Chapi-Chapo nos deux journaux locaux se font régulièrement l’écho des numéros spéciaux des grands magazines consacrés à Troyes ou à l’Aube. Cette semaine [1], c’est au tour de l’hebdo national Marianne, de consacrer plusieurs pages à notre département.
Mais cette fois-ci, les médias traditionnels sont plus discrets sur ce dossier. Peut-être parce qu’il ne s’agit pas de tresser les louanges de l’action des nos responsables... Peut-être parce que le sujet est moins glorieux, moins réjouissant, moins sexy. L’Aube, avec plusieurs autres départements, sert ici de toile de fond, de pavillon témoin des injustices en France. Et c’est en filigrane, une charge lourde contre les politiques menées depuis 20 ans dans notre département.
La campagne troyenne y est ainsi décrite comme : « abandonnée par les services de santé et par La Poste, oubliée par la high-tech ». En revanche nous dit l’introduction de ces 5 pages : « [L’Aube] est en passe de devenir... une poubelle nucléaire. ». Ça rassure... Dans le détail, les journalistes de Marianne sont allés poser leurs valises du côté de Brienne et de Soulaines. Ils ont fait la rencontre d’habitants en colère face à l’isolement, face aux manques de médecin ou la disparition des services publics. « Est-ce que quand on est des ruraux, on est des sous citoyens ? » s’interrogent l’une des ces habitantes. « Nos enfants auront-ils les mêmes chances que les autres ? » Poursuit-elle un peu plus loin.
Dans cette campagne, les journalisites ont évidemment rencontré Michel Guéritte : l’homme en colère qui ferraille depuis plusieurs années contre les déchets nucléaires et qui ne supporte plus de voir sa campagne devenir la poubelle nucléaire de l’Europe. Et voilà la silhouette déglinguée de celui qui, avec Laotitia Carougeat, a fait plier l’Andra : « On est au fin fond de la France. Et c’est pour ça qu’on nous refile cette poubelle. Parce qu’il y a peu d’habitants, peu de résistance et moins de personnes à indemniser en cas de pépin. Ils nous prennent pour des imbéciles, des incultes, des gens qui se la bouclent dès qu’on fait jouer la planche à billets. ». Du Guéritte dans le texte ! Tragique ou pathétique, la journaliste a cette formule qui, à elle seule résume toute la situation de l’Aube :« Comble de l’injustice, alors qu’un passager ne peut pas arriver à Brienne en train, les déchets, eux, le peuvent ! ».
Au final, qu’ils soient militants, artisans ou infirmières, un point commun relie ces habitants : celui de refuser l’injustice et la fatalité qui menacent l’Aube. Ce refus de l’injustice c’est aussi ce qui sépare Nicolas Dhuicq, Philippe Adnot et l’ensemble des responsables politiques absent de ce reportage.
[1] numéro 653 du 24 au 30 octobre











