Fierté de notre gastronomie, l’andouillette troyenne doit sa qualité à ces 5A. Notre démocratie locale n’a certainement pas les mêmes mérites, ni le même label. Et, après le clash du dernier conseil municipal, elle ne peut revendiquer qu’un seul A, un tout petit A, celui d’absence.
Voilà bien longtemps que les conseillers de l’opposition auraient du agir ainsi. Entre les documents de travail qui arrivent bien trop tard, les motions soumises qui ne sont même pas présentées, les questions orales tout juste admises, à la va-vite, à la fin du conseil, les petites vexations en tout genre... l’opposition avait légitimement le droit, si ce n’est le devoir, de marquer son désaccord.
Mais ce n’est là que la partie émergé de l’iceberg, le petit bouton purulent et douloureux qui cache un mal plus profond. Celui marqué par l’absence du débat démocratique. Aucun sujet n’est ici véritablement débattu. Avenir de la Bourse du Travail, Parc de Menois, politique des déplacements, du commerce, de la culture, du patrimoine... ces dossiers, même s’ils font l’objet de quelques articles et de quelques mobilisations, sont rapidement étouffés par la pensée unique de la majorité municipale.
Ainsi, la Bourse sera un espace commercial. Point final, déclare Dominique Boisseau.
Les Conseils de Quartier se tiendront à huis-clos.
Le parc de Menois est devenu un mot tabou à la mairie. Plus question d’en parler, sinon gare à vous !
Pas question non plus de contester les choix faits en matière de transports, de stationnement ou de développement du commerce.
Rien non plus sur la politique culturelle, celle des labels [1], ou celle du patrimoine.
Nada sur la place de la musique, du cinéma ou du théâtre dans notre ville.
Pour ceux qui se lancent dans l’aventure, l’organisation de la moindre réunion, de la plus petite conférence relève presque du parcours du combattant, surtout si elle vient heurter cette pensée unique.
L’espace laissé au débat démocratique est donc réduit à sa plus simple expression. Et les partis d’opposition, trop faibles et divisés dans des querelles puériles, n’ont hélas pas les moyens d’aller contre cette chape de plomb.
Le constat est sombre. Mais il oblige élus, responsables politiques, associatifs ou simples citoyens à se mettre un grand coup de pied dans le derrière pour dépasser les vieilles lubies et créer les conditions d’une nouvelle vie citoyenne.
[1] pour information le cabinet Grahal chargé de nous permettre d’obtenir le label « patrimoine immatériel » vient d’obtenir une petite rallonge de plusieurs dizaines de milliers d’euros










