A l’ordre du jour du dernier conseil municipal de Troyes : l’autorisation à TPA [1] d’installer de nouveaux espaces publicitaires dans ses parkings en ouvrage. L’occasion pour notre ville de montrer qu’elle ne craint pas de faire cohabiter, la bagnole, la pub et quelques oeuvres artistiques...
Indécrottable écolo, je n’ai ni le goût des parkings, ni celui de la publicité. Malheureusement pour moi, notre ville et sa belle majorité bleu horizon, vivent depuis longtemps une folle passion pour ces deux éléments.
On se souvient, il y a quelques années, que les raquettes, les sanisettes sponsorisées, les 4x3 fleurissaient déjà sur les trottoirs troyens. Et au delà d’auboisementcorrect, nous n’étions guère nombreux à nous inquiéter de cette pollution visuelle.
On a encore tous en mémoire la construction du parking Cathédrale qui reste la meilleure preuve, à 50 000€ la place, que l’amour de nos bagnoles n’a pas de prix.
Après quelques années, l’ardent désir de nos édiles pour la pub et l’auto avait évidemment besoin d’être ravivé. TPA leur en donne l’occasion en demandant à notre ville d’autoriser l’installation de nouveaux panneaux publicitaires dans les parkings en ouvrage, et notamment le parking Cathédrale.
Les quelques voitures qui utilisent chaque jour ce magnifique trou, auront donc le plaisir d’observer de belles publicités : Jambon Madrange, Lingerie fine, Cassoulet William Saurin... Tout cela au milieu d’un parking vide (peut-être est-ce d’ailleurs là une manière de le rentabiliser ?) et de vitraux contemporains fièrement installés par la municipalité.
Faire cohabiter des oeuvres artistiques et des bagnoles était déjà une sacrée gageure... Mais y ajouter, aujourd’hui de vulgaires raquettes publicitaires a de quoi surprendre et laisser perplexe. D’autant que tout récemment encore, le numéro d’avril du bulletin municipale justifiait ainsi l’implantation de ces vitraux contemporains : « Et parce qu’aujourd’hui les parkings souterrains sont des espaces urbains à part entière, la Ville de Troyes a souhaité lui donner une dimension historique et artistique qui le rend plus accueillant. » D’ici quelques semaines, la « dimension historique et artistique » côtoiera donc le pâté Olida : Quelle classe !
Bien évidemment, personne au sein de l’UMP n’a semblé s’interroger sur l’opportunité de ces publicités. Personne n’a soulevé l’incohérence entre le soucis de donner à ce parking une dimension "artistique" et, quelques mois plus tard, la décision d’y placer des affiches pour les serviettes hygiéniques. La majorité, comme à son habitude, sans réfléchir, a donc voté pour l’implantation de ces panneaux, se fichant comme d’une guigne de l’impact visuel de ces publicités. De son côté, l’opposition, pour une fois unanime après l’intervention de Françoise Delplanque, s’opposait à cette décision.
Reste quelques questions en suspens :
Va-t-on, un jour, limiter la publicité à Troyes, surtout si l’on souhaite mettre en valeur notre patrimoine ?
A-t-on, ici, consulté l’artiste sur cette décision ?
Que pense celui-ci de cette cohabitation entre son oeuvre et ces publicités ?
| A noter sur votre agenda : réunion-débat à l’occasion des trois ans d’auboisementcorrect ; le jeudi 5 juin 2008 à 20h30, hôtel du Petit Louvre. Tous nos lecteurs sont invités. Une petite collation conviviale suivra nos débats. |
[1] Troyes Parc Auto









