L'article

24
sept
2007

Journées du Patrimoine : j’avais choisi Chappes

Dimanche 16 septembre, le temps était propice à sortir de chez soi et se programmer des visites proposées dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine. J’ai choisi Chappes, ancien bourg fortifié traversé par la Seine, autrefois dominé par son château féodal aujourd’hui disparu. Une manière de repenser à la notion de Patrimoine.

Un riche passé

Chappes est une localité très ancienne. Le village est attesté par un acte de 753. Il indiquait la présence d’un moulin à blé. On y battait monnaie à cette époque. En 862, les Normands, au cours d’un raid remontant la Haute Seine seraient allé jusqu’à Chappes à la poursuite de marchands qui pensaient y avoir trouvé refuge. A partir du XIe siècle, apparaît une des plus puissantes maisons de la chevalerie champenoise, prenant le nom de la localité. Les seigneurs de Chappes furent vicomtes de Troyes et s’illustrèrent en particulier à la quatrième croisade. Gui et Clarembaud de Chappes étaient aux côtés de Geffroy de Villehardouin à la prise de Constantinople, en 1204. Ils prirent part ensuite à l’ost de Philippe-Auguste qui les menèrent à la bataille de Bouvines (1214). En 1396, la seigneurie de Chappes passa à la puissante famille d’Aumont, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où elle devint la propriété de Louis-Marie, marquis de Mesgrigny. Au cours de la Guerre de Cent Ans, Jacques d’Aumont avait pris le parti du duc de Bourgogne. Pris par Barbazan, le château fut voué en partie à la démolition. Il ne resta plus qu’une tour et quelques morceaux de remparts. Il fut reconstruit au début du XVIe siècle mais les Guerres de Religion ne l’épargnèrent pas. Il fut brûlé par les ligueurs en 1590.

Sur la rive droite dominait le château féodal. L’abbaye de Montiéramey y avait un prieuré, comptant une église Notre-Dame citée dès 1117. Au XVIIe siècle, Jean Orry établit une verrerie dans les jardins de l’ancien château. De l’autre côté de la Seine, abrité derrière des murs et fossés, se tenait le « Bourg Saint-Loup », du nom de son église paroissiale. Dans cette dernière, parmi toutes les richesses, nous pouvons admirer des fresques de l’époque romane, des vitraux, une peinture et des sculptures du XVIe siècle, un plafond peint en trompe l’œil aux armes de la famille d’Aumont.

Le moulin, attesté dès 753, est le plus ancien mentionné du département. Fin XVe siècles, les sources parlent de deux moulins, le premier un pour le blé, l’autre à foulon, destiné à fouler les peaux pour la tannerie. En 1609, il est affecté à la fabrication de papier, tenu à loyer par un marchand-papetier troyen, Sébastien Gouault, sous-loué à Pierre Gumery marchand-papepier installé à Chappes. A l’époque, le papier était issu du chiffon. En 1884, la famille Boulard de Villeneuve, papetiers, implante à Chappes une manufacture de pâte à papier à base de sapin, épicéas, tremble et peuplier. C’est de cette époque que date le bâtiment actuel. En 1887, ils revendent l’usine à Paul Pinson. Celui-ci installe une turbine hydraulique en 1918. En 1922 le moulin de Chappes est racheté par les papeteries de Navarre. En 1965, le site du moulin ferme. Il est alors racheté par le père de l’actuel propiétaire en 1968, Maurice Vinot. En 2003, Paul Vinot réaménage le moulin et installe une nouvelle turbine. Celle-ci fournit à l’EDF un peu plus de 1.000.000 kw/an, soit la consommation de 400 foyers. La turbine « Francis », de 1918, est toujours visible et en état de fonctionner. Voir le site de Paul Vinot (ICI)

La découverte du village

L’idée d’organiser une telle animation dans le village travaillait depuis bien longtemps l’esprit de Claudie Odille. La rencontre avec Guillaume Patris, urbaniste chargé de la rénovation du PLU du village l’a décidée de se jeter à l’eau. Elle a su mobiliser habitants et intervenants extérieurs pour faire de cette journée une véritable réussite. Ce dimanche, Guillaume Patris guidait des visites à travers les rues du village, ouvrant aux yeux des visiteurs sa vision d’urbaniste. La visite menait de site en site les visiteurs, attendus en l’église Saint-Loup par Chrystelle Laurent (conservateur des Antiquités et objets d’Art du département de l’Aube), à la base nautique par Catherine Baroni (responsable des bases nautiques du département) et à la Centre Hydroélectrique par le propriétaire Paul Vinot. Nombre de villageois s’étaient associés à l’organisation de cette journée, aidant chacun à sa bonne marche en fonction de sa disponibilité et de ses moyens.

Fort de son histoire et de son patrimoine, comme de nombreux autres bourgs de la région, Chappes a su mobiliser. Nombre de ses habitants ont pu profiter de ces journées pour redécouvrir le village avec des yeux nouveaux. Combien n’ont-ils pas dit qu’ils pensaient bien connaître l’église, mais qu’ils n’y avaient jamais fait attention comme ce jour ? A force d’y vivre, n’en oublions-nous pas, trop souvent, d’en voir les richesses qui sont sous nos yeux ? Les journées du Patrimoine sont de ces moments privilégiés qui permettent ainsi aux habitants d’un village de redécouvrir la richesse de leur patrimoine, autant que la possibilité d’offrir aux visiteurs étrangers au village l’occasion de visiter des lieux qu’ils ne connaissaient pas. Cette sensibilisation ne rend-elle pas évidente la nécessité de faire mieux connaître et de protéger ce patrimoine ?

Cette conservation est d’autant plus évidente que l’on a su rendre utile ces éléments du patrimoine. Ainsi le presbytère, devenu le centre d’accueil de la base nautique départementale, ou encore le moulin qui a toujours su s’adapter et qui n’a jamais cessé d’utiliser la force hydraulique, et aujourd’hui pour produire une énergie propre.

Usine hydroélectrique de chappes



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 34 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (34)

Journées du Patrimoine : j’avais choisi Chappes
  • Commentaire 12502 l’ aubois
    le 24 septembre 2007  à 09:29

    enfin un nouvel article de jacky provence ....

    je n’ai pas souvenir d’avoir lu "chappes" dans le programme des journées du patrimoine
    je serai plus vigilant la prochaine, à votre lecture on aurait du regret de ne pas y être allé

    merci au plaisir de vous lire

  • Commentaire 12510 Jacky Provence
    le 24 septembre 2007  à 11:05

    Pour figurer au programme officiel, il y a un délais à respecter, souvent trop tôt pour les initiatives un peu plus tardives. Voilà ce qui peut expliquer que Chappes n’ait pas figuré dans le programme.

  • Commentaire 13512 Claudie Odille
    le 18 octobre 2007  à 10:35

    Je suis l’organisatrice de cette journée du Patrimoine à Chappes et je de plus correspondante de l’Est-Eclair.
    J’ai donné bien en amont l’info mais hélas il y a eu un oubli à la rédaction.

    Dommage, encore plus de regrets en lisant ce blog, mais l’erreur est humaine !

    Toutefois le succès de cette journée en appelle certainement d’autres . Chappes recèle tant de thèmes intéressants !!!Je vérifierai à l’avenir, plutôt deux fois qu’une que l’info est bien intégrée.

  • Commentaire 13527 Jacky Provence
    le 18 octobre 2007  à 15:05

    Généralement, la rédaction reprend le programme officiel publié par la DRAC, je crois, et l’inscription à la DRAC se fait très tôt dans l’année. Il faut que la DRAC remonte ensuite l’information à l’échelon national, d’où, sans doute ces délais. La rédaction aurait pu effectivement réintroduire la manifestation de Chappes. Dommage, mais ce n’est que partie remise ?

  • repondre Répondre



  • Commentaire 12512 J. FOUINOS
    le 24 septembre 2007  à 12:12

    Merci pour cet exposé historique.A nous faire regretter de ne pas y être aller. Vivement l’année prochaine !
    Fouinos

  • Commentaire 12529
    le 24 septembre 2007  à 21:31

    Le patrimoine devrait être aussi ce qui se vit ici et maintenant.
    Moi, j’ai choisi de faire la fête du cheval dans des écuries bien auboises mais méconnues dans le département ! : LES ECURIES DU CENTAURE de Dierrey St Julien.
    On y fait de l’art équestre espagnol, des cascades, de la voltige causaque, du dressage, ...
    Le jeune propriétaire Nicolas Brodziak commence à se faire un nom, mais "nul n’est prophète en son pays", et le département reste quelque peu aveugle voire méprisant ...
    Quel dommage de ne pas mettre en avant les talents aubois qui peuvent promouvoir le département à tous les niveaux : culturel, touristique, économique, ...
    Un peu de pub pour une personne unique dans l’Aube.
    J’espère de l’écho ...

  • Commentaire 12530
    le 24 septembre 2007  à 21:33

    Je signe coquelicot pour le p’tit mot sur les écuries du centaure

  • Commentaire 16006 Nicolas BRODZIAK
    le 27 novembre 2007  à 01:32

    Merci d’avoir fait cette parenthèse, il est plus facile pour moi de me produire en Avignon que dans ma propre région !...

    Voir en ligne : Nicolas BRODZIAK

  • repondre Répondre



  • Commentaire 12528 Liliane
    le 24 septembre 2007  à 21:19

    Merci de tout coeur, Jaky Provence, pour ce papier sur LE PLUS BEAU VILLAGE DE L’AUBE ! En effet, l’histoire économique et sociale de Chappes a de tout temps collé à sa situation géographique (route Paris-Bourgogne) et, comme le démontre cette photo, à la présence en son coeur d’un débit d’eau généreux, véritable autoroute commerciale bien avant l’ascension économique de la région à l’époque des Comtes de Champagne. Parmi les portes entourant la vieille ville de Troyes, figure la Porte de Chappes !

    Il y a quelques années,on a mis à jour sur les murs intérieurs de l’église St-Loup (d’où "les Loupés" nom longtemps donnés aux habitants de Chappes) des figures religieuses et de nombreuses représentations locales, jetées en vrac un peu partout de façon anarchique parfois, parmi lesquelles le blason du Duc d’Aumont. Parler aussi des fameuses légendes qui collent à ce village : la motte de Chappes prétendûment cachette d’artilleries de guerre ; ou encore ce souterrain qui aurait relié à l’époque de la guerre de Cent Ans, l’ancien château à la nef de l’église ...

    Mais, pour les natifs de Chappes (dont je suis), le village est d’abord un trésor de dédales où s’harmonisent, comme vous le dites, sports d’eau, balades en forêt, liberté totale et sans risques pour les mômes que nous fûmes : nous connaissions par coeur tous les endroits secrets, parmi lesquels ces "grottes" mystérieuses (sous le déversoir) où l’on se planquait à l’abri des regards des adultes.

    En somme, un village qu’on trahit un peu quand à le quitte ...

    Merci à vous et continuez ce tour d’horizon si sympathique parmi l’histoire locale. :-)

  • Commentaire 12533 JP
    le 24 septembre 2007  à 22:03

    Merci Liliane, vous ne pouvez que bien connaître ce village. Il y aurait tant d’autres choses à dire... Et que de légendes en effet ! L’histoire des cloches dans le puits du château. Le souterrain qui irait même... jusqu’au manoir de Rumilly, idée tenace mais complètement anachronique. La motte (ou moutte) et son parc côté du plateau, aménagé par le « Rocailleur », le concepteur des « Vallées Suisses » de Troyes. Chappes, ce sont aussi des patrons bonnetiers qui y avaient résidence d’été…

  • Commentaire 12537 valentine
    le 24 septembre 2007  à 22:13

    .....Dosches (le moulin) et Marnay sur Seine (le jardin botanique) avec mes loulous ;-)

  • Commentaire 12543 Liliane
    le 25 septembre 2007  à 01:34

    Les cloches dans le puits du château, je ne connaissais pas... ? Il y a eu une thèse sur Chappes écrite il y a une bonne vingtaine ou trentaine d’années, qui se trouve aux Archives Départementales.

    Aujourd’hui, le village est devenu prisé : à 25 km de Troyes, sorte de haut lieu de charme simple et tranquille sans ostentations ni vulgarités. Nature, quoi.

    Comme le Saint-Sauveur de Colette (qui ne dit rien si on ne s’y attarde pas), Chappes est moins un village à voir qu’un village à vivre. l’été surtout. Il faut s’y poser un peu, prendre le temps de tournicoter sur les hauteurs, au-delà de l’actuel château, le long des berges de Seine, vers le stade, parmi les petites rues et ruelles, multiples et surprenantes, visiter l’église bien entendu, se poser sur le pont, écouter les gloussements des enfants sautant du parapet (si c’est encore autorisé aujourd’hui) ou se bousculer sur le déversoir, ou encore, si on en a la chance, prendre un kayak ou un canoé et faire, comme on dit, une descente de Gyé sur Seine à Chappes, avec le grand saut final par dessus l’emblématique déversoir ! Ce déversoir, la force centrale et tranquille du village. Et la bronzette, sur l’Ile de Chappes. Que de souvenirs ... ;-)

  • Commentaire 12551 JP
    le 25 septembre 2007  à 13:15

    S’agit-il du mémoire de maîtrise de Marie-Thérèse GANGAROSSA, « Les seigneurs et la seigneurie de Chappes (Aube) de la fin du XIe à la fin du
    XIVe siècle », soutenue à reims en 1995 (COTE : 36J 106 aux Archives départementales de l’Aube) ? Je ne connais pas d’autres études qui y soit déposée.

  • Commentaire 12552 Liliane
    le 25 septembre 2007  à 13:23

    Oui, oui ! C’est bien ça. L’avez-vous lu ? J’ai demandé à ce que l’on me le prête, mais pas de réponse ... Avez-vous eu plus de chance ? Existe des extraits dans La Vie en Champagne.

  • Commentaire 12553 Liliane
    le 25 septembre 2007  à 13:25

    Etes-vous sûr de la date de 1995 ? Je croyais que c’était bien plus ancien que ça.

  • Commentaire 12564 JP
    le 25 septembre 2007  à 16:06

    Je suis bien sûr de la date. Pour le consulter, il faut se rendre aux archives de l’Aube et faire une demande. Les Archives de l’Aube ne prêtent pas les documents, ne font que des consultations sur place. Sauf si l’auteur a mis une réserve à sa consultation (demande d’autorisation), il est donc consultable. Par ailleurs, l’auteure travaille aux Archives de l’Aube.

  • Commentaire 12565 Liliane
    le 25 septembre 2007  à 16:12

    Eh bien j’irai. Merci à vous JP

  • repondre Répondre



  • Commentaire 12596 christine
    le 26 septembre 2007  à 11:14

    malheureusement turbines et kayaks ne font pas toujours bon ménage : depuis que la centrale a détourné tout le cours d’eau, le déversoir est souvent à sec... les kayakistes n’ont plus d’eau, et s’ils veulent pouvoir s’entraîner en "eau vive", il faut demander au propriétaire des turbines de capter moins d’eau. or cela lui fait un manque à gagner et donc il demande à la base de kayak de le dédommager ! cela coûte par conséquent très cher aux sportifs pour s’entraîner sur la seine qui est pourtant un cours d’eau public. comment se fait-il qu’une personne privée puisse s’approprier l’eau à des fins commerciales au détriment de tous les jeunes qui fréquentent la base au club ou pendant les vacances ? les sportifs ont besoin de l’eau ( n’oublions pas que caroline bourry est en pôle espoir et participe aux sélections pour aller aux JO avec l’équipe de france). pourquoi le club de kayak doit-il payer si cher pour obtenir de l’eau qui appartient au domaine public ? pourquoi certains ont-ils le droit de s’approprier l’eau puis de facturer aux autres leur manque à gagner ? j’aimerais avoir des réponses à toutes ces questions.

  • Commentaire 12604 Liliane
    le 26 septembre 2007  à 13:18

    Il est vrai que la nostalg’ ne doit pas occulter les problèmes du moment. De fait, les soucis de "droit" de propriété sur l’eau à Chappes ne datent pas d’hier : déjà vrai dans les années 70. D’importants travaux ont été réalisés sur la base nautique il y a quelques années.

    Elus, habitants de Chappes, Administrations concernées : si vous nous lisez... :-|

  • Commentaire 12610 JP
    le 26 septembre 2007  à 14:24

    Il est certain que l’installation de cette micro-centrale n’a pas été sans susciter des mécontentements, et en particulier ceux des usagers de la base nautique. La gestion de l’eau des rivières, et en particulier son utilisation par les moulins, relève d’une législation héritée de l’époque féodale, et il est vrai que la base nautique ne devrait pas à avoir à payer le manque à gagner du propriétaire. Personnellement, j’ignore ce qu’il en est exactement. J’ignorais aussi qu’il manquait d’eau pour les kayakistes. Ce que je voulais relever toutefois, c’est que de telles installations, présentées certes avec un brin de nostalgie, produisent de l’énergie propre. Alors que choisir ? L’activité de loisirs ou la production d’énergie propre ? L’un et l’autre sont-ils réellement incompatibles ? C’est sans doute toute une législation des usages de l’eau qui devrait être à revoir, mais là, ça dépend de nos législateurs...

    Je crois qu’il y a quelques années, on avait cherché à ressortir quelques chartes du Moyen-Age pour démontrer que le moulin de Brienne-le-Vieille avait usage de l’eau, et par conséquent pouvait présenter un certain intérêt pour un éventuel acquéreur…

  • Commentaire 12678 catherine baroni
    le 27 septembre 2007  à 16:42

    Superbe visite où nous sommes passés d’Attila à la micro centrale en passant par les jardins et le parc du "château" ...
    Quant aux questions soulevées par Christine, je vais essayer d’y apporter sinon des réponses, du moins quelques précisions et pistes de réflexions.
    Il est évident que, lors de cette journée, il aurait été malvenu pour le propriétaire du moulin de mettre le déversoir à sec, comme cela l’est la plupart du temps et d’ailleurs comme l’y autorise la loi du débit réservé de 0,5m3/seconde.
    L’usine ayant arrêté de fonctionner en 1965, la famille qui y vivait depuis ne produisait que de quoi couvrir ses besoins personnels ; d’où la totalité du débit dans le bras de la Seine, sous la passerelle de l’île. Et donc, les pêcheurs, les baigneurs et les pratiquants du canoë, tout le monde était content, sans oublier l’attrait que représente un déversoir qui coule et anime le centre du village.
    Depuis le fonctionnement de la micro centrale, je peux dire à Liliane que l’aventure vécue par de nombreux enfants
    que les moniteurs de la base nautique emmenaient sous la chute d’eau relève des "meilleurs souvenirs".
    C’en est fini également des fortes sensations dues au saut du déversoir en kayak, challenge réussi par des milliers d’enfants et d’adultes depuis 40 ans.
    Difficile aussi de descendre sous la passerelle pour aller en aval, même si les moniteurs de l’île peuvent accéder à un dispositif qui leur permet d’avoir 2 m3 d’eau supplémentaire pendant 30 minutes.
    Impossible donc de former des jeunes de très bon niveau comme cela fut le cas jusqu’en 2003 car les veines d’eau n’existent plus.
    Revoyons le problème sous l’angle politico-philosophique !!! :
    l’origine du droit de propriété apparait comme le résultat d’un système de pensée destiné à établir l’ordre social (ROUSSEAU :"il faut se souvenir que le fondement du pacte social est la propriété : et sa première condition que chacun soit maintenu dans la paisible jouissance de ce qui lui appartient") Or l’usine à Chappes est "fondée en titre" et cela date de 1792 je crois.Et toujours ROUSSEAU "le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire "ceci est à moi" et trouver des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la Société Civile". Le droit de clôture existe toujours et à Chappes, le propriétaire pense sérieusement y avoir bientôt recours afin que personne ne puisse plus accéder au déversoir qui lui appartient.
    Les activités de pleine nature se développent, les gens ont davantage de temps libre, les richesses naturelles sont de plus en plus appréciées, des lois protègent les sports de nature mais voilà....que pèsent-ils face aux intérêts privés ?
    De l’énergie propre, disent certains : c’est, vue la production, enquiquiner bien des poissons et du monde ; et si on considère, en plus, le fait que l’Etat oblige Edf à racheter ce courant produit par des particuliers au prix fort, il y a à méditer....
    je m’arrête pour aujourd’hui
    j’ai travaillé sur l’île de 1980 à aujourd’hui !!!!
    je garde espoir....
    A votre disposition pour de plus amples renseignements, comme on dit !

  • Commentaire 12701 JP
    le 27 septembre 2007  à 23:38

    Le droit de clôture ? Mais je croyais qu’on ne pouvait pas interdire le passage sur une rivière ! Tout comme le passage sur la rive pour les pêcheurs. Auriez-vous davantage de précision à ce sujet ?

    Il me semblait que la Seine était un fleuve domanial. Ainsi les berges et le fond appartenaient à l’Etat, ainsi que l’usage de l’eau, et que la circulation était libre. Il n’y a pas une obligation de laisser un certain niveau d’eau pour cette circulation ?

  • Commentaire 12783 Paul Vinot
    le 30 septembre 2007  à 02:47

    Merci à Jacky Provence pour ce magnifique exposé sur l’histoire de Chappes.

    Pour répondre à votre question, en ce qui concerne les lois sur l’eau, sur une rivière non domaniale comme c’est le cas à Chappes, le fond de la Seine ainsi que les berges appartiennent aux Riverains et non pas à L’Etat. Le déversoir ainsi que tous les ouvrages hydrauliques appartiennent au moulin et sont sous l’entière responsabilité du propriétaire.

    Propriétaire du moulin de Chappes depuis 1968, qui mieux que le propriétaire peut parler du moulin.

    Tout d’abord, je suis extrêmement déçu des propos calomnieux de Christine :-((et de Catherine Baroni:-((:-((:-((.

    J’ai toujours été plus que conciliant:-) avec les Kayakistes depuis plus de 10 ans en leur prêtant gratuitement mon vannage afin de leur permettre de faire de l’eau vive en aval. Très souvent, ils m’ont demandé d’arrêter mon ancienne machine pour leur entraînement et je n’ai jamais refusé. A plusieurs reprises, cette année encore, j’ai levé mes vannes pour leurs permettre de s’entraîner derrière.
    En remerciement, en plein hiver 2002, ils m’ont complètement défoncé mon terrain avec des pelleteuses.
    En 2003, ils m’ont bloqué mes travaux pendant un an. En 2004, j’ai installé un système électronique afin d’augmenter le débit en aval du déversoir pour leurs activités. Je les ai autorisés à créer une passe à canoës et un quai d’embarquement sur le déversoir. Qu’est-ce que je peux faire de plus ??????

    http://paul.vinot.9online.fr/mhec/est-eclair_02-06-20072.JPG

    Je n’ai jamais facturé de l’eau aux Kayakistes, je n’en ai pas les pouvoirs (l’eau appartient à l’Etat).
    Mais on n’arrête pas une centrale hydraulique pour le bon plaisir des Kayakistes. Celle-ci a été arrêtée à 2 reprises. Compte tenu des pénalités de la part d’EDF, il est tout à fait normal que les Kayakistes, participent à ce préjudice. A ce jour, je n’ai reçu qu’une seule fois un dédommagement et cela remonte à novembre 2005.

    En ce qui concerne les débits à Chappes, ce problème remonte à 40 ans en arrière date de la construction du lac d’Orient. Ce lac-réservoir situé sur la Seine à seulement 6km en amont de Chappes, possède des autorisations préfectorales et il est tout à fait autorisé à ne laisser passer en aval un débit de 3m3/s, la centrale de Chappes demandant 9,5 m3/s pour fonctionner, chercher le problème ???.
    En ce qui concerne le manque d’eau sur le déversoir, qui selon Catherine Baroni est dû au réaménagement de la microcentrale en 2004, c’est totalement faux puisque ce problème existait avant et-ce depuis la création du lac D’orient ce qui a expliqué également la fermeture de l’ancienne papeterie.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ancienne_papeterie_de_Chappes

    Selon encore Catherine Baroni "Le droit de clôture existe toujours et à Chappes, le propriétaire pense sérieusement y avoir bientôt recours afin que personne ne puisse plus accéder au déversoir qui lui appartient" C’est entièrement FAUX, je n’ai jamais parlé de clôturer la Seine, mais je lui ai demandé à plusieurs reprises de me décharger de toutes les responsabilités concernant les activités nautiques sur les équipements réalisés par eux sur le déversoir. A ce jour, toujours pas de réponse. Il est vrai que je lui avais fait savoir, que si pour 2008 je n’avais toujours pas cette décharge, je me verrais dans l’obligation de lui faire enlever ces équipements nautique (passage à canoës et quai d’embarquement).

    En ce qui concerne les propos de Christine, il est toujours très utile de se renseigner avant d’écrire n’importe quoi comme dit le proverbe, il faut tourner sa langue 7 fois avant de parler source :

    http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20070120113707AAPglOx

  • Commentaire 12871 catherine Baroni
    le 1er octobre 2007  à 16:55

    Pas facile de rester zen !!!!
    Enfin, malgré mes propos "calomnieux" (c’est un peu fort, vous trouvez pas ?), et malgré les droits que la société civile accorde aux propriétaires de tout poil, il serait bon d’être capable de poursuivre les discussions en reconnaissant les critiques de celui qui n’est pas d’accord et le bien fondé de ses demandes.Il y a un problème de responsabilités du propriétaire. Certes, il ne doit pas être responsable d’un accident qui pourrait survenir sur son barrage. Rédiger une convention en ce sens est complexe mais possible avec l’aide d’un juriste et des conseils du ministère de la Jeunesse et des Sports confronté depuis une dizaine d’années au développement des sports de pleine nature.
    Que pèse le canoë kayak ?
    Le propriétaire du moulin est selon ses propres termes "Patron de l’eau à Chappes"
    Tout est dit, de sa part. Personnellement, je n’ai aucun pouvoir.

  • Commentaire 12903 JP
    le 2 octobre 2007  à 00:18

    J’avoue que je ne pensais pas que mon petit article allait lancer ce débat. J’avais entendu parlé effectivement de quelques critiques à propos de la micro-centrale ; Claudie Odille en avait rendu compte dans la presse, il y a un an ou deux, mais je croyais que le problème était résolu. Peut-être serait-ce l’occasion de mettre à plat ce qui oppose : le fleuve ne peut-il pas voir la coexistence des deux activités ?

    EDF donne des pénalités ? Pourquoi ?Comment est-ce possible ?

    J’ignorais que la Seine à Chappes était non-domaniale. Elle est donc effectivement régie par le droit privé : fond et berges appartiennent aux propriétaires qui peuvent en interdire l’accès à autrui, ainsi que la circulation (selon la jurisprudence, mais je crois ici que la jurisprudence ne pourra jouer) ; mais l’eau fait toujours partie du domaine public. Ainsi, les propriétaires ne peuvent pas diminuer le débit de la rivière au-dessous d’un certain seuil : 2,5 % du débit moyen si je ne me trompe pas, mais avec la loi de 2006, ce seuil minimum devrait être remonté à 10 % d’ici 2014, il me semble. Quel est le débit moyen à Chappes ? Quel est le seuil actuel ?

    Aujourd’hui, certes, la Seine n’est plus considérée comme navigable, hormis pour les sports nautiques. Pourtant, elle l’avait été. Il suffit de penser que les carrières de Bourguignons ont servi au Moyen-Age et au XVIe siècles de la pierre aux chantiers troyens : cathédrale, remparts. Cette pierre servait essentiellement au blocage et remplissage, ce n’était pas de la pierre de parement. Cette circulation est encore attestée dans les années 1560-70, et déjà à l’époque, il existait des conflits entre les bateliers, les propriétaires de moulins et… la ville de Troyes qui avait obtenu de Charles VII le privilège de liberté de circulation de ses marchands, par conséquent la circulation franche de toute taxe, de la source à l’embouchure. Si le troyens n’avaient su préserver cette franchise en aval, il en était tout autrement pour la circulation en amont de la ville.

    Je ne pense pas qu’il faille attribuer la fermeture de la papeterie uniquement au captage pour le lac à Courtenot. Villeneuve est en amont de ce captage ; ce dernier n’a pas du avoir un effet sur l’activité de cette papeterie, qui a fermé en même temps que celle de Chappes (même société). Je crois qu’elles n’ont pas résisté à la concurrence des grosses entreprises internationales, qui avaient des capacités de production autrement plus élevées que les installations de Chappes le permettaient. Chappes fonctionnait avec du bois blanc local (tremble, peuplier, saule), mais devait faire aussi de plus en plus appel au sapin des Vosges, ce qui a du réduire sa rentabilité.

  • Commentaire 12981 Paul Vinot
    le 3 octobre 2007  à 15:32

    Effectivement, c’est très dur de rester zen quand on veut nous faire dire des choses qui n’ont jamais été prononcées.

    Je pensais également que le problème était résolu. Toujours dans un esprit de conciliation, je suis à disposition si besoin, en mairie les vendredis à 17h00. Merci de bien vouloir me le confirmer par mail : mhec.vinot@free.fr

  • repondre Répondre



  • Commentaire 12893
    le 1er octobre 2007  à 23:00

    passionnnant, merci à vous mr provence

    Voir en ligne : http://perso.orange.fr/patrimoine.b...

  • Commentaire 12897 JP
    le 1er octobre 2007  à 23:31

    Rien de caché : puisque c’est mis en ligne et que vous l’avez trouvé. Il ne s’agit que d’un programme provisoire. Le définitif bientôt sur Auboisement, si ça vous intéresse (dans 1 jour ou 2).;-)

  • Commentaire 12901 valentine
    le 1er octobre 2007  à 23:42

    ouvert au public ?

  • Commentaire 12904 JP
    le 2 octobre 2007  à 00:19

    Entrée libre. :-)

  • Commentaire 16009
    le 27 novembre 2007  à 05:03

    vive l’an mille et les porteurs d’eau !

  • Commentaire 18651
    le 21 janvier 2008  à 18:52

    Bonjour voila des photos de chappes

    bisous http://chappesvillag01.skyrock.com/

  • Commentaire 26930 ADAM Christophe
    le 25 septembre 2008  à 09:57

    Chappes a aussi frappé monnaie sous Louis XIII, entre 1636 et 1638 :

    http://lamonnaiedetroyes.free.fr/au...

  • repondre Répondre



  • Commentaire 44037 MHEC
    le 25 octobre 2010  à 16:12

    Nouveau site internet du moulin de Chappes : http://www.certificatvert.com/

    repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 4042 visites
  • 34 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE