On peut sincèrement se désespérer de l’état de la gauche dans notre département. Et pour cause : Largement victorieuse au niveau nationale, la gauche auboise est apparue totalement hors-jeu du scrutin, cantonnée à un simple rôle de figuration.
Profitant largement de ses succès aux dernières élections locales, la gauche enregistre une poussée bien plus forte que prévue : 21 sièges supplémentaires au lieu des 10 à 15 sièges espérés. C’est une nouvelle et très nette victoire pour le PS qui hélas est encore loin de pouvoir faire basculer la Chambre Haute. Le Sénat, cette « anomalie démocratique », si justement qualifiée par Lionel Jospin, reste solidement ancré à droite. L’UMP seul, n’a certes pas la majorité absolue, mais conserve avec 147 sièges le contrôle totale du palais de Luxembourg.
Cette belle victoire s’est faite, une fois de plus, sans l’Aube. Ici, la Gauche a été totalement inexistante. Les pronostics hasardeux d’un candidat de Gauche qui pourrait profiter de la division de la droite se sont heurtés à la rude réalité. Même divisée, la droite écrase la Gauche. Daniel Lebeau, charismatique leader occasionnel du PS, réalise moins de 15% des suffrages (140 voix). Thierry Pavot arrive tout juste à 12% (c’est finalement un relatif bon score pour quelqu’un si peu connu). Les candidats communistes sont entre 4 et 6%. L’écart de voix entre le meilleur candidat de gauche (Lebeau) et le plus mauvais candidat de droite (De la Hamayde) est considérable : 225 voix ! La droite pouvait même se permettre le luxe de présenter un quatrième voire un cinquième candidat sans être inquiétée par la Gauche. Dans un tel contexte, on peut d’ailleurs s’interroger sur l’opportunité pour la gauche de partir divisée. Etait-il raisonnable de présenter 4 candidatures dans un tel scrutin ? Les Verts et le PRG avaient semble-t-il souhaité un accord et la constitution de « tickets pluriels ». Econduits par leurs partenaires, les Verts aubois ont finalement appelé à voter blanc. Sur le fond, cet appel aura été électoralement insignifiant, tant l’avance de la droite est grande. Mais il traduit le malaise profond d’une gauche, incapable, élection après élection de construire une dynamique positive et ambitieuse (à défaut d’être victorieuse).










