Il est content notre Phiphi. Heureux comme un gamin. Fier, tellement fier...
Faut dire qu’il peut l’être, le bougre. Son bébé, son oeuvre, sa création, l’UTT, sera l’une des 20 universités à devenir autonome. Autonome... et alors ?
Alors ? Cela veut dire une presque complète liberté sur la gestion de 2 350 étudiants-ingénieurs, 125 doctorants et 142 enseignants-chercheurs... Et pour piloter tout cela, un budget de près de 34 M €.
Mais Phiphi, ce qui l’excite le plus c’est le reconnaissance du travail bien fait. Sans doute un vieux reste de la culture rurale de notre sénateur-président. Cela dit, l’UTT lui donne bien plus de plaisir que voir pousser un rang de patates à grand coup d’engrais. On le comprend. Son bonheur à lui, c’est d’avoir été retenu au milieu de 45 candidats, de faire la nique à des poids lourds de l’université. Son panard, c’est d’avoir prouvé aux élites parisiennes la réussite de son UTT à lui.
Alors aujourd’hui, il peut frimer le Phiphi, son bébé va jouer dans la cour des grands, en compagnie d’universités prestigieuses : Montpellier, Paris V, VI et VII, Lyon I, Toulouse I... La classe !
Mais l’affaire n’est peut-être pas si bonne. Non pas que l’autonomie soit, intrasèquement une mauvaise chose. J’incline plutôt à penser que notre système, qu’il soit institutionnel, scolaire ou universitaire, est sans doute trop concentré, trop rigide, trop éloigné du terrain. Toute volonté de déconcentrer, de décentraliser va donc dans le bon sens. A condition que l’Etat demeure le garant de l’équité... L’UTT, tout petit poucet de cette nouvelle autonomie, va surtout (et c’est là l’os) devoir trouver des ressources financières nouvelles. Cette dimension économique est indispensable si elle souhaite mettre en oeuvre d’ambitieux projets et attirer les meilleurs chercheurs. Or, Troyes n’est pas Montpellier, ni même Nancy et encore moins Lyon. Notre attractivité n’est pas notre meilleur atout. De même, le tissu économique et industriel capable d’investir dans l’UTT est mince très mince... A une autre échelle, celle de notre région, les choses ne sont guère plus réjouissante. C’est dire si le défi à relever paraît difficile. D’autant que Christian Lerminiaux, président du chef d’oeuvre adnotiste, ne manque pas d’ambition. Dans une interview accordé au journal Le Monde, celui évoque le projet d’une université de technologie à Shangaî et au Pakistan. Rien de moins que ça.
Il demeure que l’UTT reste sans doute l’un des meilleurs atouts pour notre département de se développer. Espérons que les responsables politiques et économiques sauront se mobiliser, dépasser les petites querelles pour offrir à l’UTT toutes les chances qu’elle mérite.










