Comme chaque année, les riverains du parc des expositions manifestent leur mécontentement après les foires de mars. Episode classique que nos politiques essayent de gérer en douceur, compte tenu du nombre d’électeurs potentiels bordant le parc. Cette attitude a pour conséquence de ne pas faire avancer le dossier et surtout de donner l’impression à cette association que toutes ses revendications sont fondées.
La presse quotidienne départementale de dimanche dernier nous présente une interview de Monsieur Jean François Lacza, président du Syndic des immeubles de l’impasse Saint Gilles et aborde le raz le bol de l’association des riverains du parc des expositions. On y retrouve les griefs que l’on nous sert depuis des années sans variation. But non avoué de cette association, voir le parc ou au moins les foires de mars, quitter le périmètre de l’esplanade de Belgique. Il n’est pas dans mon propos l’intention de nier le bruit que peuvent faire les foires le samedi soir et les nuisances que cela peut apporter aux riverains, néanmoins il faut dans la vie savoir relativiser les choses et je pense qu’en l’occurrence nos élus troyens manquent de fermeté.
Cet épisode me rappelle celui de la grange de Menois. Lorsque j’étais jeune, cette grange en pans de bois superbe, peut-être l’une des plus belles de la région, était régulièrement louée pour des mariages, animations, banquet, cérémonies de prestiges, congrès etc. Le lieu était magnifique. Il fallait d’ailleurs s’y prendre très longtemps à l’avance pour avoir une chance d’obtenir cette salle pour l’organisation d’un événement. Tout se passait très bien, lorsque dans les années 1970, la commune décida la création d’un lotissement de maisons individuelles de l’autre coté de la route. S’en suivirent évidement une litanie de plaintes, de grognements des nouveaux arrivants, pour lesquels le « bruit » des festifs était devenu insupportable. Quelques années plus tard, la ville de Troyes, propriétaire, du se résoudre à ne plus louer la grange. Grange qui fut transformée en écurie, pour le poney club de Menois. Très bien sans doute pour les poneys, mais bon…. Pourtant, lorsque tous ces riverains achetèrent sur le lotissement leur parcelle de terrain constructible, ils étaient informés de l’environnement. Ce ne fut pas une surprise pour eux de découvrir la présence de cette grange en place depuis le milieu de XVIII eme siècle. Pire même, le prix accessible des terrains et la fiscalité locale tenaient justement compte de la présence et des éventuelles nuisances du parc de loisir de Menois. Pourtant au final, les riverains ont gagné. Incroyable, mais vrai. Je ne conteste pas qu’il faille procéder à des aménagements dans certains cas, je ne conteste pas les collectifs d’associations qui se battent pour éviter la création de quelque chose à proximité d’habitations, lorsque celle-ci vient perturber un ordre établi, mais dans le sens contraire, je pense que sous couvert de démocratie on fini par accepter n’importe quoi.
J’ai personnellement acheté à Troyes une maison bordant la voie ferrée. Cette maison était du fait de sa situation bien moins chère qu’une autre comparable dans un autre quartier de Troyes. J’ai décidé cet achat en toute connaissance de cause. Imaginez à présent que je monte un collectif visant à la suppression de cette ligne, pour cause de nuisances !!! C’est un peu la même chose.
C’est en particulier la même chose s’agissant des riverains du parc des expositions ! Tous les immeubles de la Roseraie rue de la Mission, aux immeubles bordant l’avenue Pierre Brossolette de la rue des Gayettes à l’impasse Saint Gilles, n’existaient pas lorsque fut prise la décision de transférer les foires de mars des boulevards ceinturant la ville à l’esplanade de Belgique. Tous sans exception furent construits après. Les personnes ayant acheté ces appartements le firent donc en toute connaissance de cause. Celle du bruit entre autres ! Je ne nie pas qu’il faille peut-être organiser les choses pour le bien commun, mais tout de même. On ne peut pas demander aux forains de faire tourner leurs manèges dans le silence ! De plus cette manifestation dure trois semaines par an. Que devraient dirent les riverains du centre de notre ville sœur Darmstadt en Allemagne qui chaque année pour cause de « Heiner Fest » voient la totalité du centre ville, bloqué. Les métiers des forains étant carrément installés sur la chaussée des boulevards et rues du centre ! Je ne nie pas que pendant les foires les riverains aient des soucis de stationnement, bien sur. Mais dans ce cas il faut interdire aussi le stationnement à proximité du stade de l’Aube.
Chacun sait la difficulté pour les forains et l’activité économique de telles manifestations qu’il est quasiment impossible de transporter les foires en périphéries des villes. Tous les essais se sont soldés par des échecs cuisants, conduisant soit à une retour en arrière soit à la disparition des ces foires.
Voilà, un coup de gueule qui ne veut pas balayer d’un revers de main les arguments de l’association des riverains de la foire, cependant il est fort utile dans ce type de débat de remettre les choses en place et poser des pré requis. Il n’y a pas nuisance d’une manifestation s’étant développée au fil des années dans un quartier paisible, mais bien des ruiverains qui certes supportent des nuisances, mais dans un contexte connu à l’avance. Oui les foires sont une nuisance pour les habitations alentours, mais oui aussi elles sont là depuis plus de 40 ans et les propriétaires qu’ils aient acheté à la construction des immeubles, ou il y a quelques années étaient informés des inconvénients en achetant ou louant leur bien. Cet état de fait ne ferme pas la porte à la négociation pour des améliorations, mais doit être bien gardé en tête pour permettre aux forains de travailler en toute quiétude.









