Le site http://lesinfos.com vient de publier un classement sur l’activité (questions, interventions en séances ou en commissions) des 577 députés de l’assemblée nationale. Si certains aubois s’inquiétaient de voir nos élus surmenés, qu’ils se rassurent ! Nos trois élus (François Baroin, Nicolas Dhuicq et Jean-Claude Mathis) s’économisent et appliquent avec zèle le précepte : « qui veut aller loin, ménage sa monture ». Autant vous dire, qu’au rytme qui est le leur, nos trois larrons risquent d’aller très, très loin.
Dans le détail, c’est Pierre Bédier (1/577) qui obtient le bonnet d’âne. Pour le député des Yvelines, on ne compte aucune intervention, aucune question, aucun rapport, aucune proposition de loi... rien.
François Baroin fait un tout petit peu mieux. Le député-maire de Troyes se classe 49/577. Depuis 2 ans, notre élu a trouvé le temps d’intervenir 3 fois (1 intervention en séances et 2 interventions en commissions) et de poser 47 questions. Il n’est signataire d’aucun rapport, ni d’aucune proposition de loi. En moyenne, le députe-maire de Troyes est donc intervenu 1,5 fois par an et a réussi à poser presque deux questions par mois ! Pour l’auteur de ce classement, François Baroin appartient ainsi à la catégorie des députés inaudibles ou peu présents, bref : des fantômes : "on dénombre 142 députés qui sont intervenus moins de 10 fois en séance ou en commission depuis juin 2007, soit plus de 21 mois. Autant dire qu’ils sont inaudibles ou peu présents !"
Nicolas Duicq fait mieux : 230/577. On compte pour lui 17 interventions (8 en séances, 9 en commissions), 1 proposition de loi et 10 questions.
Pour finir, Jean-Claude Mathis fait figure de stakhanoviste. Le député de la 2e circonscription occupe une 349e place avec 28 interventions (16 en séances et 12 en commissions), 2 rapports et 150 questions.
Autrement dit, Nicolas Dhuicq et Jean-Claude Mathis sont respectivement intervenus 6 fois et 9 fois plus le député-maire de Troyes. Ce dernier n’a pas, par ailleurs, compensé ce faible nombre d’interventions par une activité plus intense dans la rédaction de rapports ou la proposition de lois.
Bien évidemment, ces données ne nous renseignent que sur une valeur quantitative du travail des députés. Mais les écarts gigantesques entre l’activité infinitésimal d’un François Baroin et celle, par exemple, d’un Benoit Apparu (le jeune député marnais compte 85 interventions, 4 rapports, 3 propositions de loi et 63 questions) ont que quoi laisser perplexe. Que fait alors François Baroin à l’assemblée nationale ? En quoi consiste son rôle, son action ? Comment expliquer cette très faible activité parlementaire ? Autant de questions qui, une fois encore, devraient nous amener à nous pencher de nouveau sur le rôle des députés, leur mode d’élection et le cumul des mandats.











