de la MIQCP, il semble que la démarche conseillée par la MIQCP n’ait pas été respectée par le Conseil Général, en ce qui concerne la phase de programmation, pour celui de ses projets d’extension qui est devant les Tribunaux. C’est évident car dans le cas contraire, il n’y aurait pas eu besoin de la justice.
Pour le futur projet, la méthodologie préconisée par la MIQCP, une nouvelle fois, ne paraît pas respectée. A nouveau la remise du cahier des charges aux architectes n’est pas précédée d’une véritable phase de programmation qui est indispensable à la qualité d’une construction un peu complexe. Vous avez pu observer vous-même qu’il n’y a pas eu de délai entre la décision du 12 février 2007 par le Conseil Général de lancer un nouveau projet et la remise du cahier des charges aux architectes.
Qu’est ce qu’un programme ?
La MIQCP le définit sur les 70 pages de son guide sur la programmation que l’on peut télécharger sur Internet.
En résumé, un programme est une réflexion qu’un maître d’ouvrage mène avec le concours de tous les intervenants nécessaires (urbanistes, architectes, représentants des usagers, associations de citoyens, juristes, responsables financiers, responsables de la bioclimatique, services techniques, etc.) Cela suppose des réunions de concertation qui permettent de déceler d’éventuelles contradictions du projet et d’organiser des études pré-opérationnelles portant sur les besoins et les contraintes. Après ces études pré-opérationnelles, vient la phase de programme proprement dite, et ensuite seulement la rédaction du cahier des charges qui est proposé aux concurrents du concours d’architectes.
Je cite quelques passages du document de la MIQCP sur la programmation : « La programmation opérationnelle, autour d’un document appelé « programme » assure le lien entre le projet politique du maître d’ouvrage et le projet architectural. Il devient une pièce contractuelle du marché car il précise les performances et les niveaux de qualité attendus. Par le programme, la maîtrise d’ouvrage doit rendre intelligibles ses véritables objectifs, que ce soit sur le plan symbolique (l’idée qu’il se fait de l’institution et l’image qu’il veut en donner par la future construction), sur le plan de l’usage … ou que ce soit sur le plan de l’insertion du projet dans le tissu urbain, ou l’environnement naturel. Ainsi, un « bon » programme ne se réduit pas à un simple catalogue de surfaces.
Quelle que soit la complexité de l’opération, l’élaboration du programme est d’autant plus facilitée que les concertations et les études pré-opérationnelles auront été bien menées. Ces deux étapes cruciales sont souvent trop rapidement franchies, voire ignorées par certains maîtres d’ouvrage qui passent commande sans s’être interrogés sur la pertinence de leur intention face au problème posé. Faire l’économie -financière et en temps - de ces deux étapes fait courir un grand risque de non-qualité. Là encore, il paraît utile de préciser qu’il est du devoir du maître d’ouvrage de faire réaliser ces études par un véritable professionnel, leurs conséquences sur la qualité finale de la construction n’étant plus à démontrer. La MIQCP recommande sans ambiguïté le recours à un programmateur extérieur à la structure de maîtrise d’ouvrage, parce qu’il est bon de disposer d’une personne neutre, capable d’animer les concertations indispensables et de poser toutes les questions importantes sur le projet politique, y compris celles que le maître d’ouvrage n’ose pas ou ne veut pas poser. »
Je reviendrai tout prochainement pour préciser en quoi la programmation concernant le projet d’extension de l’Hôtel du Département est indispensable.








