Ce premier volet de la rétro 2008 concerne les trois premiers mois de l’année. Au menu : élections, électrification et Bourse du Travail.
Si on doit retenir une chose de ces trois premiers mois de l’année 2008, c’est bien la campagne électorale.
A ma gauche, Jaïm Myara : candidat inattendu sorti du chapeau rose du parti socialiste. Jaïm a voulu nous rejouer l’union de la gauche avec de 30 ans de retard. Une grosse louche de socialistes, une bonne cuillerée de communistes, une pincée de radicaux, arrosé de modernité est la soupe est prête. Mais cette pitance, un peu dépassée, n’a pas plu aux électeurs troyens. Le résultat est sans appel. La liste Troyes pour tous a réuni tout sauf Troyes ! 23% des électeurs seulement. Au passage, le PS aura perdu son ancien leader parti rejoindre des cieux plus bleus...
Au centre, Philippe Beury. Il s’y voyait déjà, Beury, en haut de l’affiche... Un bus par ici, un arbre planté par là, des réunions en veux-tu en voilà, des affiches aussi grandes que son égo, une équipe de repris de justesse ou de justice... Rien n’y a fait. En mars, sa liste n’arrive qu’en troisième place avec 12 petit pourcents. Beury tire la tronche...
A ma droite, François Baroin. Parti dernier, comme le lièvre de la fable, il n’en termine pas moins en tête ! Avec 50%, il est ré-élu, sans fanfare, sans trompette, sans campagne, sans programme mais ré- élu au premier tour ! Une performance qui illustre l’absence d’opposition autour de lui. Mais s’il ne faut retenir qu’un seul chiffre de ces élections, c’est celui de l’abstention record : 48% des inscrits. Baroin ne passe que d’un cheveu la barre des 25% des inscrits indispensable pour valider son élection. C’est le signe, indiscutable, d’un manque évident de vie démocratique. Un seul exemple : celui de l’absence de débat et de proposition autour du thème de la culture et surtout d’une opposition qui cultive depuis trop longtemps la léthargie, le fatalisme et le goût de la défaite annoncée.
Heureusement, un vent nouveau souffle sur La Chapelle, Olivier Girardin fait son trou et l’emporte face à Yves Rehn. Il apparaît comme le premier opposant à Baroin. Landréat est ré-élu à Pont Sainte Marie et confirme son ancrage et son bon bilan. Arnaud s’enracine à Sainte-Savine face à une droite divisée. Toujours à Sainte-Savine, le Vert Massin, qu’on croyait battu, seul contre toute la droite, s’impose dans l’élection cantonale. C’est bien là l’exception. Partout ailleurs, dans le reste du département, la droite rafle tout. Il faut croire que la vague rose, au niveau national, s’est arrêté dans la plaine champenoise...
Et puis... et puis il y a Romilly. Du grand spectacle à Romilly. Le duo politico-comique Triché/Maitrot passe le premier tour. Il fallait rire un peu. Mais fin de la plaisanterie : les Romillons sont des gens sérieux. Et même si le candidat UMP ne fait pas rêver la ménagère romillone, il vaut quand même mieux que les Dupont et Dupond de la gauche auboise. Par défaut, Eric Vuillemin est donc choisi.
Comme chaque hiver on bouffe une saloperie très bonne tarte à la frangipane, on souhaite bonne année à la grand-mère qui pique, on tire les rois et on nous promet le train électrique ! Le début 2008 n’a pas faillit à ces traditions. Et Baroin au détour des voeux, nous a refait le coup de l’électrification de la ligne Paris-Bâle ! Il aurait tort de s’en priver. Ça ne coûte pas cher, ça séduit quelques électeurs naïfs, ça occupe un ou deux journalistes, ça fait vendre du papier. Bref, c’est la bonne affaire pour des élus en manque d’idées. Pendant ce temps, les règles du secteur sauvegardé sont méticuleusement piétinées. Rue Zola, une étrange façade, faite de verre et d’acier s’élève à côté du pan de bois. On aime ou on n’aime pas, mais en tout cas, cette construction n’a rien à voir avec les préconisations de ce secteur...
Dernière histoire de ce premier trimestre, dernier conte pour enfants : Le fabuleux destin de la Bourse du Travail. Leclerc est annoncé comme le prince charmant. Il vient sauver la Bourse du Travail. Il faut dire que devant le succès de ce projet de centre commercial et l’afflux de candidatures de grandes enseignes, Altarea et la ville de Troyes ont du se résoudre à accepter l’offre de l’épicier breton. Un choix par défaut, contraire aux engagement initiaux de la ville de proposer une offre commerciale complémentaire à celle existante. Mais bon... à défaut de grives, on mange des merles ! Le résultat est édifiant. Presque un an plus tard, la Bourse est au point mort et tombe lentement en ruine dans l’indifférence quasi-générale.









