Lundi soir lors de la rencontre avec les chefs d’entreprises dans les locaux de la CAT où François Baroin a déclaré : « Le Grenelle de l’environnement a retenu le doublement de la ligne à grande vitesse entre Paris et Lyon. Il est plus pertinent que ce nouveau tracé desserve Troyes et Dijon… Nous allons nous battre là dessus… J’ai déjà vu le maire de Dijon, François Rebsamen (PS) sur le sujet. »
Après ce scoop nous avons joint Alain Coillot, le premier qui avait parlé de cette opportunité dans « le livre Blanc pour l’Aube et l’Agglomération », pour connaître son sentiment sur cette annonce. Alain Coillot s’est refusé à commenter cette déclaration pour ne pas polluer par des déclarations intempestives de campagne électorales la concrétisation du dossier en phase terminale d’étude au risque de le faire capoter, se contentant de dire qu’il se réjouissait du ralliement de François Baroin sur cette proposition qu’il était bien seul à défendre jusqu’à présent.
| Pour rétablir toute la vérité sur ce dossier nous avons repris tous les éléments du dossier et sa chronologie en fouillant nos archives pour y récupérer les déclarations et documents traitant du sujet, en particulier la profession de foi de FB en juin dernier, le Livre Blanc et les copies des correspondances que nous avait fait parvenir Alain Coillot, comme à toute la presse et aux responsables politiques, sur ses démarches. |
D’abord l’électrification de la Paris-Bâle
Nous n’allons pas reprendre le dossier de ce monstre du Loch Ness et toutes ses péripéties. Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire, il suffit d’inscrire dans la fenêtre « recherche » de ce blog les mots de Paris Bâle pour aussitôt retrouver tous les écrits sur le sujet. Nous retiendrons simplement les dernières déclarations des uns et des autre sur le sujet :
François Baroin lors de ces vœux 2007 : « Troyes ne peut rester la seule agglomération de 140000 habitants non encore reliée à Paris par une ligne moderne . A l’heure de la fin du tout pétrole, il ne s’agit même plus d’un souhait, mais d’une exigence, une question de principe » et sous forme d’humour il promit un « train électrique » aux aubois : « Je suis convaincu qu’on aura un train électrique… Je ne sais pas sous quelle forme, sous quelle taille… »
Philippe Adnot lors de la dernière assemblée générale de la CCI : « la seule priorité c’est l’électrification de la Paris Bâle, L’axe nord-sud c’est une C…, il n’offre aucun intérêt économique »
Gérard Menuel et François Baroin dans leur profession de foi lors des législatives de juin dernier : « Par ailleurs, nous soutiendrons le projet d’une nouvelle gare TGV reliée à l’autoroute Troyes-Auxerre à proximité de Tonnerre (à moins de 50 kms de Troyes) qui offrira de nouvelles possibilités vers le sud. »
Le Livre Blanc en avril 2007 : « Le dossier de la Paris Bâle doit être repris prioritairement et repensé dans le cadre des compensations du TGV Est. La réflexion doit prendre en compte la création d’un axe nord-sud avec rattachement de Vatry et Troyes et connexion avec la « Magistrale Ecofret, trouvant ainsi le moyen de financer la partie la moins rentable, Troyes – Culmont – Chalindrey, assurant par la même une desserte tant en voyageurs qu’en fret. Une autre opportunité se présente sur laquelle il faut rester vigilants : Le doublement du TGV Sud à l’étude dans les cartons de la SNCF, avec pour objectif de dédoubler la ligne actuelle saturée, en créant une gare à Saint Florentin. Si ce projet est envisagé, il faut se battre, donc se positionner d’ores et déjà, pour obtenir un tracé plus au nord dans la logique qui à prévalu au dédoublement de la A6. Troyes ne peut pas rester la seule agglomération de cette importance sans être reliée au TGV, d’autant que le dédoublement à si peu de distance de la ligne actuelle pour desservir des petites villes n’a aucun sens dans le cadre de l’aménagement du territoire ».
Lettres de Alain Coillot le 25 juin 2007 à Dominique Busserau, ministre du transport et Jean Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables :
« Monsieur le Ministre d’Etat,
Depuis 17 ans, l’Aube et l’agglomération troyenne attendent l’électrification de la ligne Paris-Bâle.
Dorénavant pénalisée par l’ouverture du TGV Est – trop éloigné de son axe ferroviaire pour profiter de retombées mais suffisamment proche pour subir sa concurrence -, l’agglomération troyenne ne peut pas rester la seule agglomération à ne pas être reliée par une ligne électrifiée à la capitale….Le projet d’électrification actuel ne concerne que la portion Paris – Troyes, promettant une sorte de « TER » en cul de sac, investissement bien disproportionné pour grappiller quelques minutes à peine.
Aussi pour faire évoluer ce dossier et mobiliser d’autres financements, je me permets de suggérer l’idée suivante :
Si on considère que le dédoublement du TGV sud par Dijon - Montbard est insatisfaisant, l’électrification de la ligne Paris –Bâle, du moins jusqu’à Culmont – Chalindrey, ne pourrait-elle pas, en plus de sa fonction première, offrir un itinéraire alternatif au TGV sud ?
De fait, la ligne du TGV sud, Paris-Lyon, est au cœur du réseau TGV. Son trafic est déjà très dense . Cette situation va s’accentuer avec la mise en service des projets TGV sans parler des extensions de réseaux en Belgique, aux Pays Bas, en Allemagne qui ne manqueront pas de générer de nouvelles dessertes. La saturation viendra donc…
Intégrer cette opportunité de doublement de la ligne actuelle du TGV sud à la modernisation de la Paris – Culmont – Chalindrey par une politique novatrice de l’aménagement du territoire aurait l’avantage de traiter plusieurs attentes complémentaires :
Offrir une desserte de Vatry par le TGV, inscrite dans l’histoire dés qu’il sera devenu le 3ème aéroport de Paris.
Ouvrir un axe nord – sud Reims – Vatry – Troyes retenu dans le SRIT de la Région car indispensable, en particulier pour relier Vatry au TGV nord comme au TGV sud.
Dynamiser l’activité économique et sociale d’une agglomération de 120000 habitants et des 300000 habitants de l’Aube et de la Haute Marne en les sortant d’un enclavement injuste.
Désaturer le TGV sud, et replacer Dijon, Chaumont et Troyes sur l’axe Paris – Lyon – Marseille.
Contribuer à un cohérence globale des liaisons ferroviaire en intégrant la Champagne Méridionale.
En regard des investissements à consentir et des financements à mobiliser, ne serait-il pas judicieux de recourir aux logiques choisies pour le dédoublement de la A6 par La A5 ?….
Persuadé que vous aurez à cœur de nous aider et me tenant à votre disposition pour une rencontre à votre convenance, je vous prie de croire monsieur le Ministre….
Lettre de réponse de Dominique Busserau le 31juillet juillet, de Jean Louis Borloo, le 21 août.

- Lettres réponses ministérielles
Rencontres aux ministères de Jean Louis Borloo le 13 septembre 2007, de Dominique Bussereau le 24 septembre.
Lettres d’Alain Coillot du 25 septembre 2007
Pour « acter » la rencontre :
« Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’accueil que vous m’avez réservé, avec vos collaboratrices, lors de ma visite au ministère…
Je me réjouis de constater la concordance de vue entre ma vision du dossier de l’électrification de la ligne Paris – Bâle, telle que je l’avais présentée dans ma lettre du 25 juin et votre approche du dossier.
La seule électrification de la Paris – Bâle, sous forme de TER, n’est pas une fin en soi. Si cela avait été le cas, elle aurait été réalisée depuis longtemps. Hormis l’ardente obligation d’électrifier une ligne pour sortir de son enclavement une agglomération de 120000 habitants et dynamiser son activité économique et sociale ainsi que celle de 300000 habitants de l’Aube et de la haute Marne, le dossier pour aboutir doit s’inscrire dans une vision globale intégrant toutes les données et les nouveaux éléments du dossier (Suivent tous les arguments développés dans la lettre du 25 juin et sujet de la rencontre ) J’ai bien pris en compte votre priorité de combattre les gaz à effet de serre, et après les rencontres du Grenelle de l’environnement où seront abordés les sujets de desserte aéroportuaires, d’intermodalité et d’aménagement du territoire la tenue dans le 1er trimestre 2008 d’un CIAT pour traduire en actes les orientations dégagées lors de ces journées. ( ... )
Comme vous me l’avez proposé, nous nous reverrons en début d ‘année 2008, où vous serez en mesure de me montrer sur des cartes préparées pour ce CIAT, la prise en compte du problème qui me tient à cœur et ses applications pratiques.
Je retiens aussi de notre rencontre le lancement d’une étude de RFF pour desservir Vatry par le rail, votre volonté de faire évoluer la position de RFF concernant le financement de l’électrification Paris – Culmont, ainsi que la possibilité de mobiliser des « fonds de régénération » du ministère pour boucler le financement.
Vous remerciant une nouvelle fois de votre accueil et dans l’attente d’avoir le plaisir de vous revoir…. »
François Baroin : l’art de ne rien faire et d’essayer de tirer la couverture à lui quand viennent les élections...
Tous ces documents prouvent combien FB tente de tirer la couverture à lui et cerise sur le gâteau il tente un coup politique, laissant entendre (ouverture à gauche oblige) qu’il a pris contact avec le maire PS de Dijon pour une action commune avec lui pour mieux se faire entendre. Omettant simplement le fait que le maire de Dijon n’a pas de problème de ligne TGV, sa ville est déjà inscrite depuis longtemps dans le tracé initial de dédoublement à partir de Montbard sur la ligne actuelle via Dijon – Lyon !

- Le doublement du TGV passe de toute façon par Dijon !
Le problème ne consiste pas à se relier à Dijon, mais faire en sorte que le dédoublement du TGV sud se fasse directement à partir de Paris, en passant par Troyes avec la même logique qui avait prévalu avec le dédoublement A6/A5, plutôt que par une déviation du TGV sud actuel à partir seulement de Montbard !
Les problèmes ne sont ni dans les compétences de François Baroin qui sont effectives, ni dans son carnets d’adresse qui est (était ?) gros, ni dans ses capacités à faire bouger les choses... Le problème c’est qu’il n’a rien fait au moment où il pouvait faire quelque chose et qu’il veut nous faire croire maintenant qu’il se démène pour la ville... C’est un peu tard ! Trop tard ?










